Cadres de la BCEAO et professionnels des médias bénéficiaires de la formation en photo souvenir.

Politique monétaire, financement des économies, inclusion financière : Des journalistes des 8 pays membres de l’UMOA formés par la BCEAO à Dakar

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a formé les 20 et 21 juillet 2026, à son siège à Dakar, des journalistes économiques venus des 8 pays membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). En choisissant de former « des partenaires stratégiques dans la diffusion d’une information financière plus accessible et plus compréhensible du public », l’institution sous régionale d’émission de monnaie fait le choix de la clarté et intensifie ainsi ses efforts pour rapprocher son action des citoyens de la communauté. Ceci afin de renforcer leur compréhension des enjeux monétaires, financiers et numériques de l’heure.

Les premiers responsables de la BCEAO à l’atelier ouvert par le SG Habib Thiam (2è de la gauche).

Faire connaître au mieux les missions de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), instaurer un dialogue durable avec les médias des pays membres de l’Union monétaire Ouest Africaine (UMOA) afin de favoriser une information économique plus accessible, rigoureuse et pédagogique, améliorer la qualité de l’information économique diffusée au sein de l’Union. Tels sont les objectifs assignés au séminaire de formation des journalistes de l’Union au siège de la BCEAO à Dakar.

Au total seize journalistes économiques issus des huit pays de l’UMOA, étaient à cette rencontre d’échanges privilégié avec les experts de la Banque centrale, treize ans après la dernière intervenue en mai 2013. Occasion pour les participants d’approfondir leurs connaissances des politiques monétaires, des mécanismes financiers et des grandes réformes engagées par l’institution.

Les participants ont été outillés sur les missions et l’organisation de la BCEAO, les mécanismes de la politique monétaire au sein de l’UMOA, la stabilité financière, le fonctionnement du système bancaire de l’UMOA, le financement des économies, ainsi que les enjeux liés à la digitalisation, aux services financiers numériques, à l’inclusion financière et à l’éducation financière, ainsi que les systèmes de paiement et l’interopérabilité. Le tout dans un format interactif.

Les journalistes venus des 8 pays membres de l’UMOA.

Les priorités de la Banque centrale

Dans le détail, ce sont les thématiques de « missions, organisation institutionnelle et rôle des autres organes de l’UMOA », « mise en œuvre de la politique monétaire de la BCEAO », «stabilité financière, système bancaire et financier de l’UMOA », « contribution de la Banque centrale au financement des économies », « digitalisation et services financiers numériques », « inclusion et éducation financière dans l’UMOA » et « système de paiement et interopérabilité » qui ont fait objet des échanges.

Le séminaire ne s’est pas limité aux échanges en conférences techniques. Les participants ont eu à découvrir entre autres le patrimoine historique de la Banque centrale à travers la projection du film réalisé à l’occasion du 60e anniversaire de l’institution d’émission et une visite du musée de la Monnaie de la BCEAO.

En marge de la rencontre, les hommes et femmes des médias présents à Dakar ont pris part à la présentation officielle du Rapport annuel 2025 de la Banque centrale, rendez-vous majeur consacré au bilan des performances de l’institution et à ses perspectives.

A l’issue de cette rencontre de Dakar, l’on peut affirmer que c’est fini donc la langue de bois et le jargon financier difficile d’accès, qui ne sont pas sans conséquences : désinformation, mésinformation et incompréhension des mécanismes financiers. Or, derrière les portes closes de la BCEAO, au siège comme dans les agences nationales, se prennent des décisions qui influencent le quotidien de millions de citoyens. Les participants sont unanimes sur la question, désormais ils pourront mieux informer et éduquer les citoyens de l’Union sur les différents sujets d’intérêt commun liés à la monnaie, aux systèmes financiers et autres.

Une BCEAO résiliente

En clôturant les travaux au nom du gouverneur Jean-Claude Kassi Brou tout à l’ouverture, le secrétaire général de la BCEAO M. Habib Thiam a salué particulièrement l’engagement des journalistes ayant effectué le déplacement depuis les différents États membres. Il a rappelé que cette session constitue la 2e initiative du genre, après celle organisée en 2013, témoignant de la volonté de la Banque centrale d’instaurer un dialogue durable avec les médias économiques de l’Union.

Pour le secrétaire général, « les missions de la BCEAO s’exercent aujourd’hui dans un contexte marqué par des mutations rapides et des défis multiples. Les tensions géopolitiques, les évolutions économiques et financières, les questions sécuritaires, mais aussi l’accélération des innovations technologiques et de la digitalisation imposent à l’institution une adaptation permanente de ses  politiques et de ses modes d’intervention ».

Selon Habib Thiam, cette rencontre s’inscrit dans la nouvelle vision stratégique d’une Banque centrale innovante et résiliente au service des populations et du développement durable des économies de l’union. Au-delà des réformes techniques, cette vision traduit également un changement de posture en matière de communication. « L’institution souhaite désormais privilégier une approche fondée sur la proximité, la pédagogie et l’anticipation afin de rendre ses décisions plus lisibles et de favoriser une meilleure compréhension des politiques monétaires auprès du grand public », a-t-il expliqué.

 La presse se doit de jouer son rôle de passerelle entre la Banque centrale et les citoyens, a conclu M. Thiam.

Créée en 1962, la BCEAO, rappelons-le, est l’institution d’émission commune aux huit États membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Ses missions consistent notamment à définir et à mettre en œuvre la politique monétaire au sein de L’UMOA, à veiller à la stabilité du système bancaire et financier de l’Union et à gérer les réserves officielles de change des États membres.

Elle exerce ses missions dans un environnement en constante mutation, marqué par des défis géopolitiques, économiques, financiers et sécuritaires, ainsi que par l’évolution exponentielle des technologies et l’intensification de la digitalisation. « Dans ce contexte, la Banque centrale doit poursuivre l’adaptation de ses politiques et de ses modes d’intervention, tout en veillant à rendre son action plus accessible et mieux comprise par les parties prenantes », a insisté Habib Thiam.

Rigobert BASSADOU

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