La 3e édition de la rencontre nationale sur l’entrepreunariat tenue à Lomé
Les travaux de la 3e édition de la rencontre nationale sur l’entrepreneuriat, dénommée ‘’Di-Kédi’’, se sont tenus, du 3 au 5 juillet 2026 à Lomé, à l’initiative du ministère en charge du Développement à la Base. Cette rencontre de trois jours, ouverte vendredi, a pris fin hier. Elle a permis de dynamiser l’auto-emploi des jeunes et de bâtir une croissance inclusive et durable, en brisant les barrières de l’accès au financement.

Le Togo traverse une phase charnière de sa transformation structurelle. L’ambition collective est de faire du pays un hub logistique, digital et économique de premier plan. Mais cette ambition restera un vœu pieux sans la créativité et le courage des jeunes entrepreneurs. Ces jeunes ne doivent plus simplement penser ″local″. Ils sont appelés à concevoir des solutions robustes, compétitives et prêtes à conquérir l’Afrique. C’est là tout le sens de l’action du ministère en charge du Développement à la Base, qui a organisé, du 3 au 5 juillet à Lomé, les travaux de la troisième rencontre nationale sur l’entrepreneuriat. L’objectif est d’améliorer la bancabilité des dossiers soumis par les jeunes promoteurs locaux. Il s’est agi de structurer, de solidifier et de pérenniser le tissu entrepreneurial togolais. Selon les organisateurs, ″Di-Kéti″ évoque l’idée de se rassembler pour avancer ensemble et cette 3e édition met l’accent sur une approche pragmatique : lever définitivement les entraves structurelles qui freinent la croissance des jeunes entreprises. Pendant les travaux, des centaines de jeunes entrepreneurs porteurs de projets innovants, investisseurs et experts venus du Togo et d’ailleurs, ont transformé la rencontre en un laboratoire d’idées, rythmé par un agenda intense associant, entre autres, partages d’expériences, panels thématiques, masterclass, ateliers et rencontres B2B.

Créer des conditions d’une dynamique collective
Ouvrant les travaux, la ministre en charge du Développement à la Base, Mazamesso Assih, a rappelé que cette initiative se veut un cadre d’échanges et de collaboration renforcés entre le gouvernement, la jeunesse entrepreneuriale et les différentes organisations en charge de l’entrepreneuriat. Pour elle, ce choix n’a pas été fait au hasard. Car, un entrepreneur n’avance jamais seul. Il avance quand les talents rencontrent les capitaux et les projets les décideurs. Mais surtout quand les entrepreneurs et les innovateurs rencontrent les marchés. « Ce rendez-vous s’est imposé comme un repère structurant du calendrier entrepreneurial togolais. Un repère, parce qu’il incarne une conviction simple et exigeante. Le nom ‘’Di-kéti ’n’est pas un hasard. Il dit exactement ce que nous faisons c’est-à- dire, créer les conditions d’une dynamique collective au service de l’entrepreneuriat togolais. Deux éditions nous ont appris une chose essentielle : la valeur de ″Di-Kéti″ ne se mesure, ni à la grandeur de ses infrastructures, ni à la notoriété de ses intervenants. Elle se mesure à la qualité des connexions. Ce rendez-vous donne l’occasion à un entrepreneur de rencontrer un investisseur, un startup de nouer un partenariat avec une institution financière et à un artisan de découvrir un marché qu’il n’imaginait pas accessible. C’est là ″Di-Kéti″ dans sa réalité la plus concrète. Et c’est cette réalité que nous avons l’ambition d’amplifier avec cette 3e édition », a-t-elle laissé entendre. Elle a appelé les jeunes entrepreneurs à changer leurs manières de penser et de faire. A son avis, les modes de consommation ont changé et les exigences de la clientèle se sont élevées. De même, l’organisation des chaines de valeur s’est complexifiée et l’accès aux marchés nationaux, régionaux et internationaux obéit désormais à de nouvelles règles.

L’avenir entrepreneurial du continent repose sur sa jeunesse
De l’avis du président-directeur général de Bloomfield Investment Corporation, M. Stanislas Zézé, c’est le secteur privé qui développe les nations. Pour lui, cette prise de conscience est désormais acquise, se développe, s’organise et se structure progressivement. « Aujourd’hui, nous avons un continent extrêmement dynamique, parce qu’il devient de plus en plus jeune. Ce qui veut dire que l’avenir entrepreneurial de ce continent repose sur sa jeunesse. Penser à organiser les jeunes, n’est pas un effet de mode, c’est carrément une nécessité et un processus. Il n’y aura pas de miracle, mais une construction qui sera durable et que nous allons voir évoluer année après année. La responsabilité, la véritable en réalité, de la réussite de l’écosystème entrepreneurial, se repose sur les jeunes », a-t-il indiqué. Il a fait savoir que c’est le processus de responsabilisation qui a commencé avec ce rendez-vous, tout en encourageant les jeunes entrepreneurs à se manifester dans la logique de la continuité de ce programme.
Firmin DEFALEONA