Terrorisme

Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme

les experts - comptables posent à l'issue des travaux
Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme

Les membres de l’Ordre National des Experts-Comptables et des Comptables Agréés du Togo (ONECCA-Togo), des cadres de banques, des compagnies d’assurance, des systèmes financiers décentralisés, des directeurs financiers de sociétés publiques et privées, en collaboration avec la Fédération Internationale des Experts comptables Francophones (FIDEF), tiennent, depuis ce mardi, à Lomé, un séminaire international de formation sur la lutte contre le blanchiment des capitaux. L’objectif de la rencontre est de sensibiliser les acteurs et de présenter les dispositions légales en vigueur pour lutter contre le phénomène dont le cadre juridique est réglementé par deux lois au Togo. Cette formation et assurée par M. Patrick Berthier, expert-comptable au conseil de l’Ordre des experts comptables de France.

Le présent séminaire, qui se tient à Lomé, est l’occasion, pour les acteurs concernés, d’échanger sur les mécanismes et les dispositifs internationaux de sauvegarde, en vue d’accroître la protection de l’intégrité du système financier national et international. En ouvrant les travaux, le directeur de cabinet du ministère de l’Economie et des Finances, M. Kossi Tofio, s’est réjoui de l’organisation de ce séminaire qui constitue un cadre de renforcement des capacités des parties prenantes. Il permettra aux participants, dit-il, d’acquérir des notions techniques et de se familiariser davantage avec les normes internationales sur la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme.

Pour le président de l’ONECCA-Togo, M. Yawo Djidotor, cette rencontre s’inscrit dans les activités de la FIDEF qui a inscrit en son agenda, lors de la réunion de Maroc du mois dernier, la sensibilisation des membres à l’importance de lutter contre le blanchiment des capitaux, sur les outils à disposer pour faire face efficacement contre ce fléau. « Nous avons l’obligation de mettre en place des techniques de travail pour pouvoir couvrir cet aspect. Parce que si vous faites un contrôle, vous devez être en mesure de mettre en marche les diligences qui vous permettent de vous assurer que l’entité que vous contrôlez n’est pas dans ces genres de phénomènes », a-t-il déclaré.

Comprendre le blanchiment des capitaux

Pour l’expert-comptable au conseil de l’ordre des experts-comptables de France, M. Patrick Berthier, le problème de blanchiment des capitaux est la conséquence directe des actions des criminels, les gens qui ont des activités tumultueuses, qui font des trafics de stupéfiants et qui se retrouvent avec de l’argent à pouvoir utiliser dans l’économie légale. C’est là, dit-il, que va intervenir le blanchiment des capitaux dont l’objectif est de donner une apparence de légalité à des fonds qui ont une origine illégale. Pour cela, tous les moyens sont utilisés, notamment le dépôt dans des banques bienveillantes, dans les paradis fiscaux, mais après, le problème se complique pour le rapatriement de ces fonds. Et en ce moment, on utilise les entreprises notamment. C’est pour cela qu’on forme, dit l’expert, les experts-comptables, parce qu’aujourd’hui, compte tenu de la vigilance des établissements financiers, l’utilisation du système bancaire devient plus compliquée et l’on s’aperçoit que le blanchiment de capitaux passe davantage par les entreprises. D’où le rôle des assureurs, des banquiers, des experts-comptables et des commissaires aux comptes de pouvoir déceler les flux financiers dont l’origine est douteuse. Dans la comptabilité d’une entreprise ou dans les plus financiers qui arrivent, il revient de s’interroger sur l’origine des fonds, de s’assurer que les fonds à déposer ont une origine licite et qu’ils ne proviennent pas d’une activité criminelle. Le travail, a-t-il précisé, n’est pas de déterminer quelle est cette origine. La question, c’est l’origine licite. Mais, une fois que l’expert détecte l’origine illicite du fonds, il doit faire une déclaration d’opération de suspect ou de soupçon auprès de la cellule nationale de traitement des informations financières qui travaille sous l’autorité du Groupe d’Action Financière (GAFI).

Le blanchiment des capitaux pose des problèmes en termes de fiabilité et de sécurité des organismes financiers. Ensuite, il crée de l’instabilité et des problèmes prudentiels. Parce que les fonds blanchis, qui représentent, selon M. Berthier, demi-milliard  d’euros par an, sont extrêmement volatiles. « Ils arrivent un jour dans une banque et repartent quelques temps après », déclare-t-il. Le blanchiment des capitaux crée également des besoins de monnaies dans les Etats qui sont envahis de capitaux de criminels. Au sens large, selon M. Bertheir, la criminalité et la corruption sont des freins au développement des Etats. Puis qu’elles détournent des fonds qui devraient être utilisés par les Etats pour les investissements et pour améliorer les conditions des populations.

Komla GOKATSE

 

 

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