Risques climatiques : Le Togo et la BOAD scellent un accord de 15 388 730 600 FCFA pour gérer le projet SAPO48
Le gouvernement togolais et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) ont signé, le mardi 5 mai 2026, au sein de l’institution bancaire à Lomé, un accord de gestion d’un don au profit du projet SAPO48. Intitulé « renforcement de la résilience des communautés vulnérables dans les zones à haut risque climatique et de catastrophes au Togo », ce don a fait l’objet d’une cérémonie de signature solennelle, dont les documents ont été paraphés par le ministre Essowè Georges Barcola des Finances et du Budget et le vice-président de la BOAD, Abdoulaye Daffé. C’était en présence des ministres Calixte Madjoulba de la Sécurité et Komla Dodzi Kokoroko de l’Environnement, des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique.

Photo d’ensemble à l’issue de la séance
L’accord de don conclu, hier à Lomé, entre l’Etat togolais et la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), relatif au financement du projet « renforcement de la résilience des communautés vulnérables dans les zones à haut risque climatique et de catastrophes au Togo », porte sur un montant de 15 388 730 600 FCFA (soit 27 O25 747 Dollars US). Ce premier projet individuel du Togo, approuvé par le Fonds vert pour le climat, illustre la confiance renouvelée des partenaires internationaux dans la capacité du gouvernement et de la BOAD à structurer des projets climatiques d’envergure mondiale.
Selon le vice-président de la BOAD, Abdoulaye Daffé, ce projet touchera plus de 9 millions de personnes, dont 1,300 million de bénéficiaires directs. Le SAPO48 repose sur trois piliers essentiels, axés sur le renforcement des services d’information climatique, le déploiement d’un système d’alerte précoce multirisque, ainsi que la création de mécanismes de financement d’urgence basés sur les prévisions climatiques. « Cette opération illustre également l’expertise de la BOAD à fédérer autour des priorités nationales, un écosystème diversifié de partenaires financiers et techniques. Aux ressources de dons mobilisées auprès du Fonds Vert pour le Climat, s’ajoute le cofinancement du Programme des Nations Unies pour le Développement, démontrant ainsi la crédibilité de la structuration portée par la BOAD, ainsi que sa capacité à attirer des financements complémentaires », a-t-il clarifié.
L’engagement de l’Etat togolais à protéger ses populations
Intervenant, pour sa part, le ministre des Finances et du Budget, Essowè Georges Barcola, a estimé qu’aujourd’hui, « nous ne signons pas un simple accord, nous posons un acte politique fort, qui engage l’Etat togolais à protéger ses populations, à sécuriser son avenir et à affirmer sa capacité à faire face aux défis climatiques avec lucidité et responsabilité ». Il a relevé que le changement climatique constitue, désormais, une réalité tangible, dont les effets se répercutent directement sur la sécurité des populations, la stabilité des territoires et la soutenabilité des finances publiques. A cet égard, il a salué l’engagement du ministère de la Sécurité qui se hisse en première ligne dans la prévention et la gestion des risques et des catastrophes. Un engagement qui rime parfaitement avec la vision et le leadership du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, concernant les actions visant à renforcer la résilience des populations sur le territoire national.
Dans le même sens, le ministre de la Sécurité, Calixte Madjoulba, a exprimé sa gratitude au Président du Conseil pour son engagement constant en faveur de la protection de la population. « Sous son leadership, la sécurité humaine et la gestion des risques de catastrophes occupent une place centrale dans l’action publique », a-t-il souligné, avant de remercier les partenaires, pour leur soutien sans cesse au gouvernement. Le monde, a-t-il laissé entendre, fait face à une intensification des catastrophes, sous l’effet conjugué des facteurs naturels et des activités humaines. Ce qui attise les inondations, sécheresses, vents violents et érosion côtière qui deviennent de plus en plus imprévisibles et surtout très destructeurs. « Aujourd’hui, ces phénomènes fragilisent nos communautés, affectent nos infrastructures et compromettent nos efforts de développement », a-t-il regretté.
« Notre environnement est en mutation dans un monde lui-même en mutation »
Le ministre Madjoulba a relevé le cadre institutionnel structuré mis en place autour de la plateforme nationale de réduction des risques de catastrophes, et qui est placée sous la responsabilité de l’Agence Nationale de Protection Civile (ANPC). Pour ce faire, le ministère chargé de l’Environnement apporte un accompagnement technique, en vue d’assurer une cohérence environnementale dans la coopération institutionnelle. Ce qui a permet de renforcer l’alignement des interventions avec les priorités nationales en matière de transition écologique, a indiqué son collègue Komla Dodzi Kokoroko de l’Environnement. Ce dernier a fait observer que « notre environnement est en mutation dans un monde lui-même en mutation. Ce qui n’est pas sans incidence sur nos communautés locales devant le changement climatique ». Ce qui, à son sens, confirme l’importance de la signature de cet accord de financement climatique.
Pour rappel, la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) soutient une vaste gamme de projets dans divers secteurs, tels que l’agriculture, les infrastructures, l’énergie, l’immobilier, l’éducation et la santé. Elle offre des services financiers aux Etats, aux entreprises publiques et privées, de même qu’aux organisations régionales. Ceci, dans le but de promouvoir la croissance économique durable, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie de la population ouest-africaine. En tant que tel, elle est capable de transformer des priorités publiques en investissements bancables, durables et à fort impact social, comme c’est le cas espéré pour le présent projet.