Serge Ekue, Président de la BOAD

Pour une souveraineté énergétique et un habitat décent au sein de l’UEMOA : Appel à une alliance sacrée public-privé-multilatéral

Au terme de quarante-huit heures de travaux, de débats sans concession et d’une formidable émulation intellectuelle, les rideaux sont tombés vendredi 12 juin 2026, sur la deuxième édition des Boad Development Days.

Pendant deux jours, les représentants des partenaires techniques et financiers, les experts du logement, les architectes, les assureurs, les diplomates ont, à cœur battant, mené des réflexions urbaine et financière de la région. Ils ont partagé une certitude absolue : le logement n’est pas une simple question d’infrastructures. C’est le socle de la dignité humaine, le baromètre de la justice sociale et le moteur de la souveraineté économique.

Vue partielle des participants.

Ouverte le 11 juin, autour d’un enjeu prioritaire : « Bâtir l’avenir de l’UEMOA : financer un habitat durable, inclusif et moteur de souveraineté énergétique », la deuxième édition des Boad Development Days, a pris fin vendredi, par la conviction que l’avenir de la région repose sur des infrastructures capables d’améliorer les conditions de vie, de réduire les vulnérabilités et de soutenir la transition énergétique. Eriger des villes résilientes est une priorité accentuée par la croissance démographique, l’urbanisation et le changement climatique.

Les participantsont livré bien plus que des discours : une expérience, des convictions et une vision politique, rappelant que l’inclusion financière, le développement à la base et le logement durable sont les clés de la dignité des familles, de la cohésion de la société et de la prospérité des économies de l’espace communautaire.

Ils ont aussi exploré l’ensemble des leviers financiers, techniques et environnementaux. Les débats ont mis en lumière une réalité incontournable : le secteur privé ne saurait tout faire seul. « Quand les banques de développement prennent en charge la préparation et la viabilisation des terrains, elles sécurisent les investisseurs et permettent aux constructeurs privés de se concentrer sur leur vrai métier : bâtir des logements de qualité, durables, en masse et à prix abordable », a déclaré Serge Ekue, Président de la BOAD.

De ces deux jours de débats, a-t-il poursuivi, « une conviction sort fortifiée, gravée dans le marbre : dans cette bataille pour la dignité et la souveraineté énergétique de nos populations, aucun acteur, aucun gouvernement, aucune banque, aucun promoteur ne détient seul la clé de la victoire. C’est bien au contraire l’alliance sacrée public-privé-multilatéral qui fera la différence ».

 Il a ainsi, formulé le vœu que la « Déclaration de Lomé » et ses recommandations opérationnelles, ne soient pas, une fois de plus, réduites à un rapport sans suite. Les conclusions sont une feuille de route pour l’action. « Elles doivent se traduire, en réformes réglementaires audacieuses dans nos États, en innovations financières dans nos banques et en chantiers concrets sur le terrain. À la BOAD, avec notre plan stratégique Djoliba… La Suite (2026 2030), nous prenons notre part de responsabilité : nous traduirons ces orientations en engagements financiers planifiés ».

Un logement décent n’est pas un privilège, c’est un droit

Dans cette feuille de route, il ressort que le logement décent n’est pas une marchandise spéculative, c’est un droit fondamental. Elle s’articule autour de trois points importants : un habitat durable et inclusif, avec une facilité d’accès à des logements décents, et abordables pour les populations de l’Union ; la souveraineté énergétique, en faisant des logements, des moteurs d’efficacité énergétique pour réduire les factures d’électricité des ménages ; la création de l’initiative « Label Bâtiment Vert UEMOA » qui est un référentiel régional pour construire des bâtiments écologiques et attirer les financements climatiques internationaux. « Financer l’habitat de l’UEMOA, c’est bâtir une paix durable. C’est refuser l’urbanisation subie pour inventer l’urbanisation choisie », a- -t-il relevé. « Rentrons dans nos pays et nos institutions respectives, porteurs de cette flamme. Ne soyons pas de simples observateurs de l’évolution de nos villes. Soyons, chaque jour, les bâtisseurs de nos solutions. Soyons les créateurs de notre avenir », a conclu le président de la BOAD, Serge Ekue.

M B

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