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Fête de l’indépendance : Le chef de l’Etat annonce la poursuite « des réformes politiques engagées, dans le respect des délais légaux, des normes et principes de la démocratie et de l’Etat de droit ».

Fête de l’indépendance : Le chef de l’Etat annonce la poursuite « des réformes politiques engagées, dans le respect des délais légaux, des normes et principes de la démocratie et de l’Etat de droit ».

A l’occasion de la célébration du 58ème anniversaire du Togo à son accession à la souveraineté internationale, le chef de l’Etat, Faure Essozimna Gnassingbé a adressé un message à la Nation. Voici en intégralité son message

Togolais, Togolaises,

Mes chers compatriotes,

Nous célébrons aujourd’hui notre nation, en faisant mémoire de cette période historique où de valeureux fils et filles de la terre de nos aïeux ont conquis et offert à notre pays le Togo l’indépendance, synonyme de liberté et de souveraineté.

Dépositaires de cette flamme, nous devons poursuivre à notre tour, l’œuvre transformatrice qui fera émerger l’or de l’humanité.

Au fil des commémorations, le 27 avril doit représenter dans notre mémoire collective un repère fédérateur, qui éclaire la réflexion sur l’état de notre nation et oriente la poursuite de notre marche commune.

Arrimés au fil conducteur de la volonté d’unité qui anima les héros de l’indépendance, renouvelons, en ce jour, avec fermeté notre dessein d’aborder les grandes questions nationales avec sérieux, en nous gardant des emportements partisans, des jugements péremptoires et des dissensions entretenues.

Appelés à bâtir la cité, à faire progresser le Togo vers sa glorieuse destinée, nous sommes, comme le furent nos prédécesseurs, investis de la mission d’entretenir et de transmettre aux générations qui viennent un pays uni, prospère et stable.

Mes chers compatriotes,

Nous devons cependant reconnaître que récemment, des attitudes nourries par la fièvre de reven­dications politiques et sociales ont eu pour résultat de menacer la cohésion nationale, de fragiliser le lien social et d’infliger à notre économie une régression notable.

En délestant ainsi notre pays du fruit des nombreux efforts consentis pour promouvoir la croissance et le développement, ces situations se sont clairement démarquées du droit d’exercice des libertés publiques consacrées par notre Constitution.

En menaçant la paix et la stabilité à l’intérieur de nos frontières et au-delà, les auteurs de ces vio­lences se sont écartés des devoirs qui naissent de la citoyenneté, du voisinage et de l’appartenance à une communauté.

En ce moment où la célébration de notre indépendance nous incite à tirer les enseignements de ces 58 années d’un destin commun, je veux réitérer ma conviction dans la force du dialogue.

Le dialogue est une valeur ancestrale et un élément-clé de notre culture. La vie politique ne saurait échapper à cette pratique.

C’est pourquoi, en regrettant les prises de position qui tendent à renier son importance et mettre en doute notre capacité à transcender nos divergences, j’exhorte les acteurs politiques à un sursaut nourri par l’amour de la patrie et porté par la recherche de l’intérêt général.

C’est également ce à quoi nous appellent les amis du Togo qui n’ont pas cessé de nous manifester leur solidarité et leur soutien.

Ils se tiennent à nos côtés, en dépit des difficultés, et persévèrent dans la recherche de l’apaisement.

Nous sommes sensibles à ces marques d’amitié. Je rends hommage à la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest pour sa disponibilité renouvelée à faciliter le dialogue dans notre pays.

Je salue en particulier l’engagement fraternel du chef de l’Etat ghanéen Nana Addo Dankwa Aku­fo-Addo et du Président guinéen, le Professeur Alpha Condé.

Togolais, Togolaises,

Dans la dynamique des mutations pour améliorer la gouvernance dans notre pays, optimiser le fonctionnement des institutions, et permettre l’épanouissement de chaque togolaise et chaque togolais, nous devons conserver pour repère intangible le respect de la loi.

En prenant la juste mesure de sa responsabilité dans ce moment de notre histoire, le gouvernement ne ménagera aucun effort pour faire avancer le chantier des réformes politiques engagées, dans le respect des délais légaux, des normes et principes de la démocratie et de l’Etat de droit.

La voie démocratique que nous avons choisie implique que la parole soit donnée régulièrement aux électeurs à travers des consultations et scrutins, pour qu’ils expriment les choix conformes à leurs aspirations.

Nous ne nous en écarterons pas ; Car toute autre option reviendrait à méconnaître la sagesse de notre peuple et l’intelligence de nos concitoyens.

Le point de vue de chaque togolais est important. Aussi, les rendez-vous retenus par le calendrier électoral cette année seront-ils tenus.

La protection due aux citoyens inclut le maintien de la sécurité nécessaire à la conduite de leurs activités économiques et commerciales, autant que la garantie de la quiétude indispensable à leur épanouissement social.

Nous ne ferons pas exception à cette règle qui commande que l’Etat veille avec rigueur et fermeté à la préservation de l’ordre public.

Il doit être clairement compris et admis que la justice républicaine devra connaître de toutes les atteintes aux personnes et aux biens, fussent-elles commises sous le couvert de manifestations politiques.

Mes chers compatriotes,

Notre nation est grande lorsque nous démontrons notre capacité à nous retrouver, enrichis de nos diversités, pour célébrer le vivre-ensemble et envoyer au monde un message d’unité et de paix.

Le grand défilé du 27 avril en est une belle illustration.

J’adresse à nos forces de défense et de sécurité mes félicitations pour leur engagement républicain, et les encourage à poursuivre leur mission avec professionnalisme et exemplarité.

Je salue les forces vives de la nation : hommes et femmes, jeunes et personnes âgées, agents de l’administration et opérateurs du secteur privé, acteurs politiques et société civile, pour leur contri­bution à la réussite des manifestations de ce 58ème anniversaire.

Nous devons à l’histoire et à la postérité d’être les infatigables artisans d’un Togo moderne, stable et prospère.

En ce jour anniversaire de notre accession à l’indépendance, je veux considérer que chaque avancée que nous réalisons, par le dialogue, dans un esprit de solidarité est une raison supplémentaire d’espérer et de nourrir notre foi en l’avenir.

Il en est ainsi de l’accord intervenu, il y a tout juste une semaine entre les acteurs du système éducatif et le gouvernement.

En adressant mes félicitations à toutes les parties prenantes à ces discussions, j’en appelle également à un sursaut de responsabilité des personnels enseignants pour conduire l’année scolaire à son terme dans la sérénité et maintenir, à l’avenir, la compréhension et la confiance mutuelle auxquelles ils se sont engagés.

J’ai instruit le gouvernement de poursuivre les efforts pour la résolution des défis du secteur éducatif, dans une approche globale, qui mette le mérite, la performance et le rendement, au service de la qualité de l’en­seignement, dont dépend la relève de notre pays.

Je souhaite également insister sur la nécessité pour les organisations professionnelles de promouvoir en leur sein le renforcement des capacités et la formation aux grands principes du syndicalisme, notamment la séparation d’avec les questions politiques.

Togolais, Togolaises,

Fidèle à sa vocation première qui est d’être au service de la nation, le gouvernement poursuivra la mise en œuvre progressive de réponses innovantes qui contribuent réellement à l’amélioration des conditions de vie des populations.

Ambition, volonté et audace seront les fondements de notre action.

Dans le secteur de la santé, la généralisation de la gestion contractualisée des structures sanitaires publiques s’accompagnera d’investissements conséquents pour la réhabilitation des installations et l’équipement des services.

L’extension de cette démarche destinée à renforcer le système de santé sera complétée par la construction de deux hôpitaux de référence pour la prise en charge des cas qui nécessitent, à ce jour, des évacuations à l’étranger.

Pour améliorer l’offre de santé, la formation sera renforcée avec l’ouverture dès la rentrée prochaine des écoles d’infirmiers et de sages-femmes de Dapaong, Atakpamé, Kpalimé et Tsévié.

Nous insisterons sur le soutien de l’Etat aux couches les plus vulnérables de notre population, parce que l’in­clusion sociale concourt au renforcement de la cohésion nationale qui nous est si chère.

Conforté par l’adhésion des populations, le gouvernement assignera des objectifs plus volontaristes à la protection sociale.

Pour sa première année, le produit d’assurance initialement destiné à deux millions d’écoliers du public a déjà enregistré près d’un million et demi de souscriptions.

Je voudrais remercier les parents d’élèves pour leur confiance et leur mobilisation qui constituent à mes yeux le meilleur encouragement. Nous nous donnerons les moyens de promouvoir davantage ce volet de la solidarité nationale.

Le meilleur présage du devenir de notre pays réside dans notre jeunesse. Enthousiaste, persévérante et débordante de vitalité, elle démontre chaque jour sa détermination à participer à la construction du Togo, et mérite d’être accompagnée et soutenue dans cette voie.

À la suite de l’annonce d’un quota de 20% de la commande publique réservée pour promouvoir l’in­sertion des jeunes entrepreneurs et des femmes, trois guichets uniques opérationnels entièrement dédiés à leur accompagnement sont ouverts à Lomé, Atakpamé et Kara.

Près de 2.000 jeunes compatriotes s’y sont déjà inscrits. Je les en félicite et me réjouis de savoir que les premiers d’entre eux ont passé avec succès les étapes de soumissions à des marchés publics.

Ces pionniers doivent maintenant être suivis par de nombreux autres jeunes, car le potentiel est grand au vu des montants annoncés à plus de 36 milliards de FCFA par les autorités contractantes pour cette année.

Le mécanisme continuera d’être affiné à la pratique, en vue de résoudre les difficultés relevées et d’en optimiser les résultats.

En lien avec la croissance économique et le développement inclusif, les initiatives gouvernementales convergeront vers la priorité de l’emploi.

Il s’agit d’offrir à nos concitoyens et surtout aux jeunes des perspectives d’épanouissement qui ac­croissent leur confiance en un avenir possible sur la terre qui les a vus naître.

Dans cette optique, l’agriculture pourra se révéler porteuse de grandes opportunités, si nous parve­nons à en faire une activité professionnalisée, profitable et donc attractive.

En perdant la perception défavorable dont il pâtit encore pour se révéler comme un vivier d’em­plois durables et valorisants, le secteur agricole sera le catalyseur d’importants progrès en matière économique et social.

C’est précisément l’objectif retenu par le plan national de développement 2018-2020. Le mécan­isme de mise en commun et de partage des risques dénommé TIRSAL que nous venons de lancer s’intègre parfaitement dans cette vision.

Je voudrais remercier, pour leur disponibilité et leur appui, le gouvernement de la République Fédérale du Nigeria ainsi que la Banque Africaine de Développement.

J’ai pu noter avec satisfaction l’engagement à nos côtés du secteur privé que je salue pour cette disposition toute citoyenne.

Cette belle synergie qui inclut notamment les banques et établissements financiers, les compagnies d’assurance, les institutions de microfinance et les fonds de garantie et d’autres agences partenaires augure des jours favorables pour l’agriculture togolaise.

Avec la constitution du fonds TIRSAL qui sera doté à terme de cent millions d’euros, soit plus de 65 milliards de FCFA, dont une contribution significative de l’Etat, la question de l’accès des ex­ploitants d’unités agricoles au financement trouvera une réponse intégrée qui aura pour avantage d’agir également sur la réduction des taux d’intérêt.

Dans la société togolaise que nous construisons, la justice tient une place centrale.

Pour jouer efficacement son rôle, l’institution judiciaire doit évoluer pour se mettre à la portée des justiciables, afin que tous les citoyens sans exception puissent se référer à elle aisément et en toute confiance.

C’est le but visé par la justice de proximité. Je suis heureux d’annoncer que le projet d’implanta­tion de maisons de justice sur l’ensemble du territoire se réalise déjà avec l’ouverture dès le mois prochain de maisons de justice pilotes à Baguida, Agoènyivé, Dapaong et Cinkassé.

Togolaises, Togolais,

Mes chers compatriotes,

En ces heures festives où l’évocation de notre indépendance emplit les coeurs de joie, j’ai une pensée pour les personnes privées de réjouissances par la maladie, et pour leurs familles.

Comme j’ai pu le dire à certaines d’entre elles lorsque je me suis rendu au CHU Sylvanus Olympio il y a quelques jours, je leur exprime mon soutien et forme à leur intention, au nom de toute la nation, des voeux de prompt rétablissement.

En analysant le chemin parcouru par notre pays, alors que nous passons le cap de ces 58 années, l’unité nationale, la souveraineté et l’intégrité territoriale chères aux pères de l’indépendance rest­eront nos priorités.

Avec la participation de tous et l’aide de Dieu, nous poursuivrons, dans la paix et la concorde, notre marche dans la voie du progrès, vers la prospérité.

Je souhaite à tous nos compatriotes, d’ici et de partout ailleurs dans le monde, ainsi qu’à ceux qui aiment notre pays et à ceux qui y vivent, une bonne fête de l’indépendance.

Que Dieu bénisse le Togo !

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