Comptes extérieurs du Togo, au titre de l’année 2024 : La croissance robuste maintenu en dépit de la pression de facteurs exogènes et endogènes
La direction nationale de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a organisé, le 21 mai 2026, à Lomé, une journée de diffusion des comptes extérieurs du Togo, au titre de l’année 2024. Il ressort de la situation présentée que le solde global de ces comptes est excédentaire de 43.919 millions, contre un excédent de 53.372 millions en 2023. C’était en présence des acteurs de la vie économique togolaise, des représentants des institutions financières, des Universités et Ecoles d’enseignement supérieur au Togo.

Représentants d’institutions financières et autres personnalités.
La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), dans sa présentation, le 21 mai 2026, à Lomé, de la situation des comptes extérieurs, au titre de l’année 2024, a expliqué que l’environnement économique et financier international, au cours de l’année sus-indiquée a été marqué par un ralentissement de l’activité économique mondiale par rapport à 2023, malgré la reprise de la demande intérieure dans plusieurs économies avancées. En effet, selon les estimations, publiées en octobre 2025 par le Fonds Monétaire International (FMI), l’économie mondiale a enregistré une croissance de 3,3% en 2024, après une progression de 3,5% en 2023.
Au plan national, la situation économique, en 2024, a été marquée par la consolidation de la consommation finale et des investissements. La progression de la consommation finale serait imputable à l’accroissement du pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte de baisse des tensions inflationnistes.
Quant aux investissements, leur augmentation serait en liaison avec l’évolution de la demande globale et l’exécution des différents projets et programmes de la Feuille de route gouvernementale Togo 2025. Le taux de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) réel se chiffrerait à 6,5% en 2024, contre 6,2% en 2023. Dans ce contexte, la balance des paiements a enregistré, en 2024 un excédent de 43.919 millions, contre un excédent de 53.372 millions en 2023, soit une baisse de 9.453 millions. Cette évolution fait suite principalement à l’effet conjugué du repli de 37.528 millions du solde du compte de capital, de la hausse de 36.695 millions des sorties nettes, au titre du compte financier, et de la réduction de 64.746 millions du déficit du compte des transactions courantes.
Le solde du compte des transactions courantes est passé de -221.993 millions en 2023 à -157.246 millions en 2024, en raison essentiellement de la baisse de 53.120 millions du déficit de la balance des biens, renforcée par les progressions de 6.481 millions des soldes excédentaires du revenu secondaire, de 3.322 millions du revenu primaire et 1.824 millions des services.

Une vue du Tableau de la présentation.
Les échanges avec l’extérieur soldés par une capacité de financement de 164.976 millions
Le compte de capital a dégagé un solde excédentaire de 322.222 millions en 2024, contre 359.749 millions l’année précédente, soit une diminution de 10,4%, imputable au repli de la mobilisation des dons-projets par l’Administration publique, atténué par la hausse des transferts nets en capital reçus par les sociétés financières et non financières, ainsi que les ménages et les Institutions Sans But Lucratif au Service des Ménages (ISBLSM). Ainsi, les échanges avec l’extérieur se sont soldés en 2024 par une capacité de financement de 164.976 millions, contre 137.757 millions enregistrés l’année précédente.
Le compte financier a enregistré, en 2024, des sorties nettes de capitaux à hauteur de 123.212 millions, contre des sorties nettes de 86.517 millions en 2023. Cette accentuation de 36.695 millions des sorties nettes de capitaux est en ligne avec le repli des entrées nettes des investissements de portefeuille, atténué par les baisses des sorties nettes des investissements directs et des autres investissements.
Les transactions extérieures, comparativement à l’année 2023, se sont soldées, en 2024, par une hausse des créances nettes des institutions de dépôt sur les non-résidents de 38.869 millions, en relation avec l’effet conjugué de l’augmentation de 52.426 millions des créances nettes de la Banque Centrale et de la régression de 13.557 millions de celles des autres institutions de dépôt.
S’agissant de la position extérieure globale nette, elle a enregistré un accroissement de 121.633 millions, avec un solde net de -239.251 millions en 2024, contre -360.884 millions un an plus tôt, suite à une augmentation des avoirs plus forte que l’accroissement des engagements.
Plusieurs actions face au déficit structurel de la balance courante
A l’occasion, le représentant du ministre des Finances et du Budget, M. Ahodo-Abalo Tchamdja, a expliqué que le Togo a su maintenir un cap de croissance robuste. Grâce à la mise en œuvre de la feuille de route gouvernementale, l’activité économique est restée vigoureuse, tirée par le secteur tertiaire, notamment les activités portuaires et aéroportuaires, et le dynamisme des secteurs agricoles. Toutefois, la conjugaison des facteurs exogènes et endogènes continue de mettre sous pression ses comptes extérieurs. « Les données de la balance des paiements du Togo traduisent, comme vous le savez, un défi de taille, le déficit structurel de notre balance courante, principalement alimentée par le déséquilibre de notre balance commerciale. Face à ce constat, le gouvernement togolais, sous la haute impulsion du Président du Conseil, ne reste pas inactif. Plusieurs actions stratégiques majeures sont vigoureusement déployées, depuis plusieurs années, pour inverser cette tendance. La promotion du ″made in Togo″ et la transformation locale à travers la Plateforme Industrielle d’Adeticopé des matières premières, notamment le coton, le sodja et le phosphate, avant l’exportation, afin de capter plus de valeurs ajoutées et de réduire nos importations de produits finis », indiqué M. Tchamdja.
Il a cité également la consolidation de la logistique et des services, les investissements massifs dans les infrastructures de transport, la modernisation du port autonome de Lomé et la digitalisation des procédures, visant à accroître significativement les recettes d’exportation de services logistiques et financiers, etc.
Pour le directeur national de la BCEAO par intérim, M. Komlan Ahadji, cette présentation vise à partager avec les principaux acteurs de la vie économique du pays, une analyse de l’évolution des comptes extérieurs du Togo en 2024. Cette journée permet d’assurer un retour d’informations aux structures fournissant les données nécessaires à l’élaboration des comptes extérieurs, tout en offrant un cadre pour le renforcement de la collaboration entre la Banque Centrale et les autres acteurs de l’écosystème de contributeurs, en particulier le secteur privé.
Alex TEYI