Un Programme régional du CILSS pour renforcer la résilience transfrontalière du pastoralisme lancé à Lomé
Le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS) a mis en orbite le Programme Régional d’Appui au Développement de l’Economie Pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS). Il vise à renforcer la résilience transfrontalière du pastoralisme et la transformation des systèmes alimentaires durables et une croissance verte inclusive. Il est ainsi une réponse aux pressions croissantes des changements climatiques, aux maladies animales et au faible accès des services sociaux de base. L’atelier de lancement tenu à Lomé, a réuni des représentants de l’Union européenne, de la CEDEAO, du CILSS, des ministères en charge de l’élevage des pays bénéficiaires.

Vue partielle des partenaires techniques et financiers et autres participants à la cérémonie officielle.
Du 6 au 8 juillet 2026 ont eu lieu des concertations techniques organisées par le Comité permanent Inter-États de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS), pour harmoniser les approches entre les experts phytosanitaires du sahel et d’Afrique de l’Ouest et plusieurs autres partenaires de mise en œuvre. Ces rencontres ont permis de consolider les mécanismes de coordination, de planification, de suivi-évaluation, de capitalisation des acquis et de communication autour du Programme Régional d’Appui au Développement de l’Economie Pastorale en Afrique de l’Ouest et au Sahel (PRADEP-AOS). Ce dispositif a été officiellement lancé, hier, au cours d’un atelier à Lomé.Couvrant treize pays pour une mise en œuvre de cinq ans ( de 2025 à 2030) , son objectif est de renforcer la résilience des ménages pastoraux et agropastoraux, tout en faisant de l’élevage un véritable moteur de croissance économique, de sécurité alimentaire et de stabilité régionale. Ce programme vise à renforcer la contribution du secteur de l’élevage à la transformation des systèmes alimentaires durables et à promouvoir une croissance verte, inclusive et résiliente des économies des pays de la région Afrique de l’Ouest et du Sahel. Il est financé par l’Union européenne à hauteur de 60 millions d’euros (environ 40 milliards de FCFA) et veut moderniser le pastoralisme, améliorer les conditions de vie des éleveurs et renforcer la sécurité alimentaire dans les treize pays bénéficiaires de la région.
Articulé autour de quatre résultats fondamentaux, le PRADEP-AOS contribuera à améliorer la gouvernance des ressources naturelles partagées, renforcer la santé animale, développer des chaines de valeur pastorales plus compétitives et créer un environnement politique favorable à la transhumance et au commerce régional du bétail.
Selon le CILSS, le programme appelé à transformer durablement les systèmes pastoraux régionaux, hormis l’effet social qu’il induit, représente un investissement stratégique pour l’économie régionale. Car le secteur de l’élevage participe en moyenne à 36% au PIB agricole des Etats du Sahel et à 15% à celui des pays côtiers. Mieux, il est un levier essentiel pour l’emploi, les échanges commerciaux et la sécurité alimentaire. Suivant les déclarations du secrétaire exécutif-adjoint du CILSS, Dr Sylvain Ouédraogo, le Comité, par le biais de la coordination régionale du PRADEP-AOS, « confirme son rôle de chef de file dans la mise en œuvre des politiques régionales en faveur du pastoralisme, de la résilience et de l’intégration économique. Le lancement de Lomé ouvre ainsi une nouvelle étape dans la construction d’une économie pastorale moderne, complétive et durable au service des populations de l’Afrique de l’ouest et du Sahel ». Il s’agit donc, à travers le présent programme d’assurer une gestion collective et cohérente des actions pour une meilleure gouvernance des espaces pastoraux, un renforcement de la santé animale, la compétitivité des chaînes de valeur, etc.
Des défis qui appellent des réponses collectives et coordonnées
A la cérémonie du lancement, le Directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de la pêche, des ressources animales et de la souveraineté alimentaire, Konlani Dindiogue, a salué le programme pour tout l’intérêt qu’il représente dans la vie des populations ouest-africaines et du Sahel face aux effets réunis des changements climatiques, de la dégradation accélérée des ressources naturelles, des obstacles à la mobilité pastorale, la croissance démographique ainsi qu’à l’insuffisance des infrastructures commerciales. Pour lui, ce programme est une réponse stratégique pour que le pastoralisme continue d’être un facteur de brassage et de cohésion sociale, d’intégration économique et de développement territorial de la région, créateur d’emplois, de réduction de la pauvreté, de croissance verte inclusive et de transformation économique.
« Le Togo est profondément attaché à la promotion du commerce régional, à la libre circulation des personnes, des biens et du bétail, dans le respect des cadres régionaux et des principes de développement durable », a indiqué le DC. Il a justifié cet engagement par la dépendance du Togo en produits carnés et par l’importance de l’élevage qui constitue un secteur stratégique pour le développement économique et social et une source de revenus pour près de 75% des ménages ruraux et participant à environ 7% à la formation du PIB nationale. M. Dindiogue a salué la qualité du partenariat qui unit les institutions régionales et qui a favorisé l’élaboration de cet ambitieux programme, afin que le pastoralisme devienne un facteur de paix, de prospérité, d’intégration et de résilience.
Pour le chef de coopération de l’Union européenne, Niccolo Maracchi, l’architecture du programme repose sur trois grands couloirs de mobilité et du commerce du bétail, à savoir le couloir Central (Bénin, Burkina Faso, Ghana, le Togo, la Côte d’ivoire, le Mali et le Niger), le couloir Lac Tchad (Niger, Nigéria et le Cameroun) et le couloir Ouest qui comprend le Mali, Sénégal, la Mauritanie et la Guinée. Pour lui, ces couloirs ne constituent pas des programmes distincts, mais des composantes d’une meilleure ambition régionale appelant à une harmonisation des bonnes pratiques et de la coopération.
Zeus POUH-PEKA