Luttes traditionnelles Evala 2026 : La finale de Yadè disputée en présence du Président du Conseil
Au fil des jours, les Evala 2026 continuent de s’inscrire dans les annales de l’histoire des différents cantons du pays Kabyè, berceau de cette tradition séculaire qui consacre l’initiation des jeunes Kabyè âgés de 18 à 23 ans et marque officiellement leur passage à l’âge adulte. Après la finale de Tchitchao, disputée lundi, le canton de Yadè, à son tour, a vécu, mardi14 juillet 2026, sa grande finale, en présence du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Les festivités se poursuivent le mercredi 15 juillet 2026 dans les cantons de Bohou et de Pya, où se déroulent respectivement la finale et les demi-finales.

Dans l’arène de Yadè, les Evala de Yadè-Bas ont croisé le fer avec ceux de Yadè-Haut dans une ambiance particulièrement festive, rythmée par les sonorités de leur tambour traditionnel, « Akrima », et animée par les chants et danses des supporters des deux camps, fiers de leur héritage culturel.
Le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a suivi avec une attention soutenue les différentes empoignades qui ont opposé les deux camps. À l’issue de combats âprement disputés, les Evala de Yadè-Bas se sont imposés par dix-sept (17) victoires contre treize (13) pour leurs adversaires de Yadè-Haut. Cette domination s’est également confirmée chez les cadets (Ahoza), où les jeunes de Yadè-Bas, futurs initiés de l’année prochaine, ont signé une victoire sans appel de cinq (5) victoires à zéro.
Le fair-play au-dessus de tout
Comme dans les autres cantons, les luttes se sont déroulées dans une ambiance de fête, au rythme des chants et des danses traditionnels. Au-delà de la compétition, c’est surtout l’esprit de fair-play qui a marqué cette finale. Les gestes de fraternité entre adversaires ont une nouvelle fois retenu l’attention : poignées de main avant et après les combats, aide à soulever son adversaire vaincu ou encore sortie de l’arène main dans la main après les empoignades.

Cet esprit sportif traduit l’une des principales vocations des Evala, celle de permettre aux jeunes de se mesurer, de mieux se connaître et de renforcer leurs liens de fraternité, tout en les préparant à assumer leurs responsabilités d’adultes, conformément aux valeurs de la tradition kabyè. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir, une fois les combats terminés, des lutteurs qui se sont affrontés avec ardeur partager un verre, échanger des plaisanteries ou danser ensemble. Dans plusieurs cantons, de nombreux cadres encouragent cette dynamique en réunissant les jeunes initiés autour de séances de sensibilisation, avant de partager la bière traditionnelle dans une ambiance conviviale, animée par les gongs, les flûtes, les castagnettes, les harmonicas et d’autres instruments traditionnels.
Les Evala rappellent ainsi que la compétition n’est qu’un moment de dépassement de soi et que la fraternité demeure la véritable victoire.
Un cadre d’expression populaire et politique
Au-delà de leur dimension initiatique, les Evala constituent également un espace d’affirmation de l’identité culturelle, de renforcement de la cohésion sociale et de brassage des populations. À travers les banderoles déployées dans les différentes arènes, les populations expriment leur attachement aux valeurs de paix, de développement et de préservation du patrimoine culturel prônées par le Président du Conseil Faure Essozina Gnassigbé.
Les groupes de femmes, fortement mobilisés, entonnent des chants d’encouragement et adressent des prières pour la paix, la stabilité et la prospérité du pays sous sa conduite. De leur côté, les ambianceurs, fidèles à la tradition, animent les festivités en soutenant la politique du Président du Conseil, au rythme des tambours, des gongs et des chants populaires, contribuant à entretenir l’atmosphère festive propre aux Evala.
Les festivités se poursuivent, dans les autres cantons de la Kozah. Le canton de Bohou accueille sa grande finale, tandis qu’à Pya les demi-finales laissent déjà entrevoir une finale très attendue de le jeudi 16 juillet 2026.
Bernardin ADJOSSE