Santé

Que savoir des causes, symptômes, traitement et prévention de la dengue ?

La dengue se transmet par la piqure de moustique tigre, il faut se protéger en dormant sous moustiquaire.
Que savoir des causes, symptômes, traitement et prévention de la dengue ?

Le Togo, à travers le ministère de la santé, a annoncé, le 14 novembre 2023, des cas de dengue détectés à la suite du relèvement du niveau d’alerte, il y a quelques semaines. Face à cette situation, il s’avère opportun de savoir un peu plus sur cette maladie, à travers ses causes, symptômes, complications et les moyens de lutte.

La dengue, aussi appelée « grippe tropicale », est une maladie virale transmise à l’homme par un arbovirus, c’est-à-dire un virus des moustiques (femelles) du genre « Aedes », principalement l’espèce Aedes aegypti et l’Aedes albopictus, communément appelé moustique tigre. L’incidence de la dengue progresse actuellement de manière très importante et l’inscrit, aujourd’hui, au rang des maladies dites « réémergentes ». L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime à 50 millions le nombre de cas annuels, dont 500000 cas de dengue hémorragique mortels dans plus de 2,5% de cas. Deux milliards et demi de personnes vivent dans des zones à risque. Initialement présente dans les zones tropicales et subtropicales du monde, la dengue a désormais touché l’Europe où les deux premiers cas autochtones ont été recensés, en 2016.

Causes, origines et modes de transmission

La dengue est due à un arbovirus, c’est-à dire, un virus transmis par les arthropodes, appartenant à la famille des Flavivirides, du genre flavivirus, comme le virus West Nile et de la fièvre jaune. Il est transmis à l’homme par les moustiques du genre Aedes au cours d’un repas sanguin. On attrape la dengue après une piqûre de moustique tigre infectée. Le vecteur du virus de la dengue est le moustique Aedes aegypti et le moustique tigre qui vivent en milieu urbain et se reproduisent principalement dans des récipients contenant de l’eau stagnante. Chez l’Aedes aegypti, c’est la femelle qui pique, essentiellement le jour, avec un pic d’activité tôt le matin et le soir avant le crépuscule.

Le mode de contamination est classique : le moustique se contamine en piquant une personne déjà infectée et peut ainsi transmettre le virus, en piquant un autre individu quelques jours après. Une fois dans l’organisme, le virus se multiplie et persiste 3 à 10 jours. Le virus peut, de manière plus rare, être transmis par la transfusion ou la greffe (d’organes ou de cellules).

La dengue touche indifféremment les nourrissons, les jeunes enfants et les adultes. Il n’y a donc pas de personnes à risque plus que d’autres. Néanmoins, les personnes vivant dans les zones de forte circulation du virus sont les plus exposées.

Les souches du virus de la dengue se présentent en quatre stéréotypes distincts : DENV-1, DENV-2, DENV-3 et DENV-4. L’immunité acquise en réponse à l’infection par l’un des stéréotypes confère une immunité protectrice contre le stéréotype infectant, mais pas contre les autres stéréotypes. En conséquence, un individu est susceptible d’être infecté par chacun des quatre stéréotypes de cette maladie au cours de sa vie. Des infections ultérieures par d’autres stéréotypes accroissent le risque de développer une dengue sévère dite « hémorragique ». Un vaccin efficace contre cette maladie devra donc être en capacité de conférer une immunité protectrice contre l’ensemble des stéréotypes.

La personne infectée par la dengue n’est pas contagieuse pour un autre être humain. Par contre, elle peut contaminer d’autres moustiques si elle est à nouveau piquée dans une période allant de 1 à 2 jours, avant le début des symptômes et jusqu’à 7 jours après.

Symptômes

La dengue est asymptomatique dans 50 à 90% des cas (pourcentage variable selon les épidémies). Les symptômes sont le plus souvent de type grippal. Cette maladie classique se manifeste brutalement après 2 à 7 jours d’incubation par l’apparition d’une forte fièvre souvent accompagnée de maux de tête, de vomissements, de douleurs articulaires et musculaires, ainsi que d’une éruption cutanée ressemblant à celle de la rougeole. Au bout de trois à quatre jours, une brève rémission est observée, puis les symptômes s’intensifient, des hémorragies conjonctivales, des saignements de nez ou des ecchymoses peuvent survenir, avant de régresser rapidement au bout d’une semaine. La guérison s’accompagne d’une convalescence d’une quinzaine de jours. La dengue classique, bien que fort invalidante, n’est pas considérée comme une maladie sévère comme l’est la dengue hémorragique.

Les complications

Chez certains enfants, pour des raisons mal élucidées, le tableau clinique de la dengue peut évoluer selon deux formes graves: la dengue hémorragique, la dengue aux syndromes de choc qui est mortelle. La forme hémorragique de la maladie qui représente environ 1% des cas de dengue dans le monde, est extrêmement sévère: la fièvre persiste et des hémorragies multiples, notamment gastro-intestinales, cutanées et cérébrales, surviennent souvent. Chez les enfants de moins de 15 ans, un état de choc hypovolémique peut, cependant, s’installer (refroidissement, moiteur de la peau et pouls imperceptible signalant une défaillance circulaire) et entrainer des douleurs abdominales et, sans perfusion, provoquer la mort. Dans tous les cas, un diagnostic virologique précis et rapide, est utile, afin de confirmer l’étiologie à la fois pour la prise en charge des patients et pour les systèmes de surveillance de santé publique. Ceci, en vue de lancer l’alerte et renforcer les moyens de lutte anti vectorielle.

Moyens de lutte

Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement spécifique contre la dengue. Le traitement est symptomatique, destiné à lutter contre la douleur et la fièvre. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibruprofène…) et surtout l’aspirine sont contre-indiqués du fait de la thrombopénie (baisse du nombre de plaquettes) et du risque hémorragique.

Seul un vaccin est commercialisé: Dengvaxia développé par Sanofi est un vaccin vivant, recombinant, basé sur le vaccin de la fièvre jaune 17D qui protège contre les stéréotypes 1, 2, 3 et 4 chez les sujets âgés de 9 à 45 ans ayant un antécédent d’infection par le virus de la dengue et vivant dans les zones d’endémie. Les autres moyens de lutte sont le contrôle des moustiques dans les zones concernées et la protection individuelle contre les piqûres de moustiques.

Au Togo, dès la détection des cas, des dispositions immédiates ont été adoptées, pour la prise en charge de ces cas dans des formations sanitaires, ou encore le renforcement de la détection précoce. En outre, il est prévu l’intensification des séances de sensibilisation aux mesures anti vectorielles au sein des communautés. Les populations sont aussi invitées à dormir sous des moustiquaires imprégnées ou à porter des vêtements qui couvrent autant que possible le corps, afin d’éviter les piqûres de moustiques, à détruire les gîtes larvaires et assainir régulièrement leur environnement. « Devant toute suspicion, les populations sont invitées à informer le centre de santé le plus proche pour une prise en charge rapide », a rappelé le ministère de la Santé.

Rappelons que la dengue, une maladie infectieuse, de plus en plus récurrente dans la sous-région, fait partie du groupe des fièvres virales hémorragiques, et peut infecter toute personne à travers la transmission par piqûres de moustiques.

Kpinzou EDJEOU

 

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