Le ministre Awaté s’adresse aux délégués.

Réunion ministérielle sur la protection des réfugiés : Appel à l’attachement aux principes de la Convention de Genève

Sous l’égide du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR) et des Etats parties à la Déclaration de Lomé de 2025, la deuxième réunion ministérielle du dialogue régional sur la sécurité nationale et la protection des réfugiés s’est tenue, vendredi11 septembre 2026, à Lomé. Cette session avait pour ambition de renforcer l’engagement politique et la synergie sous-régionale pour une mise en œuvre effective des recommandations issues de la conférence ministérielle de juillet 2025 sur la gestion plus humaine des réfugiés. La rencontre s’est conclue par la signature d’accords tripartites et un communiqué final appelant à poursuivre les priorités énoncées dans la Déclaration de Lomé.

Les signataires de l’accord tripartite prennent les délégués pour témoins

Plus de 170 000 réfugiés et demandeurs d’asile, arrivés en grande partie du Burkina Faso, ont été dénombrés à la fin 2025 au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Togo. Ces déplacements forcés vers les pays côtiers du Golfe de Guinée interrogent sur l’ampleur de la crise et appellent une réponse collective, coordonnée et harmonisée, fondée sur la solidarité entre les Etats. C’est dans ce contexte que s’est tenue la réunion ministérielle du dialogue régional sur la sécurité nationale et la protection des réfugiés.

Plus concrètement, la réunion a réaffirmé, à l’occasion du 75e anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, l’attachement des pays aux principes fondamentaux de la protection internationale des réfugiés. Il a également été question de dresser le bilan de la mise en œuvre des recommandations de la Déclaration de Lomé et de présenter aux partenaires techniques et financiers ainsi qu’aux pays observateurs, le Mali et le Niger, les priorités en matière de protection, d’autonomisation socio-économique et de sécurité, en parfaite cohérence avec les piliers de la stratégie sous-régionale de protection et de solutions 2026-2030.

Des accords tripartites pour un rapatriement volontaire et digne

Dans la même veine, des accords tripartites ont été signés entre le Burkina Faso, les pays d’asile et le HCR, pour faciliter, au moment opportun, le rapatriement volontaire dans des conditions sûres et respectueuses de la dignité des réfugiés.

Dans une déclaration sanctionnant les travaux, les parties à la réunion ministérielle ont réaffirmé leur attachement aux principes et obligations contenus dans la Convention de Genève et se sont félicitées de la Déclaration de Lomé, en ce qu’elle constitue une étape importante dans le renforcement de la coopération régionale et de la coordination des actions de protection des réfugiés. Elles se sont également réjouies des avancées enregistrées dans sa mise en œuvre.

En revanche, les participants ont invité à poursuivre la réalisation des priorités de la Déclaration de Lomé et à promouvoir l’autonomisation économique des réfugiés et des communautés d’accueil, à travers l’extension des opportunités d’emploi. Ils se sont engagés à renforcer les mesures et partenariats visant à garantir un accès accru des réfugiés et des communautés aux services sociaux essentiels.

Photo de famille des délégations ministérielles et d’autres partenaires

Consolider les acquis du Dialogue de Lomé

Le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, le colonel Hodabalo Awaté, représentant du Président du Conseil, a salué l’apport significatif du Dialogue de Lomé au renforcement de la concertation entre les Etats et pour avoir permis d’approfondir la compréhension des défis sécuritaires et humanitaires. Pour lui, les accords conclus vont permettre de mettre en place des mécanismes de concertation et de suivi destinés à accompagner les futures opérations de retour et à favoriser une réintégration durable des personnes rapatriées.

« Notre ambition est désormais claire : faire de cette réunion ministérielle un moment décisif dans la consolidation des acquis du Dialogue de Lomé, dans le renforcement de notre coopération régionale et dans l’accélération de la mise en œuvre des engagements que nous avons pris ensemble », a résumé le ministre Awaté.    

Il a, par ailleurs, dressé un état des lieux de la situation des réfugiés et salué la célébration du 75e anniversaire de la Convention de Genève de 1951 qui représente la « pierre angulaire du régime international de protection des réfugiés ». Un anniversaire qui invite à réaffirmer l’attachement collectif aux principes d’humanité et de solidarité et à renforcer son application dans le monde, selon la directrice de la Division de la Protection internationale et des Solutions du HCR, Mme Elisabeth Tan.

Les réunions ministérielles remontent à 2024, suite à l’initiative du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Ghana et du Togo d’organiser une plateforme sur la sécurité nationale et la protection des réfugiés face à la crise humanitaire. Le processus a permis d’identifier les défis communs, de renforcer l’environnement de protection et la coordination sous-régionale. Cela a abouti à la première conférence ministérielle du 4 juillet 2025 et à l’adoption de la Déclaration de Lomé. A la suite de cette Déclaration, les Etats ont élaboré une stratégie sous-régionale de protection et solutions 2026-2030 autour de trois piliers : renforcement de l’environnement de protection, inclusion des réfugiés dans les pays d’accueil et solutions durables incluant le rapatriement volontaire. Ce sont donc ces éléments qui fondent ces rencontres d’évaluation.

Zeus POUH-PEKA

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