Col Amana et M. Yabouri mettent le feu aux armes

Contre l’insécurité et les circuits criminels au Togo : 1000 armes illicites incinérées à Agoè-Nyivé

Un millier d’armes saisies ou obsolètes a été détruit, au champ de tir d’Agoè-Nyivé. Une opération qui vise à lutter contre la prolifération et à sécuriser les stocks nationaux, réalisée par la Commission Nationale de Lutte contre la Prolifération des Armes Légères et de Petit Calibre (CNLPAL) avec l’appui des partenaires techniques.

La Commission Nationale de Lutte contre la Prolifération des Armes Légères et de Petit Calibre (CNLPAL), avec l’appui de ses partenaires techniques, a procédé à l’incinération d’armes saisies ou récupérées par les forces de défense et de sécurité lors de leurs opérations de sécurisation du pays. Cette opération, qui a eu lieu hier au champ de tir d’Agoè-Nyivé, s’inscrit dans le cadre du projet « d’Appui au marquage, profilage et au traçage des armes », visant à prévenir leur détournement. La cérémonie a enregistré la présence des partenaires techniques, des autorités militaires, administratives et traditionnelles.

Le Col Amana a présidé la cérémonie

En effet, la prolifération incontrôlée et la circulation illicite des armes à feu demeurent des menaces majeures pour le développement économique, le bien-être social et la souveraineté des Etats. Les armes, qui s’accumulent sans contrôle ou qui échappent à l’autorité publique alimentent les réseaux criminels, exacerbent les conflits locaux et favorisent l’émergence du terrorisme et du banditisme transfrontalier et transnational.

Or, la plupart de ces armes ne sont pas marquées, ce qui pose un problème de traçabilité. C’est dans ce sens que la CNLPAL a initié le projet « d’Appui au marquage, profilage et au traçage des armes », pour lutter contre le détournement et détruire les armes obsolètes ainsi que celles issues de la contrebande.

Hier, 1000 armes, comprenant pistolets, fusils de chasse et de guerre, ont ainsi été incinérées.

Une gestion stricte des stocks pour garantir la sécurité

A l’occasion, le directeur général de la Gendarmerie, le Col Kodjo Amana, a relevé que la prolifération des armes ne se combat pas uniquement aux frontières. « Elle se combat d’abord par une gestion stricte, transparente et adéquate des stocks nationaux ». Selon lui, cette gestion fait appel au marquage systématique, au profilage et au traçage. « Les armes qui seront, dans quelques instants, détruites se divisent en deux catégories distinctes, mais tout aussi dangereuses : les armes saisies lors d’opérations de défense ou de sécurité et les armes obsolètes, devenues inutilisables, vétustes et dangereuses à conserver. Conserver ou stocker indéfiniment ces armes saisies représente un risque logistique et sécuritaire majeur. Cet acte de destruction publique témoigne de notre transparence absolue. Il montre que l’Etat togolais assure pleinement son rôle de garant de la sécurité publique et se conforme aux engagements internationaux auxquels il est parti », a relevé le Col Amana.

Les différentes personnalités à la cérémonie.

Détruire pour prévenir

Pour le vice-Président de la CNLPAL, El Hadj Inoussa Bouraïma, cette destruction est perçue par plusieurs acteurs du désarmement comme le moyen le plus efficace et irréversible pour garantir la sécurité humaine et freiner la criminalité. « Détruire une arme, c’est d’abord rétablir la paix dans les zones post-conflits, ensuite maintenir et contrôler la sécurité humaine dans les pays en état de paix, ou encore assurer un meilleur contrôle des stocks d’armes et enfin réduire le risque d’un vol d’armes au niveau des stocks légaux », a souligné El Hadj Bouraïma. Il a exprimé sa gratitude aux partenaires, notamment le Centre Régional des Nations Unies pour la Paix et le Désarmement en Afrique (UNREC), pour son soutien à la réalisation de cet événement.

Le représentant de l’UNREC, M. Enselme Yabouri, pour sa part, a félicité le gouvernement togolais pour son attachement à la paix sociale. Il a renseigné que plusieurs stagiaires de différentes nationalités suivent actuellement un programme de désarmement dans son centre. « Cette cérémonie d’incinération leur permettra de toucher du doigt la réalité technique, de mesurer l’exigence des standards internationaux et d’intégrer ces protocoles de sécurité qui sauvent des vies. Cette phase pratique enseigne la précision et la justesse du geste, afin que demain, dans vos pays respectifs, vous soyez pleinement capables de concevoir et de transmettre à votre tour ce savoir-faire », a-t-il indiqué.

Au-delà du symbole, l’incinération de ces 1000 armes participe aux efforts du gouvernement visant à éradiquer la circulation illicite. En détruisant l’outil du crime, le Togo choisit de privilégier la vie humaine, la paix et la stabilité. Une manière concrète de sécuriser aujourd’hui pour construire un avenir plus serein.

Alex TEYI

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