Panel sur l’investissement dans les infrastructures aéronautiques

Transport aérien Africain : Lomé scelle l’alliance entre Etats, bailleurs et investisseurs

La Première Convention et Exposition africaines du transport aérien a franchi un cap, le 17 juin 2026, à Lomé. Après les débats techniques, la session 5 a mis la table pour les décisions politiques. Intitulée « Avancement des partenariats d’investissement dans l’industrie du transport aérien et les infrastructures en Afrique », elle a directement débouché sur un panel ministériel et de haut niveau sur l’investissement dans les infrastructures aéronautiques. Deux temps forts, un seul message : l’Afrique doit moderniser ses aéroports, si elle veut tenir sa croissance.

La session s’est ouverte sur un constat sans concession posé par les modérateurs. Trop d’aéroports africains tournent encore avec des infrastructures vieillissantes. Des pistes fissurées, des terminaux qui saturent dès la haute saison, des zones cargo quasi inexistantes, des systèmes de navigation qui ne répondent plus aux standards internationaux. Ces faiblesses se traduisent par des retards, des surcoûts pour les compagnies, des destinations boudées et des produits agricoles qui ratent l’avion. Face à cette réalité, la session a fait le choix de la projection.

 Décideurs, bailleurs et investisseurs suspendus aux interventions des orateurs

Les modérateurs ont insisté sur l’urgence de promouvoir des projets bancables. Préparer en amont des dossiers solides avec des études de faisabilité crédibles, des modèles économiques clairs et des concessions transparentes. Ils ont rappelé aux Etats la nécessité de sécuriser le cadre d’investissement pour rassurer les bailleurs, de concentrer les efforts sur les hubs régionaux capables d’irriguer toute une sous-région comme l’aéroport de Lomé, d’Addis-Abeba ou de Nairobi, et d’intégrer d’emblée la transition verte et le digital dans toute nouvelle infrastructure. L’engagement demandé aux gouvernements est clair : faire du financement de l’aviation une priorité du développement des infrastructures.

La session a également élargi le débat à la question du financement et de l’intégration régionale. Les modérateurs ont montré que la modernisation des aéroports ne peut être l’affaire d’un seul acteur. Les Etats doivent assumer leur rôle de maître d’ouvrage, en apportant le foncier, les garanties et les réformes nécessaires. Les institutions financières doivent transformer cette volonté politique en prêts concessionnels et en appuis pour les études. Les partenaires de développement apportent leur expertise et leurs normes. Le secteur privé, à travers les partenariats public-privé, doit entrer dans la chaîne pour construire, gérer et exploiter. Sans cet alignement, aucun projet d’envergure ne décolle.

Investir dans les infrastructures aéronautiques est un choix économique direct

Sur cette base, le panel ministériel et de haut niveau a pris le relais. Les ministres des Transports et de l’Aviation civile, les DG d’autorités de l’aviation civile, les responsables d’institutions financières et les investisseurs du secteur privé se sont succédé pour transformer les orientations techniques en engagements politiques. Dans leurs interventions, les ministres ont repris le fil de la session pour en faire une promesse. Ils ont souligné qu’investir dans les infrastructures aéronautiques ne relève pas du prestige ou de la vitrine. C’est un choix économique direct et rentable. Chaque piste refaite réduit les coûts d’exploitation des compagnies.

Chaque terminal cargo modernisé ouvre de nouveaux débouchés pour les produits agricoles et manufacturés africains. Chaque radar installé améliore la sécurité et rapproche les capitales du continent. Le message adressé aux investisseurs a été unanime : les projets sont prêts, le trafic est là et la rentabilité est démontrée. L’Afrique ouvre ses aéroports aux capitaux. Les ministres ont également réaffirmé la volonté de leurs Etats de stabiliser les règles fiscales et réglementaires, d’accélérer les procédures d’autorisation et de privilégier les partenariats public-privé pour accélérer les chantiers.

Les représentants de la BAD et d’Afreximbank ont confirmé leur disponibilité à accompagner ces projets. Ils ont rappelé que les besoins en infrastructures aéroportuaires sont estimés à plus de 100 milliards USD, d’ici 2030, pour l’ensemble du continent. Un marché colossal qui, selon eux, ne demande qu’à être saisi par les investisseurs, à condition que les Etats jouent pleinement leur rôle.

Komla GOKATSE

    A lire