Commerce africain : Bâtir un avenir économique plus résilient, plus compétitif et plus inclusif.

La Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank), a lancé l’édition 2026 de son Rapport phare sur le commerce en Afrique (African Trade Report), intitulée « Tirer parti de la géopolitique pour développer le commerce et l’industrialisation de l’Afrique globale » (Leveraging Geopolitics for Trade and Industrialisation in Global Africa).

Le rapport présente une analyse approfondie de l’évolution du commerce et de l’économie en Afrique et dans le monde, dans le contexte de l’environnement économique de 2025.

 Il présente également les options stratégiques dont dispose l’Afrique pour transformer les tensions géopolitiques actuelles et les perturbations associées des chaînes d’approvisionnement en facteurs de résilience, de croissance durable et de prospérité partagée sur le continent.

Le rapport souligne la résilience continue de la croissance africaine malgré les difficultés importantes engendrées par l’intensification des tensions géopolitiques et les mutations économiques qui en découlent.  Illustrant cette résilience, le rapport souligne que, tandis que la croissance économique mondiale a ralenti à 3,4 % en 2025 et devrait encore se modérer à 3,1 % en 2026, la croissance réelle du PIB de l’Afrique est passée de 3,4 % en 2024 à 4,5 % en 2025. Cette performance dépasse non seulement la moyenne mondiale, mais témoigne également de l’amélioration des fondamentaux économiques du continent dans un ordre économique mondial de plus en plus fragmenté.

Le commerce des marchandises de l’Afrique a aussi enregistré de solides résultats, progressant de 6,1 % pour atteindre environ 1 500 milliards de dollars US, tandis que l’inflation agrégée est tombée de 21,6 % en 2024 à 13,1 % en 2025. Ces résultats reflètent les effets stabilisateurs d’une gestion macroéconomique prudente, des réformes politiques et institutionnelles en cours, ainsi que des interventions contracycliques des institutions de financement du développement opérant sur le continent.

L’Afrique peut construire un écosystème commercial plus résilient

« L’Afrique se trouve à un tournant décisif. Les tensions géopolitiques et la fragmentation économique redessinent les schémas du commerce mondial, mais elles offrent également au continent une occasion historique », a déclaré Dr. Yemi Kale, Économiste en chef du Groupe et Directeur général en charge de la recherche et de la veille commerciale à Afreximbank. En tirant stratégiquement parti de ces changements, a-t-il poursuivi, l’Afrique peut bâtir un avenir économique plus résilient, plus compétitif et plus inclusif. Il est impératif que le continent agisse avec détermination pour renforcer les chaînes de valeur régionales, développer ses capacités industrielles, élargir l’accès au financement du commerce et accélérer l’intégration continentale. Grâce à des politiques coordonnées, à des investissements stratégiques dans les infrastructures et à des institutions de financement du développement plus solides, l’Afrique peut construire un écosystème commercial plus résilient, plus inclusif et davantage créateur de valeur ajoutée. L’Afrique ne peut pas se permettre d’attendre .

Tirer pleinement parti de son potentiel commercial et industriel

Le rapport met également en évidence le fait que les performances à l’exportation de l’Afrique demeurent contraintes par un déficit persistant de financement du commerce, estimé à environ 74 milliards de dollars US en 2025. Cette situation est aggravée par la faiblesse des liquidités en devises étrangères et par la diminution continue des relations de correspondance bancaire, deux facteurs qui limitent la capacité du continent à tirer pleinement parti de son potentiel commercial et industriel.

Parallèlement, l’évolution des routes maritimes et les perturbations prolongées des réseaux logistiques mondiaux continuent d’allonger les délais de livraison et d’accroître les coûts de transport et d’échange. Ces pressions sont particulièrement fortes pour les économies africaines qui demeurent fortement dépendantes des intrants importés et des marchés extérieurs, alors même que les chaînes d’approvisionnement mondiales se réorganisent progressivement autour de principes de résilience, de diversification et de création de nouveaux pôles de production.

Le rapport décrit également plusieurs priorités stratégiques, notamment la mise en œuvre accélérée de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), l’expansion des infrastructures de paiement numérique par le biais du Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS) et la coordination des réformes de l’architecture financière mondiale. Il souligne en outre le rôle croissant des institutions financières africaines dans le renforcement de la résilience économique.

Diminuer la dépendance à l’égard des devises étrangères à travers le continent

Afreximbank, membre fondateur de l’Alliance des institutions financières multilatérales africaines, a décaissé 17,5 milliards de dollars US en 2024 et œuvre à doubler le financement du commerce intra-africain d’ici 2026. De son côté, le PAPSS contribue déjà à réduire les coûts de transaction et à diminuer la dépendance à l’égard des devises étrangères à travers le continent.

Alors que les tensions géopolitiques continuent de remodeler les chaînes d’approvisionnement mondiales et les flux commerciaux, la capacité de l’Afrique à tirer parti de ces évolutions dépendra de son aptitude à renforcer ses écosystèmes industriels, à développer le commerce intra-africain et à maintenir un soutien financier coordonné.

En définitive, la combinaison de cadres politiques adaptatifs, d’un positionnement commercial stratégique et d’investissements directs robustes sera essentielle pour promouvoir une industrialisation résiliente, inclusive et durable au sein de l’Afrique globale. L’urgence est désormais d’agir avec ambition et détermination. Cela nécessitera d’accélérer la mise en œuvre de la ZLECAf, d’élargir le financement du commerce intra-africain, de renforcer les infrastructures de transport et de logistique, et d’approfondir les systèmes de paiement numérique grâce au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS).

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