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Les Togolais dans la fièvre des fêtes de fin d’année

A la quinzaine commerciale, il y a peu d'affluence
Les Togolais dans la fièvre des fêtes de fin d’année

Au Togo comme ailleurs, le nouvel An et la Nativité du Christ (Noël) sont des moments de grandes célébrations festives, qui s’offrent à chaque fin d’année dans une ambiance particulière. Jouets, nouveaux habits et autres biens alimentaires et non alimentaires…, sont l’apanage de ces moments festifs. A Lomé, c’est vers les lieux forains que des scènes de fête sont le plus perceptibles, à l’instar de la «quinzaine commerciale» en cours d’animation simultanée au centre-ville (Assivito), à Baguida et à Adéticopé, dans les marchés périphériques et leurs environs. Çà et là se jouent, le temps de ces moments, les négociations commerciales, acheteurs et vendeurs espérant tirer le meilleur profit pour la maison. Toutefois, la ferveur que ces célébrations entraînent souvent dans la capitale n’est visiblement pas au rendez-vous, cette année. Cela peut s’expliquer par le climat quelque peu morose que les élections législatives du 20 décembre dernier semblent avoir engendré.

La grande ambiance annonciatrice des fêtes de fin d’année donne toujours lieu à des flux de mouvements inhabituels, tant dans la capitale Lomé que dans les villes et villages de l’intérieur du pays. Les mouvements des populations se focalisent en ces moments de fête autour des marchés et des plateformes commerciales comme la grande quinzaine commerciale à Lomé (délocalisée ces dernières années dans deux autres agglomérations), sur lesquels s’opèrent des échanges ou interactions de tous ordres. Ces mouvements humains pour des échanges et transactions économiques prennent de l’ampleur au jour le jour jusqu’à l’approche de Noël et du nouvel An, chaque année. Ils atteignent leur paroxysme aux dernières heures du jour « j », acheteurs et vendeurs s’efforçant par tous les moyens, d’« arracher quelque chose » pour la maison.

Commerçants et clients se plaignent

A Lomé particulièrement, beaucoup de gens, commerçants, acheteurs et visiteurs occasionnels, disent ne pas vraiment sentir les moments de fête, comparé aux années antérieures. « Comme vous pouvez le constater, les clients sont rares et parmi ceux qui viennent, la plupart demandent juste les prix et s’en vont…Cela est ainsi pour moi depuis que la foire a ouvert et j’espère que je vais pouvoir vendre une partie des bouteilles et paquets de fruits naturels que vous voyez ici», se lamentait une jeune fille, à la quinzaine commerciale, à Assivito.

«Profitant de la proximité de mon lieu de travail, au CASEF, je suis venu ici pour faire quelques achats», a déclaré M.  Olivier K. Toutefois, il a laissé entendre que  les choses sont un peu difficiles cette année en termes d’engouement, «visiblement à cause de la situation sociopolitique dans le pays», convient-t-il.

De pareilles situations de fête créent aussi de grands mouvements de foules dans les marchés et dans les quartiers périphériques, impliquant diversement les uns et les autres. « C’est dans ce marché du quartier Adidogomé où nous vivons que je viens acheter des poules et les condiments et mieux, en ces temps de fête. Grâce à Dieu, mon mari a pu toucher son salaire juste après la Noël, m’a-t-il dit en me remettant l’argent mercredi soir », a confié Mme Kombaté, souriante. Cependant, elle est d’avis de ceux qui soutiennent que l’engouement des fêtes « n’est pas celui des grands jours et des grandes occasions comme la Noël et la Bonne Année ».

Les déclarations de ces compatriotes résument un peu les difficultés qu’éprouvent cette année certains Togolais à se mettre véritablement dans l’ambiance des festivités de fin d’année. En effet, de nombreuses personnes estiment que le processus électoral qui a conduit au scrutin législatif du 20 décembre 2018, a entaché l’élan des préparatifs des fêtes. Aussi déplorent-elles « la non-participation d’une frange de l’opposition, la confusion et le sentiment de peur que les invectives de celles-ci ont réussi à créer au sein d’une partie de la population, surtout à Lomé ».

La veillée de Noël est aussi un grand moment de fête, surtout pour les fidèles chrétiens de par le monde. L’ambiance de la Nativité commence réellement avec la traditionnelle « messe de minuit » et se poursuit au-delà dans les bars ou dans divers autres endroits réputés « ambiancés ». « A la sortie de l’église, nous pouvons nous permettre de prendre une bière avec des amis, histoire de bavarder un peu avant de retrouver nos enfants qui sont maintenant âgés », a laissé entendre un chrétien, en compagnie de son épouse et de couple d’amis, dans un bar proche de leur domicile, à Légbassito.

Du reste, Lomé s’est embellie cette année pour accueillir l’Enfant Jésus dans « sa toute sainteté » et la nouvelle année 2019, « en toute espérance d’un avenir meilleur ». Ces grands boulevards scintillants et ses places emblématiques, au niveau de la Colombe et toute l’embellie sur le boulevard Eyadéma, au rond-point du boulevard circulaire au niveau du Commissariat central, au carrefour 2 Lions, etc., sont, dès la tombée de la nuit, envahis par des foules de jeunes, attirés par le beau spectacle lumineux et autres évènements quelconques qui s’offrent en ces périodes de fête.

Comme chacun de nous peut s’en rendre compte, en dépit des soubresauts auxquels les humains font face en tout temps et en tout lieu, la vie continue en laissant aux hommes et femmes survivants de la terre de trouver les moyens de faire la paix et de se réconcilier. Puisse Dieu apaiser le cœur et réconcilier les Togolais afin qu’ils œuvrent ensemble dans le sens du développement du pays et que les années à venir apportent plus de joie en ces moments de fête.

Martial Kokou KATAKA

 

 

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