Les congrès couplés de l’AOLF et de la SOTOCOT réfléchissent à Lomé pour améliorer la chirurgie orthopédique et traumatologique
Le Togo accueille, depuis mercredi 25 juin 2026, le 19e congrès de l’Association des Orthopédistes de Langue Française (AOLF) couplé de celui de la Société Togolaise de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOTOCOT), 7e édition du genre. Ces assises visent l’amélioration de la chirurgie orthopédique et traumatologique dans les pays ayant la langue française en partage, à travers des conférences d’enseignements, des tables rondes et des ateliers pratiques.

Mme Gaméti fait le tour des stands de produits et équipements de santé dressés pour la circonstance.
Les Orthopédistes de Langue Française organisent, depuis mercredi, leur 19e congrès à Lomé. Une messe biennale qui permet de présenter aux participants les dernières avancées et les techniques les plus récentes dans cette spécialité médicale, dédiée à la chirurgie osseuse.
Durant trois jours, de jeunes médecins orthopédistes vont s’exercer à la communication orale, avec des conférences d’enseignement permettant de débattre de certaines thématiques et de présenter aux participants les dernières innovations dans cette spécialité médicale.
Enfin, trois tables rondes se chargent du traitement traditionnel de la fracture, de la traumatologie routière et de la chirurgie chez les sujets drépanocytaires. Pour ce qui concerne le traitement traditionnel des fractures, la table ronde permettra à chaque pays de parler de ses expériences vécues afin de formuler des recommandations. La deuxième table, va plancher sur le fléau des accidents de la route, qui déciment particulièrement la jeunesse.
L’objectif est de définir des stratégies susceptibles de changer la donne. La troisième table ronde permettra de parler des dispositions nécessaires à prendre lorsqu’il s’agit de la chirurgie osseuse chez un sujet drépanocytaire. Il faut noter que ces assises ont été précédées d’un pré-congrès, au cours duquel les jeunes médecins orthopédistes ont été formés sur le traitement des infections osseuses et les recherches bibliographiques en vue des publications.
A l’ouverture, la directrice de cabinet du ministère délégué en charge de l’Enseignement supérieur, Mme Ama Dzifa Gameti, a salué le choix des thématiques qui, à son avis, sont au cœur des réalités les plus douloureuses au sein des communautés. A son avis, au Togo, les chiffres officiels de la sécurité routière imposent une prise de conscience soudaine et brusque.
En effet, les données consolidées du ministère de la Sécurité révèlent qu’entre 2020 et 2025, le Togo a enregistré 42.489 accidents de la route. Ces drames ont engendré 57.521 blessés et coûté la vie à 3719 concitoyens. « C’est une moyenne effroyable de près de deux morts par jour sur nos routes. Derrière la froideur de ces statistiques se cachent des vies brisées, des familles décimées et un coût économique colossal pour notre système de santé », a-t-elle souligné.
Pour ce qui concerne la problématique du traitement traditionnel des fractures, Mme Gaméti a précisé que le constat, dans les hôpitaux, est parfois dramatique. Le retard de prise en charge adéquate conduit à des complications majeures, des gangrènes avancées, des pseudarthroses invalidantes et des infirmités définitives qui gâchent l’avenir de la jeunesse. « L’enjeu de vos débats n’est pas de diaboliser, mais de tracer des lignes de dialogue et de collaboration médicales claires. Comment éduquer, collaborer et surtout orienter à temps les patients vers vos services spécialisés ? Le gouvernement attend vos propositions concrètes pour mieux encadrer ces réalités », a-t-elle indiqué.
Enfin, la directrice de cabinet rapporte que selon le Centre National de Recherche et de Soins aux Drépanocytaires, près de 2% de la population togolaise souffre de la forme sévère et plus de 13% sont porteurs du gène. « Les complications osseuses, au premier rang desquelles, l’ostéonécrose aseptique de la tête fémorale, sont extrêmement invalidantes pour ces patients souvent très jeunes », a-t-elle souligné.
Pour le président de l’Association des Orthopédistes de Langue Française (AOLF) Pr Ahmed Moudène, le congrès biennal incarne les valeurs fondatrices de l’association, basées sur le partage, la construction et l’excellence. Il a indiqué que la langue française, qui unit les pays membres de l’Association, permet de dépasser les cloisonnements géographiques, de confronter les pratiques et de bâtir des ponts solides entre les écoles de traumatologie du Nord et celles du Sud. « Quarante ans après sa création, l’AOF occupe une place importante parmi les sociétés savantes de notre discipline, grâce aux efforts constants de ses membres », a-t-il souligné.
Le président de la Société Togolaise de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOTOCOT) Pr Anani Grégoire Abalo, a rappelé que le médecin orthopédique est ce professionnel de santé qui traite les patients victimes des accidents domestiques et de la circulation, des sujets victimes de malformations au niveau de l’appareil locomoteur ainsi que des sujets qui sous le poids de l’âge se retrouve avec des os usés.
Françoise AOUI