Journalistes et officiels ont posé pour la postérité

Des journalistes et acteurs locaux outillés sur les instruments juridiques de gestion du littoral

Un atelier de formation des journalistes et acteurs locaux sur les instruments juridiques de gestion du littoral s’est tenu, vendredi 10 juillet 2026, à Aného, dans la commune Lacs1, à l’initiative du Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA-ResIP). Cette rencontre a permis de vulgariser les lois environnementales et de transformer les journalistes en de véritables sentinelles de la protection du littoral contre l’érosion côtière.

L’érosion côtière est la principale cause de l’avancée de la mer sur la terre ferme. Elle modifie le domaine public maritime, créant des perturbations sur le foncier. A cela, s’ajoutent d’autres problèmes comme les inondations et les pollutions. Ainsi, pour encadrer la gestion de la zone littorale, le législateur a pris un certain nombre de lois. Celles relatives à l’aménagement, à la protection et à la mise en valeur du littoral, ainsi que la loi modifiante et complétant celle du 30 mai 2008 portant loi-cadre sur l’environnement. Toutes ces lois visent à encadrer l’aménagement et la gestion du littoral. Selon les organisateurs, faire connaitre ces instruments juridiques à la population togolaise et surtout aux acteurs du littoral, est gage d’une protection optimale du littoral.

 Les journalistes ont visité le terrain et reçu les explications d’un expert

Dans ce sens, la lutte contre l’érosion côtière ne se joue pas uniquement à coups de digues et d’enrochements. Elle se gagne aussi sur le terrain du droit et de l’information. C’est tout le sens de l’atelier de formation intensif initié par le Programme de gestion du littoral ouest-africain (WACA-ResIP) qui a rassemblé, vendredi à Aného, acteurs locaux et une quinzaine de journalistes de la presse écrite, en ligne et audiovisuelle. L’objectif est de permettre aux participants de décoder la loi pour mieux alerter, protéger et encadrer les activités du littoral.

Spécifiquement, il s’est agi de faire connaitre aux professionnels des médias les dispositions essentielles et de faciliter la rédaction d’articles de presse et la réalisation des productions audiovisuelles sur les instruments juridiques. Les participants ont été formés sur le contenu de ces lois.

Concilier la protection de l’environnement et le développement de l’économie bleue

Ouvrant les travaux, le coordonnateur adjoint du projet WACA, M. Yawo Komi, a souligné que les ressources du littoral sont exploitées irrationnellement et la mer avance inexorablement vers le continent, créant des conséquences à multiple facettes. A son avis, le constat de départ est clair et sans appel : les textes de loi protégeant la côte existent, mais ils sont méconnus du grand public et parfois même des décideurs locaux. « Le journaliste est le pont entre le jargon juridique des experts et la réalité quotidienne des populations locales. Il est appelé à traduire en langage simple les obligations juridiques en éco-gestes accessibles, en vue de sensibiliser directement les communautés locales », a-t-il rappelé. Il invité les journalistes à promouvoir le mécanisme de gestion des plaintes en informant les populations riveraines sur leurs droits juridiques et les recours disponibles en cas de litige environnemental.

De l’avis du chef division Protection côtière et Fonds marins, M. Koutéma Dikagma, la loi relative à l’aménagement, à la protection et à la mise en valeur du littoral est le premier outil de gouvernance destiné à sauver et à valoriser le littoral togolais. Selon lui, cette loi met fin au vide juridique pour concilier la protection de l’environnement et le développement de l’économie bleue.

 Parlant de l’importance de la tenue de cet atelier, l’expert Koutéma a notifié que les lois ne sont efficaces que si elles sont partagées. « Cet atelier forme les journalistes et les acteurs locaux pour que les textes d’application passent de la théorie à la pratique sur le terrain. Nos populations riveraines subissent de plein fouet les effets du changement climatique. Cette loi apporte une protection juridique et anticipe les risques pour protéger leurs habitations et emplois », a-t-il indiqué.

Eviter l’anarchie sur les côtes

De son côté, le directeur général de l’ODEF, M. Komi Anthe, a laissé entendre que la loi-cadre sur l’environnement est la pierre angulaire juridique qui protège la côte contre la surexploitation des ressources du littoral. Il a expliqué que des sanctions sévères sont prévues par cette loi, surtout contre ceux qui commettent des crimes environnementaux. Il a donné, en exemple, l’article 136 qui stipule qu’est puni d’une peine d’emprisonnement de 2 à 5 ans et d’une amende d’un milliard à cent milliards de francs CFA, quiconque aura importé, acheté, vendu, transporté, entreposé ou stocké des déchets dangereux ou des substances nocives ou dangereuses pour l’environnement et provenant de l’étranger ou signé un accord pour autoriser de telles activités en violation des dispositions de la présente loi. « On ne peut pas gérer durablement notre littoral sans une maitrise parfaite des règles du jeu. Cette loi fixe ces règles pour éviter l’anarchie sur nos côtes. L’érosion côtière n’est pas qu’une fatalité climatique, c’est aussi le résultat d’activités humaines non réglementées. Le droit est notre premier bouclier », a-t-il fait savoir.

Firmin DEFALEONA

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