Energie Renouvelable

Cap sur l’électricité pour tous au Togo

Cap sur l’électricité pour tous au Togo

Les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon et uranium) constituent, aujourd’hui, 80% de la consommation en énergie dans le monde. Cependant, ces sources d’énergie posent de nombreux problèmes. En effet, leurs stocks sont en quantité limitée, leurs gisements géographiquement localisés. Les combustibles fossiles contribuent massivement au réchauffement climatique de la Terre, alors que l’énergie nucléaire fait craindre d’énormes risques au monde. Aussi, les sources conventionnelles d’énergie présentent-elles des risques de catastrophes majeures comme les marées noires, les fuites radioactives, les explosions de gazoducs, etc. Les chocs pétroliers répétitifs ont incité les pays à se tourner vers les énergies alternatives. En 2011, à Rio de Janeiro, l’ONU a proposé qu’à l’horizon 2030, 30% de l’énergie utilisé proviennent des énergies renouvelables. Le Togo aussi s’est inscrit dans cette dynamique. C’est ainsi que depuis 2017, le gouvernement a initié une politique énergétique avec comme objectif, l’accès universel à tous les Togolais d’ici 2030. Pour ce faire, l’Agence d’électrification rurale et des énergies renouvelables a été créée, avec une stratégie nationale d’électrification élaborée en 2018. Son directeur général, M. Tiem Bolidja présente ici les grandes lignes de cette politique et fait l’état des lieux des énergies renouvelables au Togo.

Posséder l’énergie pour un pays relève d’une question de souveraineté. Conscientes de cela, les autorités togolaises se démènent, depuis plusieurs années, pour assurer les besoins en énergie de chaque Togolais. Quoi de mieux que les énergies renouvelables propres et à moindre coût, dont dispose abondamment le pays. Dans ce processus, le Togo vient de valider l’étude de faisabilité du Programme de Développement  des Energies Renouvelables (PDERT). L’objectif est de permettre une évolution progressive vers une nouvelle solution énergétique durable au Togo. Il est aussi question de lutter contre la précarité énergétique, en permettant à chaque ménage d’avoir de l’électricité d’ici 2030. Pour rappel, le taux d’électrification au Togo (40%) est encore faible, surtout dans les zones reculées. Le PDERT est également une réponse à la lutte contre le changement climatique et contre les pollutions. Il  contribue à la compétitivité économique du pays, au développement de nouvelles filières industrielles et agricoles. Il relève surtout de l’engagement politique des plus hautes autorités de faire de l’accès à l’électricité un élément essentiel de leur politique économique et de croissance inclusive du pays, conformément aux objectifs du PND.

Pour M. Tiem Bolidja, directeur général de l’Agence Togolaise d’Electrification rurale et des Energies renouvelables (AT2ER), le soleil et, dans une moindre mesure, l’eau, avec quelques rivières constituent les sources d’énergies renouvelables les plus abondantes aujourd’hui au Togo. Malheureusement, le potentiel éolien n’est pas aussi fort, parce que les vents ne sont pas à des vitesses assez suffisantes pour produire l’énergie à grande échelle.

Selon lui, aujourd’hui, la pénétration de l’énergie renouvelable dans la consommation énergétique nationale est très faible d’environ 7%, si l’on ajoute les grosses sources comme Nangbéto et le petit barrage de Kpimé. « Ce qui est un peu paradoxal par rapport aux potentiels, surtout solaires, que nous avons », a souligné M. Tiem. « Donc, c’est une préoccupation majeure du gouvernement que de promouvoir les énergies renouvelables qui sont de bonne qualité, à moindre coût et qui préservent l’environnement. Aujourd’hui, on peut dire qu’on a un mémento de la plus haute autorité de l’Etat pour aller de l’avant dans ce domaine », a-t-il relevé.

Divers projets en cours pour relever les défis énergétiques

Beaucoup de projets ont été mis en place dans le domaine des énergies renouvelables. Il a cité, notamment, le projet CIZO, une initiative présidentielle qui vise à doter 300.000 ménages à l’horizon 2022 de kits solaires individuels. Le projet, qui est en cours de mise en œuvre, a déjà permis, à ce jour, d’installer 10.000 kits sur l’ensemble du territoire national. Il y a également le Programme solaire qui ambitionne de développer, d’ici 2025, quatre grandes centrales solaires de grande envergure de 30 MW chacune. « Nous avons déjà un financement partiel du Fonds d’Abu Dhabi pour la première centrale », a fait savoir le directeur général de l’AT2ER. En dehors du programme solaire, qui va, à terme, installer 120 MW, il y a le Programme hydro. Ce programme veut construire trois barrages hydroélectriques, un sur le site de Sarakawa, un deuxième dans la Kéran sur le site de Tchitchira et le troisième à Tététou. Pour M. Tiem, le barrage de Sarakawa est assez avancé, le financement presque bouclé. « Nous sommes en train de lancer les études pour Tchitchira et Tététou. Nous  estimons que tous ces projets doivent être bouclés d’ici 2025 », a-t-il laissé entendre. En dehors de ce programme hydro, il y a  le Minigrid qui contribue à l’électrification des villages par de petites centrales solaires. Il est prévu d’installer environ 400 sur l’ensemble du territoire d’ici 2030. Inauguré à Kountou, le programme a déjà construit 4 petites centrales. « Nous travaillons, dans les prochains jours à amorcer une première phase d’électrification rurale dans plus de 100 villages avec ces petites centrales », a renchéri M. Tiem.

En effet, selon ses propos, il est question dans la stratégie d’électrification rurale, d’électrifier la moitié des ménages togolais par les énergies renouvelables. Si le programme CIZO prend en compte 300.000 ménages, l’ensemble du programme d’électrification en ce qui concerne l’utilisation des kits couvrira plus de 550.000 ménages, a fait savoir le directeur général de l’AT2ER.

L’accessibilité, une préoccupation

Par ailleurs, M. TiemBolidja a relevé que l’accessibilité est une question cruciale qui préoccupe le gouvernement. Il est question, aujourd’hui pour le gouvernement de subventionner les ménages les plus vulnérables en ce qui concerne l’acquisition des kits. « Le programme déjà ficelé, sera lancé sous peu. Il s’agira d’appuyer ces ménages avec un peu de ressources pour leur permettre d’avoir accès à l’électricité », a-t-il indiqué. Il a rappelé que d’une façon générale, la question du financement constitue souvent une barrière pour la mise en œuvre des projets. Mais, « nous avons un programme assez cohérent et le soutien de plusieurs bailleurs de fonds. Nous sommes assez optimistes quant à la capacité du Togo à lever des ressources pour financer ces projets, au regard du fait que nos partenaires traditionnels sont très intéressés et nous appuient déjà », a ajouté M. Tiem.

Comme quoi, il faut se donner les moyens pour assurer l’avenir des énergies renouvelables et donc l’avenir de tous.

Blandine TAGBA-ABAKI

 

 

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