le Président du Conseil d’administration d’Afreximbank, Dr George Elombi lors du panel

Réalisation du marché unique africain : Afreximbank appelle les entreprises et banques à devenir les moteurs

La 3ᵉ édition du Forum Biashara Afrika, ouverte, lundi 18 mai 2026, à Lomé, a placé la mobilisation du secteur privé et des institutions financières au cœur de la mise en œuvre de la ZLECAf. Répondant à la question « Comment les entreprises africaines et les institutions financières peuvent accompagner la ZLECAF dans l’atteinte d’un marché unique africain ? », le Président du Conseil d’administration d’Afreximbank, Dr George Elombi, a livré une feuille de route concrète devant le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, les opérateurs économiques et les décideurs publics.

Pour le président d’Afreximbank, George Elombi, le marché unique africain ne se construira pas par les seuls accords politiques. « La ZLECAF donne le cadre juridique. Mais ce sont les entreprises qui font circuler les marchandises et ce sont les banques qui financent le mouvement », a-t-il déclaré. Le dirigeant a invité les entreprises africaines à passer d’une logique nationale à une logique continentale. Pour cela, le premier levier consiste à investir dans la qualité et la certification, pour répondre aux règles d’origine de la ZLECAF. Le deuxième levier est de s’intégrer dans des chaînes de valeur régionales, plutôt que de rester cantonnées à la transformation locale. En troisième position, il utiliser les plateformes numériques de mise en relation B2B mises en place par le Secrétariat de la ZLECAf, pour identifier des partenaires et des marchés dans 54 pays. « Une PME togolaise qui transforme le soja n’a plus à se limiter au marché togolais. Elle doit viser le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Kenya. Le marché existe, il faut aller le chercher », a-t-il illustré.

Concernant les institutions financières, Dr George Elombi,estime qu’elles doivent financer le commerce intra-africain et réduire le risque perçu. Le président d’Afreximbank a rappelé que le Système de Paiement Panafricain PAPSS permet désormais de régler des transactions en monnaies locales, réduisant la dépendance au dollar et les coûts de change. Il a appelé les banques commerciales africaines à élargir leurs lignes de crédit aux PME exportatrices, à accepter les garanties régionales et à s’appuyer sur les instruments de couverture de risque proposés par les banques de développement comme Afreximbank. « Sans financement adapté, même le meilleur produit africain ne traversera pas la frontière », a-t-il souligné.

Il a salué la position du Togo et de son port comme atout pour devenir un hub pour les flux intra-africains. Il a appelé à une coordination plus étroite entre le secteur privé, les banques et les agences de promotion des investissements pour transformer les opportunités de la ZLECAf en contrats concrets.

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