Les consultations nationales pour l’élaboration de la feuille de route gouvernementale 2026-2031 lancées
Le gouvernement togolais a officiellement lancé, le 12 mai 2026, à Lomé, les consultations nationales en vue de l’élaboration de la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031, qui reposera sur trois grandes orientations stratégiques définies par le Président du Conseil : « Protéger, Rassembler et Transformer ». Ces échanges réunissent les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, la société civile ainsi que les institutions publiques, afin de recueillir leurs contributions pour bâtir un document inclusif, adapté aux réalités du terrain et aux aspirations des populations. La rencontre a été ouverte, au nom du Président du Conseil, par la ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Mme Sandra Ablamba Johnson.

Les partenaires techniques et financiers
Après une première phase de discussions, engagée lundi 11 mai 2026, avec la société civile et les institutions de la République, les consultations nationales en vue de l’élaboration de nouvelle feuille de route gouvernementale, 2026-2031, se sont élargies mardi 12 mai 2026 aux Partenaires Techniques et Financiers (PTF) ainsi qu’au secteur privé, et se poursuivront dans les prochains jours avec les autres composantes de la nation.
L’objectif affiché par le gouvernement est de renforcer l’adhésion collective autour de la future feuille de route et de définir des priorités capables de répondre efficacement aux défis économiques et sociaux des cinq prochaines années. Cette nouvelle étape stratégique s’inscrit dans la continuité de la feuille de route 2020-2025, mise en œuvre dans un contexte international particulièrement difficile, marqué notamment par la pandémie de la Covid-19, les crises sécuritaires au Sahel, les tensions géopolitiques mondiales, la flambée des prix des produits énergétiques et alimentaires.
La rencontre d’échanges a permis de rappeler les résultats clés de la feuille de route 2020-2025 et de tirer des leçons de sa mise en œuvre. Il ressort, malgré les multiples chocs, que le Togo a enregistré des progrès au cours des cinq dernières années. Le pays a maintenu une croissance économique moyenne d’environ 6% sur la période, avec un Produit Intérieur Brut (PIB) estimé à près de 7.000 milliards de FCFA en 2025. L’inflation, quant à elle, est restée sous contrôle, à 0,4%, traduisant, selon le gouvernement, « un cadre macroéconomique résilient et robuste ».
Des avancées sociales majeures enregistrées, même si les défis restent
En ouvrant la rencontre, la ministre secrétaire générale de la Présidence du Conseil, Mme Sandra Ablamba Johnson, a mis en avant plusieurs avancées sociales majeures. Plus de 4,4 millions de Togolais bénéficient, aujourd’hui, de l’Assurance Maladie Universelle (AMU), tandis que le programme Wezou a permis d’offrir plus de 5,5 millions de prestations à près d’un million de femmes enceintes.
Dans le secteur énergétique, le taux d’accès à l’électricité a dépassé l’objectif intermédiaire de 75 % de la population. Le gouvernement a aussi salué les performances du Fonds National de la Finance Inclusive (FNFI) qui a accordé plus de 118 milliards FCFA de crédits à travers 1,9 million de financements, principalement au profit des femmes.
Sur le plan international, le Togo continue d’améliorer son attractivité économique. Le pays figure désormais parmi les meilleurs réformateurs en Afrique subsaharienne, en matière de climat des affaires, se positionnant au 2e rang africain dans le classement Women, Business and the Law (WBL) et au 3e rang en Afrique subsaharienne dans le classement Business Ready de la Banque mondiale.
Selon la ministre Ablamba, le gouvernement, néanmoins, reconnait que les défis restent importants, dans un environnement mondial caractérisé par le ralentissement économique, les tensions géopolitiques, les effets du changement climatique et l’accès de plus en plus coûteux au financement du développement. Pour ce faire, le gouvernement attend des partenaires techniques et financiers un appui accru et une coopération renforcée pour accompagner la mise en œuvre de la nouvelle feuille de route et soutenir les priorités du développement du pays.
Trois grandes orientations stratégiques guideront l’action
La future feuille de route 2026-2031 reposera ainsi sur trois grandes orientations stratégiques définies par le Président du Conseil : Protéger, Rassembler et Transformer. Il s’agit, notamment de renforcer la sécurité et la résilience nationale, de consolider la cohésion sociale et d’accélérer la transformation structurelle de l’économie togolaise, afin de la rendre plus compétitive et inclusive.
De son côté, la cheffe de fil des Partenaires Techniques et Financiers, Mme Coumba Sow a indiqué que ces consultations constituent une étape clé pour renforcer la qualité, la cohérence et l’impact des politiques publiques pour les années à venir. Elle a salué les progrès économiques et sociaux réalisés par le Togo, ces dernières années, tout en soulignant les défis persistants liés à l’emploi des jeunes, à la vulnérabilité climatique et à la transformation structurelle de l’économie.
Selon elle, la nouvelle feuille de route représente une opportunité de consolider les acquis, à travers trois axes majeurs : l’investissement dans le capital humain et l’inclusion sociale, l’accélération de la transformation économique avec la création d’emplois, ainsi que le renforcement de la gouvernance et la modernisation de l’Etat, grâce à la digitalisation et à la décentralisation. Au nom des partenaires, Mme Sow a réaffirmé son engagement à accompagner le gouvernement sur les plans technique, financier et institutionnel, afin de garantir la réussite de cette feuille de route et sa traduction en résultats concrets pour les populations.
Le secteur privé, associé à l’élaboration de cette feuille de route, a salué les réformes et résultats enregistrés par le gouvernement en faveur de la compétitivité économique nationale. Le vice-président du Conseil National du Patronat (CNP) du Togo, M. Thierry Awesso, a réaffirmé la volonté des opérateurs économiques de contribuer activement aux défis liés au financement du développement, à l’adéquation de la formation-emploi et à la transformation locale des matières premières. Il a encouragé le gouvernement à poursuivre les réformes fiscales et administratives, afin de renforcer l’entrepreneuriat togolais et de soutenir la vision du développement du pays.
Pour le reste, les consultations se poursuivront, dans les jours à venir, dans les autres régions, pour des échanges ouverts et inclusifs permettant de recueillir les contributions des populations et des différentes parties prenantes. Ces contributions devront permettre d’enrichir la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031, appelée à servir de cadre stratégique pour le développement économique et social du Togo, au cours des cinq prochaines années.Patouani BATCHAMLA