Sortie de l’homme tigre, moment le plus attendu de la manifestation.

Culture et tradition : Le peuple Ewé d’Agou célèbre son identité à travers « Gbagba »

Les fils et filles de la préfecture d’Agou, venus du Togo et de la diaspora, ont célébré, du 31 juillet au 3 août 2026, la 303ᵉ édition de « Gbagba », la fête traditionnelle des moissons, sous le thème « Innovation, transformation locale et entrepreneuriat des jeunes : leviers d’un développement durable à Agou ». L’apothéose a eu lieu dimanche 2 août 2026, à Agou-Tavié, en présence d’une foule nombreuse. Placée cette célébration, instituée en 1723, marque la fin du cycle agricole et l’autorisation de consommer la nouvelle igname.

Les autorités politiques et administratives

L’édition 2026 de la fête traditionnelle « Gbagba » ou Gbagba-za, instituée en 1723, a déroulé ses activités du 31 juillet au 03 août 2026, à Agou Tavié, dans la préfecture d’Agou, (environ 110 km de Lomé). Célébrée chaque année, « Gbagba », fête des moissons, marque la fin d’un cycle agricole et le début de la consommation de la nouvelle igname. Plus belles les unes après les autres, cette célébration révèle chaque année l’intérêt des autorités locales et du pays par rapport au développement en lien avec les préoccupations et attentes des populations.

Cette année, l’intérêt a été porté sur le thème : « Innovation, transformation locale et entrepreneuriat des jeunes : leviers d’un développement durable à Agou ». Une manière d’exhorter les uns et les autres à œuvrer dans l’unité, la solidarité et la confiance, afin de contribuer au développement durable et harmonieux de leur localité.

D’après les informations recueillies sur place, Gbagba est une manifestation culturelle et religieuse des Ewé d’Agou. Ce nom veut dire « trop plein » de nourriture, boisson, surtout du foufou à base de l’ancienne igname, une opportunité aux populations, unies dans la fraternité et le vivre-ensemble, d’en consommer à volonté et sans restriction. C’est aussi le coup d’envoi pour la consommation de la nouvelle igname, à la fin des festivités.

Une autre explication de cette fête est qu’elle est dédiée à plusieurs divinités qui y gravitent, dont la déesse Gbagba est l’une des pièces centrales. Il en est de même pour « Apétofia », le tigre ou l’« homme tigre », l’une des divinités vénérées des forêts, des plaines et des montagnes d’Agou. Cette divinité, qui sort une fois l’an sous l’apparence d’un véritable fauve en grande parade pour rendre visite aux siens, incarne la grande force spirituelle de la classe des grands chasseurs de la localité.

Les chefs traditionnelles lors de la célébration solennelle

Un rendez-vous de la mémoire, de l’identité et de l’avenir

Selon M. Kossi Edenam Appolinaire Abitsitsè, président du comité d’organisation, « Depuis 303 ans, Agou écrit son histoire avec courage, dignité et espérance. Aujourd’hui, Gbagba n’est pas seulement une fête. « C’est le rendez-vous de la mémoire, de l’identité et de l’avenir ». Il a insisté sur la nécessité de transmettre cet héritage aux jeunes générations et de l’enrichir au fil du temps. « Agou possède des richesses exceptionnelles : ses terres agricoles, son mont majestueux, son savoir-faire, sa jeunesse et son esprit d’entreprendre. L’igname, le maïs, le café-cacao, le miel et le palmier, qui localement cultivés, doivent devenir les ambassadeurs économiques d’Agou, a-t-il déclaré. Il a salué l’engagement des partenaires, des bénévoles et surtout des femmes, « véritables piliers de l’économie familiale ».

Visite de l’exposition des produits agricoles

Plusieurs activités ont meublé l’édition 2026 : un cross-country dans les rues d’Agou-Tavié, un grand concert gratuit, l’élection de Miss Gbagba 2026 et un tournoi de football dont la finale s’est jouée avant la cérémonie officielle. Lors de la phase solennelle, des prix ont été remis : une moto à la Miss Gbagba 2026, des ballons, enveloppes et trophées aux équipes de football, ainsi que des kits scolaires aux meilleurs élèves au CEPD, BEPC, BAC I et BAC II.

À 110 km de Lomé, dans la région des Plateaux, Gbagba confirme chaque année l’attachement des populations d’Agou à leurs traditions et leur volonté de les arrimer au développement local.

Le ministre de la Culture et du Tourisme s’est fait représenter par son directeur de la promotion, des arts et de la culture, M.Vinyo Aziati.

Martial Kokou KATAKA

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