Gestion durable des déchets : Les cinq communes pilotes du projet posent les bases
Après trois ans et demi de sa mise en œuvre, le projet Gestion durable des déchets (GEDEC) arrive à son terme avec assurance que son objectif initial est atteint : doter cinq communes pilotes d’un véritable système de gestion des déchets. L’atelier de clôture organisé, vendredi 24 juillet 2026, à l’hôtel Sarakawa à Lomé, a permis aux acteurs du projet de dresser le bilan des interventions et de plaider désormais pour la pérennisation des acquis, afin d’ancrer durablement cette nouvelle filière.

Une vue des participants à la clôture du projet
Le projet de Gestion durable des déchets (GEDEC) entre dans sa dernière ligne droite, avec l’atelier de clôture administrative qui a réuni, vendredi 24 juillet 2026, à Lomé, les communes bénéficiaires aux côtés des ministères sectoriels et des collectivités concernées, pour dresser le bilan de cette initiative.
Lancé en 2023 par l’Union européenne et piloté par le ministère de l’Administration territoriale, de la Gouvernance locale et des Affaires coutumières, ce projet est mis en œuvre par Expertise France. Il a contribué à améliorer durablement l’assainissement et le cadre de vie des populations des communes bénéficiaires. L’initiative a accompagné, notamment les communes de Zio 1, Ogou 1, Tchaoudjo 1, Kozah 1 et Tône 1 dans la structuration de leurs services de gestion des déchets solides et des boues de vidange. Grâce à ce projet, la gestion des déchets, autrefois exercée de manière essentiellement informelle, s’est progressivement structurée dans les communes bénéficiaires.
Cette rencontre a été aussi l’occasion pour les acteurs de prendre connaissance des recommandations formulées par le Comité National de Pilotage (COPIL n°4) du projet GEDEC, afin de consolider les résultats. Il est souhaité que l’Etat renforce les moyens financiers des communes, pour leur permettre d’améliorer la planification, le suivi des opérateurs et la gestion des ressources mises à leur disposition. Quant aux populations, elles sont encouragées à adhérer davantage aux services de collecte, afin de garantir la viabilité de la filière. Au regard des témoignages rendus par les maires principaux, les communes bénéficiaires disposent désormais « d’un système plus structuré qui a considérablement amélioré la propreté de la ville et les conditions de vie des populations et consolidé les capacités des acteurs locaux.»
Continuer la dynamique engagée
Dans son discours clôturant le projet, le secrétaire général du ministère de l’administration territoriale, M. Koudjoou Esso, a salué l’initiative de ce projet, qui constitue une étape importante dans l’amélioration de la gestion des déchets et de l’assainissement au Togo. Il a exprimé la reconnaissance du gouvernement à l’Union Européenne pour son accompagnement, ainsi qu’aux communes partenaires et aux acteurs impliqués dans sa mise en œuvre. Selon lui, les trois années d’intervention ont permis d’obtenir des résultats significatifs, notamment l’élaboration de politiques communales de gestion des déchets, la mise en place de services durables d’assainissement et le renforcement des capacités des collectivités et acteurs locaux.
Evaluant l’impact de l’initiative, le chef du projet, M. Fafaadé Lokossou, a laissé entendre que même si le projet est à sa clôture officielle, cette étape ne met pas un terme à la dynamique engagée.
Pour lui, l’enjeu est désormais d’assurer la continuité d’un système désormais opérationnel dans les cinq communes. « Avant le lancement du projet, la gestion des déchets reposait essentiellement sur des initiatives informelles. Les différents acteurs intervenaient sans coordination, rendant difficile l’organisation du service par les communes », a-t-il confié.
Selon les explications de M. Lokossou, le projet a permis de réaliser un diagnostic des territoires, d’identifier les acteurs, les infrastructures et les besoins, avant d’élaborer, avec chaque commune, une feuille de route adaptée. Résultat : les opérateurs ont été formalisés, conventionnés et intégrés dans un dispositif coordonné par les collectivités territoriales. Au-delà des infrastructures et de l’organisation institutionnelle, GEDEC a également mis l’accent sur le changement des comportements. Les populations sont invitées à abandonner les pratiques nuisibles, notamment le brûlage des déchets ou leur abandon dans les caniveaux et les espaces publics, au profit d’une gestion réglementée.
Un bilan salué
Pour leur part, Mme Silvia Favret et M. Lionel Vignacq, représentant respectivement l’Union Européenne et l’Ambassade de France, ont salué les résultats enregistrés dans l’amélioration de la gestion des déchets et de l’assainissement dans les chefs-lieux de région du Togo. Ils ont expliqué que les acquis du projet reposent sur une démarche partenariale impliquant l’Etat, les communes, les ministères sectoriels, les opérateurs privés et les populations. Ils ont insisté sur la nécessité de pérenniser ces avancées à travers la continuité institutionnelle, la mobilisation des ressources et l’appropriation locale des dispositifs mis en place.
Pour eux, cette étape est un moment de bilan, mais également un point de départ vers de nouvelles perspectives, afin de poursuivre la construction de services publics locaux plus efficaces, durables et adaptés aux besoins des populations.
Patouani BATCHAMLA