Réduction des risques de catastrophes : La consultation nationale sur l’initiative « alerte précoce pour tous » lancée à Lomé

Un atelier de consultation nationale sur l’initiative des Nations Unies « Alerte précoce pour tous » se tient, depuis le 20 août 2026, à Lomé. Organisée par le ministère de la Sécurité, à travers l’Agence Nationale de la Protection Civile (ANPC), cette rencontre de deux jours vise à examiner la concordance entre les initiatives en cours et à venir, et à consolider les engagements des parties prenantes pour renforcer les systèmes d’alerte précoce au Togo.

Officiels et participants à l’issue de l’ouverture de la rencontre

Les communications nationales sur les changements climatiques soumises au secrétariat de la Convention-cadre des Nations Unies depuis l’année 2000 ont révélé que le Togo, à l’instar des états de l’Afrique de l’Ouest, est vulnérable à des phénomènes de catastrophes de plus en plus récurrents. Ces catastrophes se manifestent par la dégradation de l’environnement et des changements climatiques exacerbés par une démographie galopante. Au cours des deux dernières décennies, le pays a enregistré des catastrophes à grande échelle liées aux inondations, aux sécheresses, à l’érosion côtière et aux feux de végétation.

En 2010, les inondations consécutives aux pluies diluviennes ont causé des dommages et des pertes économiques évalués à plus de 38 millions de dollars US. Pour faire face à ces défis, le Togo a intégré, depuis 2020 et à travers la Feuille de route gouvernementale 2020-2025, axe 3 ambition 10 « Mettre le développement durable et l’anticipation des crises futures au cœur des priorités du pays », la dimension « gestion des risques de catastrophes ». C’est dans ce cadre que s’inscrit l’atelier sur l’initiative EW4ALL « Early Warnings for All ».

L’objectif est d’identifier les principaux défis et obstacles à une alerte précoce efficace et cohérente et de recommander des mesures ciblées pour les surmonter. Spécifiquement, il s’agit d’évaluer le système national de coordination existant et de proposer les premiers éléments d’une feuille de route pluriannuelle et multipartite autour de laquelle tous les acteurs pourront mobiliser des ressources. Pour ce faire, les participants examinent l’état actuel des systèmes d’alerte précoce dans le pays et discutent des mécanismes de coordination ainsi que des actions prioritaires à travers diverses communications et présentations.

Construire une véritable politique d’anticipation

Ouvrant les travaux, le secrétaire général du ministère de la Sécurité, Kadja Hodabalo, a rappelé que les événements climatiques de la fin du mois de juin 2026 ont confirmé une vérité indéniable, celle de protéger la population avant la catastrophe. Selon lui, les fortes précipitations qui ont affecté plusieurs pays de la sous-région ont provoqué des pertes en vies humaines, des dégâts importants et des perturbations économiques et sociales. « Nous ne pouvons plus nous satisfaire d’une politique de réaction. Nous devons construire une véritable politique d’anticipation. C’est précisément le sens de l’initiative ″Alerte précoce pour tous″. Pour le gouvernement, il ne s’agit pas simplement de mettre en œuvre un engagement international, mais de renforcer une capacité nationale stratégique de prévention, d’anticipation et de protection des populations. L’objectif est de faire en sorte que l’information sur le risque puisse être transformée, en temps utile, en décision, en alerte et en action », a-t-il déclaré.

Agir avant que les catastrophes ne s’aggravent

Pour la coordinatrice résidente du PNUD, Binta Sanneh, l’initiative « Alerte précoce pour tous », lancée par le Secrétaire général des Nations Unies en 2022, vise à garantir que chaque personne soit protégée par des systèmes d’alerte précoce efficaces. « Un système d’alerte précoce efficace doit être multirisque, de bout en bout, centré sur les populations et soutenu par une forte coordination institutionnelle, ainsi qu’un financement durable. Les systèmes d’alerte précoce ne sont efficaces que lorsqu’ils conduisent à des actions précoces. Des prévisions fiables et une communication claire permettent au gouvernement, aux services de secours et aux communautés d’agir avant que les catastrophes ne s’aggravent, protégeant ainsi les vies humaines, les moyens de subsistance, les infrastructures et les acquis du développement », a-t-elle expliqué.

Au terme des échanges, les participants ambitionnent de formuler une feuille de route nationale pluriannuelle et multipartite 2026-2031 à laquelle pourront se rallier tous les acteurs. Ils visent également une couverture universelle en matière d’alerte précoce au Togo.

Firmin DEFALEONA

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