Commerce illégal des hydrocarbures : Le processus de marquage et de traçabilité des produits pétroliers lancé au Togo
Une cérémonie lançant officiellement le marquage et la traçabilité des produits pétroliers s’est déroulée, vendredi 31 juillet 2026, à Lomé, à l’initiative de la Commission chargée du suivi de l’exécution du contrat entre l’Etat togolais et la société SICPA Togo SAU, spécialisée dans la Solution Automatisée de Marquage (SAM). Cette activité vise à informer les opérateurs économiques et les consommateurs sur les objectifs, enjeux et retombées de cette nouvelle phase de réformes, en mettant en lumière les efforts du gouvernement en faveur de l’amélioration de la transparence économique et de la protection des consommateurs.

Officiels et autres participants en photo souvenir
L’extension désormais du marquage et de la traçabilité des produits pétroliers au Togo s’inscrit dans le cadre du partenariat avec SICPA-SAU via la Solution Automatisée de Marquage (SAM). Les points clés de cette réforme incluent l’obligation du marquage et de traçabilité, le renforcement des contrôles déconcentrés et l’application de sanctions financières.
En effet, pendant des décennies, le circuit illicite des produits pétroliers s’est imposé comme une économie parallèle solidement ancré dans les habitudes de beaucoup de citoyens togolais. Alimenté par les frontières poreuses avec les pays voisins, le trafic de carburant frelaté prive l’Etat de précieuses recettes douanières. Au-delà du manque à gagner fiscal, le phénomène est devenu un enjeu de sécurité national majeur.
Le carburant stocké dans lieux non indiqués provoque des incendies récurrents. De même, il existe des financements criminels des réseaux mafieux avec des risques de conversion des capitaux opaques vers les groupes extrémistes qui menacent la région des Savanes et détruisent des moteurs des usagers.
Selon les organisateurs, un arsenal de sanctions est prévu pour quiconque perturberait l’intégrité de la chaine de distribution. Ainsi, les contrevenants s’exposent désormais à de lourdes peines, entre autres, la saisie immédiate et confiscation des cargaisons suspectes et des moyens de transport, l’amende administrative allant de 50.000 à 10.000.000 FCFA, ainsi que la fermeture temporaire ou définitive des stations complices.
C’est tout le sens de la cérémonie de lancement du marquage et de traçabilité des produits pétroliers organisée, vendredi 31 juillet 2026, à Lomé. L’objectif est de surveiller et de préserver la qualité des produits issus des hydrocarbures, en évitant les multiples conséquences du carburant illicite.
La contrebande fausse la concurrence
Lançant les travaux, le ministre de l’Economie et de la Veille stratégique, Badanam Patoki, a confié que la Société Togolaise d’Entreposage (STE) est un maillon vital de l’approvisionnement en hydrocarbures, d’où le choix pour abriter cet événement. Pour lui, par l’avenant no 5 du contrat qui lie l’Etat togolais à la société SIPCA, le gouvernement a décidé d’étendre le dispositif de contrôle aux produits pétroliers. « L’obligation est inscrite dans notre réglementation, depuis le 1er juillet 2026. Elle entre désormais dans les faits. Chaque litre de carburant distribué par les circuits légaux, portera une signature moléculaire, invisible à l’œil nu que nos équipes pourront vérifier sur place au dépôt, à la station, comme au bord de la route. Pourquoi cette décision ? Parce que les produits pétroliers sont au cœur de notre économie et que ce qui est vital attire le trafic. La contrebande de produits pétroliers prive l’Etat de ressources considérables », a-t-il indiqué.
A son avis, la contrebande fausse la concurrence au détriment des opérateurs qui payent leurs droits et taxes. Pour lui, elle expose les consommateurs à des produits frelatés qui abiment leurs moteurs, polluent l’air et provoquent des drames que chacun garde en mémoire.
Garantir que chaque litre vendu est de bonne qualité
Abondant dans le même sens, le président de la Commission chargée du suivi de l’exécution du contrat entre l’Etat togolais et SICPA, Esso-Wavana Ahmed Adoyi, a laissé entendre que la contrebande entraine diverses conséquences, notamment un manque à gagner énorme pour le budget de l’Etat, une concurrence déloyale pour les opérateurs honnêtes. « Face à cela, le gouvernement a fait le choix de la technologie en confiant à SICPA, leader mondial en solution de sécurisation, la mission de marquer et de tracer nos produits pétroliers. L’objectif de ce marquage est de sécuriser : garantir que chaque litre d’essence vendu à la pompe est de bonne qualité et dûment taxé. Il s’agit aussi de tracer le produit en le suivant du dépôt jusqu’au consommateur final, et enfin protéger le consommateur et les recettes de l’Etat pour financer nos écoles, nos routes et nos hôpitaux. Le rôle de notre commission est clair : veiller à la bonne exécution de ce contrat. Nous travaillons en toute rigueur avec les acteurs du secteur », a-t-il souligné.
Pour le directeur général de la société SICPA Togo SAU, Sosso Balam Tchamdja, la solution automatisée symbolise d’abord l’aboutissement d’une vision portée par les autorités du pays, soutenue par l’ensemble des parties prenantes et concrétisée, grâce à une collaboration exemplaire. « Aujourd’hui, le Togo franchit un nouveau cap dans la modernisation de son dispositif de gouvernance économique, de contrôle, de traçabilité des produits pétroliers. Cette réussite n’est pas un hasard : elle est d’abord le résultat d’une vision d’Etat, d’orientation précise de plusieurs mois de préparation, de concertation, d’analyse, de cadrage et d’efforts soutenus », a-t-il confié. Une séquence de marquage du premier lot de produits pétroliers a mis fin à la cérémonie.
Firmin DEFALEONA