Conférence de l’APA à Lomé : Les travaux ouverts par le PC en présence du président sierra-léonais

  • Renforcer la résilience du continent face aux chocs extérieurs

Le Togo a accueilli, le vendredi 3 Juillet 2026 à Lomé, la conférence ministérielle extraordinaire de l’Alliance Politique Africaine (APA) sur le thème : «L’Afrique face à la crise au Moyen-Orient : impacts, défis et réponses stratégiques ».Elle a regroupé  divers acteurs de haut niveau, avec l’idée de dégager des positions communes sur les conséquences économiques, sécuritaires et diplomatiques du conflit sur le continent africain. Les travaux ont été présidés par le Président du Conseil, Faure Essozimnan Gnassingbé en présence du président de la Sierra-Léone Julius Maada Bio, et du commissaire chargée du Développement économique, du Commerce, de l’Industrie  et des Mines  de l’Union Africaine, Mme Francisca Tatchouop Belobe. Une déclaration finale sanctionnant les travaux appellent à identifier des pistes d’actions communes afin de renforcer la résilience du continent face aux chocs extérieurs et de promouvoir une position africaine concertée sur les grands enjeux internationaux.  

Les frappes militaires, lancées fin février 2026 au Moyen-Orient,  occasionnent des perturbations sérieuses à travers le monde entier. Sur le continent africain, les impacts de la crise se manifestent particulièrement par l’instabilité des prix du pétrole et du gaz, la hausse des coûts du transport maritime et des prix des denrées alimentaires et des intrants agricoles, l’aggravation de l’inflation et l’augmentation de la pression sur les finances des Etats. Face à ces enjeux fondamentaux, le Togo a  organisé, vendredi, dans le cadre de l’Alliance Politique Africaine (APA) une conférence ministérielle extraordinaire sur l’Afrique et la crise au Moyen-Orient. Elle a  réuni, à Lomé, des ministres des Affaires étrangères et des représentants des États africains, du Moyen-Orient, des partenaires internationaux, des organisations sous-régionales et régionales africaines, de la société civile ainsi que  des médias. Cette réunion intervient un an après la troisième conférence ministérielle de l’APA organisée à Lomé en 2025 et s’inscrit dans la volonté du Togo de faire de sa capitale un cadre de dialogue sur les grands enjeux diplomatiques et géopolitiques du continent.

En termes de résultats, les travaux, sanctionnés par une déclaration dite de Lomé, ont  permis d’identifier les mécanismes de coopération susceptibles de préserver les intérêts stratégiques de l’Afrique, tout en contribuant aux efforts en faveur de la paix et du développement durable. L’Alliance Politique Africaine appelle le continent à opposer une réponse structurée face aux crises mondiales, articulée autour de quatre piliers : la lucidité, la résilience, la souveraineté et la responsabilité. Elle exhorte l’Afrique à s’organiser pour mieux protéger ses intérêts et s’affirmer comme un acteur clé de la paix internationale.

Discussions  stratégiques sur les conséquences de la crise au Moyen-Orient

Les travaux, coprésidés par  le Président du Conseil, Faure Essozimnan Gnassingbé et le président de la Sierra-Léonais, Julius Maada Bio, se sont déroulés en deux segments : l’un, africain et l’autre, Afrique-Moyen-Orient.

 Le premier segment,  qui a porté sur « Les impacts économiques et sécuritaires de la crise au Moyen-Orient sur l’Afrique : réalités, défis et perspectives », a mis face à face les Etats africains et des institutions africaines. Il a permis d’engager des discussions  stratégiques sur les conséquences de la crise au Moyen-Orient pour l’Afrique, afin d’apprécier ses implications pour les intérêts du continent, d’identifier les principaux défis qui en découlent et d’examiner les réponses susceptibles de renforcer la résilience économique, sécuritaire et diplomatique des États africains ainsi que le positionnement stratégique du continent.

Quant au segment Afrique–Moyen-Orient, il a porté sur le « Dialogue Afrique–Moyen-Orient sur la crise au Moyen-Orient ». C’est un cadre de dialogue de haut niveau, destiné à favoriser une meilleure compréhension des implications régionales et internationales de la crise, à encourager les échanges de perspectives entre les participants et à promouvoir une réflexion partagée sur les défis qui en découlent. Ce segment a également permis aux participants de partager leurs analyses de la situation, de mieux comprendre les préoccupations et attentes des différentes parties concernées et d’explorer les perspectives susceptibles de favoriser le dialogue, la confiance mutuelle et la stabilité régionale.

Face à la crise, diversifier les sources et développer les interconnexions

Dans son discours de circonstance, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a articulé son message autour quatre points capitaux. Selon lui, la crise au Moyen-Orient, bien que géographiquement distante, affecte profondément le continent africain à plusieurs niveaux : Du point de vue énergétique,  cette crise  provoque une volatilité des marchés, une hausse du fret et une pression immédiate sur le pouvoir d’achat et les finances publiques des pays importateurs nets. Les chaînes d’approvisionnement se trouvent être perturbées, menaçant l’accès aux intrants agricoles et aux produits alimentaires. Socialement  et sécuritairement, on assiste à une  hausse des prix, fragilisant  les ménages les plus vulnérables, tandis que l’instabilité favorise les risques de radicalisation, de désinformation et de trafics. Face à l’incertitude internationale, le Président du Conseil estime que la résilience ne doit plus être une réaction ponctuelle, mais un objectif à long terme, axé sur la souveraineté,  à savoir la  diversification des sources, le développement  des interconnexions,  la production et la transformation  locale, ainsi que l’intensification  des échanges agricoles interafricains. Il a mis aussi l’accent sur la modernisation des ports et corridors, ainsi que sur la  préservation  des marges budgétaires pour amortir les chocs futurs. L’instabilité actuelle n’étant pas transitoire, l’Afrique doit renforcer ses capacités d’analyse stratégique, de prospective et d’alerte précoce, l’enjeu étant de savoir détecter les signaux faibles et de préparer des réponses communes avant que les crises (énergétiques, maritimes, financières) ne se déclarent.  « Pour les pays importateurs, il s’agit de réduire l’exposition aux chocs de prix. Mais pour les pays producteurs, il s’agira plutôt de mieux transformer les revenus de l’énergie en investissements durables. Pour tous, enfin, il s’agit de diversifier les sources, de développer les interconnexions et améliorer l’efficacité de nos réseaux », a déclaré le PC, insistant sur  l’unité et la souveraineté de la voix africaine.

La désescalade, voie royale d’un monde paisible

Pour peser sur l’échiquier mondial, souligne-t-il, l’Afrique doit faire entendre une voix unie, sans pour autant gommer les spécificités de chaque État. Beaucoup plus réaliste, le continent ne doit pas choisir mécaniquement entre des blocs ou des récits extérieurs, mais se positionner selon ses propres intérêts stratégiques. « La question n’est plus simplement de savoir comment réagir à une crise. La question est de savoir comment construire dans la durée une capacité africaine d’anticipation, face à un monde plus incertainl’Afrique doit parler d’une voix plus unie. Cela ne veut pas dire que nos pays doivent avoir exactement la même position sur tous les sujets. Nos histoires sont différentes. Nos partenariats sont différents », a indiqué le Président Faure Gnassingbé.

Plaçant l’espoir de la réussite africaine sur la force de dialogue, le Président du Conseil pense à une Afrique  qui doit promouvoir la désescalade, la primauté de la voie politique et le respect du droit international, forte de son expérience sur le coût des conflits.

La prochaine conférence se tiendra à Luanda, en Angola.

Zeus POUH-PEKA

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