Tourisme-Hôtellerie

Une nouvelle réglementation des établissements d’hébergement touristique dans l’espace CEDEAO adoptée par les ministres réunis à Lomé

Les ministres et experts après l'ouverture des travaux.
Une nouvelle réglementation des établissements d’hébergement touristique dans l’espace CEDEAO adoptée par les ministres réunis à Lomé

Les ministres en charge du Tourisme des pays membres de la CEDEAO se sont réunis, le vendredi 7 Avril 2023  à Lomé, pour l’adoption sectorielle des textes réglementaires des Etablissements d’Hébergement Touristique de l’espace communautaire. Ces textes, actualisés par rapport à ceux en vigueur depuis 1999, viennent restructurer le parc des réceptifs hôteliers de cet espace communautaire, pour que le secteur puisse gagner en qualité, en compétitivité et fréquentation touristique. Constituant l’une des actions prioritaires du plan d’action ECOTOUR 19-29 relatif à la politique régionale du tourisme, cette réglementation sera soumise à la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement pour son adoption définitive.

 

Après quatre jours de travaux des experts sur la question, c’est le tour des ministres en charge du Tourisme de se retrouver,  à Lomé, pour valider les textes sectoriels réglementant le classement des établissements d’hébergement touristique dans l’espace CEDEAO. Il s’agit d’une nouvelle réglementation qui vient compléter les anciens textes en vigueur jusqu’alors. Textes jugés « dépassés », par Dr Fernando Vaz, ministre du Tourisme et de l’Artisanat de Guinée-Bissau qui a présidé la réunion. A son avis, avec une réalité en constante évolution sur le terrain, à cette ère du numérique, la CEDEAO a pris sur elle, la responsabilité d’examiner et d’adopter les nouveaux standards réglementaires.

Il a donc plaidé en faveur de l’adoption de ces textes, « pour qu’à compter de ce jour, la destination CEDEAO soit au rendez-vous des destinations de premier choix, avec des hôtels, appart’hotels, motels, auberges, écolodges, camping et chambres d’hôtes de grande qualité, pour émerveiller nos visiteurs, générer et sécuriser des emplois qualifiés et accroître les flux et recettes touristiques ».

Pour une destination CEDEAO résiliente, attractive et compétitive

Un vœu partagé par Mme Massandjé Toure-Litse, Commissaire aux Affaires Economiques et à l’Agriculture à la Commission de la CEDEAO, qui souhaite « voir une destination CEDEAO résiliente, attractive et compétitive n’ayant rien à envier au reste du monde. En effet, la compétitivité et l’attractivité sont désormais les maîtres mots pour qui veut saisir à pleine main les opportunités de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAF) ». Mme Toure-Litse a salué les immenses efforts déployés dans un contexte de crise sanitaire liée à la Covid-19, pour soutenir les entreprises de tourisme, préserver les emplois, alléger les charges et garantir ainsi la résilience de l’industrie touristique. « Grâce à vos actions, ce secteur a pu se maintenir et se projeter vers des lendemains meilleurs », a-t-elle dit. Pour elle, l’adoption de la politique régionale ECOTOUR 19-29, en décembre 2018, vise à développer le tourisme dans l’espace CEDEAO. Aussi, les projets de textes adoptés, ont-ils été élaborés avec grand soin et professionnalisme par une équipe de spécialistes et d’experts du tourisme, « dans l’optique de renforcer notre positionnement sur le marché touristique international, de stimuler l’économie locale et de mieux protéger notre patrimoine culturel et naturel. Il s’agit, tous ensemble, de repousser les limites de notre industrie touristique, de l’élever aux standards de meilleure qualité, dans le respect de nos capacités économiques, de nos valeurs et identités culturelles et dans le but de valoriser notre savoir-faire artisanal », a fait valoir Mme Toure-Litse.

Les objectifs des critères réglementaires

Selon elle, plusieurs objectifs majeurs ont conduit à la formulation des critères réglementaires. « Il s’est agi tout d’abord de rendre la destination CEDEAO plus attrayante sur le plan de la qualité qui est un élément clé de toutes les destinations touristiques les plus prisées au monde. Il était aussi prioritaire dans un 2e temps, d’inscrire dans cette réglementation, les critères susceptibles de favoriser la création d’emplois qualifiés pour les jeunes et les femmes dans notre industrie du tourisme. Toute chose qui permettra, à terme, d’accroitre les emplois dans le secteur hôtelier et de bonifier la rémunération du personnel qui fait vivre l’hôtellerie. Une autre orientation majeure de cette réglementation repose dans sa mise en œuvre qui va progressivement se dématérialiser, grâce à la création d’une plateforme digitale au niveau de chaque Etat membre. Les avantages sont nombreux, car notre espace disposera, non seulement, de statistiques fiables en temps réel, mais également de procédures simplifiées, aussi bien pour nos administrations que pour nos acteurs du secteur privé », a mentionné Mme Toure-Litse. Elle a signifié qu’un tel chantier supposait aussi qu’on tienne compte « des impératifs sécuritaires qui s’imposent dans notre espace » comme partout dans le monde. Les préoccupations d’ordre environnementales ont également fait partie de la réflexion, dans le but de valoriser les promoteurs hôteliers qui les prennent en compte. « Pour terminer, toute cette dynamique a été infusée dans la pure tradition culturelle de notre espace, afin que notre hôtellerie soit un creuset de valorisation du savoir-faire de nos émérites artisans », a-t-elle précisé, tout en formulant le vœu que cette réglementation permette de renforcer l’utilisation des produits locaux tels que les mobiliers, les objets utilitaires et esthétiques pour l’hôtellerie ouest africaine.

Bernardin ADJOSSE

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