M. Missité ( milieu) à l’ouverture de l’atelier.

Disparition forcée des personnes : Les magistrats recyclés sur la Convention internationale

Un atelier visant à renforcer les capacités des magistrats sur la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, s’est tenu 2 Juin 2026, au Centre de Formation des Métiers de Justice à Lomé. Cette rencontre est la dernière étape de la formation des acteurs de de la chaîne pénale, initié par le ministère de la Justice et des Droits Humains, avec l’appui technique du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Elle a permis de renforcer les compétences de ces acteurs sur le contenu de cet instrument juridique, en vue de sa meilleure mise en œuvre dans les procédures pénales au Togo.

Les magistrats

Le ministère en charge de la Justice, avec l’appui technique du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme, forme, depuis mardi 2 Juin 2026, les acteurs de la chaîne pénale du Togo sur Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées. En effet, après les agents des Forces de l’ordre et de sécurité, formés mardi et mercredi, c’est le tour des magistrats de voir leurs compétences renforcées, hier, sur cette législation internationale. Ils ont été entretenus sur des thématiques à savoir : « L’introduction au système des droits de l’Homme des Nations Unies », « Les obligations d’un Etat partie à un traité », « L’introduction à la Convention internationale sur les disparitions forcées », etc.

Le développement de ces modules a permis d’amener à ces acteurs, piliers essentiels de l’Etat de droit, à avoir une bonne compréhension de la notion de disparition forcée, ses différentes implications et de renforcer la coordination entre les agents de la chaîne pénale dans la prévention et la protection des citoyens.

A l’ouverture des travaux, le secrétaire général du ministère en charge de le Justice, M. Aworou Missité, a rappelé que les disparitions forcées portent une atteinte grave à la dignité humaine, infligent des souffrances profondes aux victimes et à leurs familles, et érodent durablement la cohésion sociale, ainsi que la confiance envers les institutions nationales. C’est pourquoi, le Togo, conscient de l’extrême gravité de ce phénomène, qui constitue un crime contre l’humanité, a adopté, en 2014, la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées.

Selon M. Missité, les magistrats sont les garants des libertés fondamentales, tout en occupant une position centrale dans l’édification du système des droits de l’Homme. Et cette responsabilité exige une connaissance approfondie des obligations internationales et une capacité réelle à les appliquer dans le cadre des procédures pénales. « Vous êtes indispensables pour garantir le respect des lois, protéger les citoyens et préserver l’ordre public, créant un environnement propice au développement économique et social », a-t-il relevé.

Selon le président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme, Me Ohini Kwao Sanvee, la disparition forcée constitue l’une des violations les plus graves des droits humains. Elle prive la personne de sa liberté, en dehors de tout cadre légale, tout en soustrayant son sort ou son lieu de détention à la connaissance de ses proches et des autorités compétentes. Au-delà des victimes elles-mêmes, cette pratique inflige également une profonde souffrance aux familles, maintenues dans l’incertitude, l’angoisse et la détresse.

« L’organisation de cet atelier offre ainsi une précieuse opportunité de connaissance approfondie de cette convention, d’échanges sur les bonnes pratiques et d’identification de défis liés à sa mise en œuvre effective dans notre système juridique national. La CNDH accorde une attention toute particulière à la prévention des disparitions forcées et à la protection des droits fondamentaux des personnes en conflit avec la loi ou privées de liberté », a indiqué Me Kwao Sanvee.

Pour sa part, le représentant du Bureau régional Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, M. Guy-Merlin Njike, a salué l’engagement du Togo à promouvoir et à protéger les droits fondamentaux des citoyens. 

Alex TEYI

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