Journées scientifiques annuelles de la SOACHIM : La chimie au cœur des solutions durables pour l’Afrique face aux défis
La 26e édition des Journées Scientifiques Annuelles de la Société Ouest-Africaine de Chimie (SOACHIM) réunit, depuis 11 août 2026, à Lomé, des experts et chercheurs autour des défis de l’économie bleue, de l’énergie et de la sécurité alimentaire, pour bâtir l’avenir durable du continent. La rencontre entend valoriser la chimie, comme levier stratégique face à l’économie bleue et au développement durable.

Les experts, scientifiques et autres participants à la rencontre
Depuis 11 août 2026, Lomé accueille la grande messe scientifique organisée par la Société Ouest-Africaine de Chimie (SOACHIM), sous le thème : « La chimie face aux enjeux de l’économie bleue, de l’énergie, de la sécurité sanitaire et alimentaire dans le contexte du développement durable en Afrique ». Ces Journées Scientifiques Annuelles (JSA) s’inscrivent dans les priorités de l’agenda 2063 de l’Union Africaine, démontrant le rôle clé de la chimie pour relever les défis majeurs du continent. L’objectif étant de mettre la chimie à contribution pour préserver les océans et valoriser les ressources marines, à l’heure où l’économie bleue est présentée comme un pilier essentiel du futur africain.
Au menu des travaux programmés, les chercheurs mettront en lumière l’implication de la chimie dans la protection des écosystèmes marins, la valorisation des algues, ainsi que le traitement des eaux polluées. Cette démarche vise à soutenir la durabilité des ressources halieutiques, fragilisées par le changement climatique, particulièrement dans les zones côtières du Togo. Les experts abordent également la transition énergétique, en cherchant à développer de nouveaux matériaux pour le stockage de l’énergie solaire et à optimiser les bioénergies locales. Par ailleurs, la chimie intervient dans la sécurité alimentaire à travers la conception d’engrais éco-responsables, l’élimination des toxines dans les chaînes de production et la valorisation des molécules issues de la pharmacopée africaine.
Le rôle clé de la formation et de la recherche scientifique
Pour le ministre de l’Education nationale, Mama Omorou, la chimie est une science fondamentale, indispensable à la formation des acteurs du développement. « Elle permet de comprendre l’Homme pour mieux le transformer », a-t-il dit, soulignant l’importance d’intégrer les compétences nécessaires dans les systèmes éducatifs pour accompagner la dynamique de l’économie bleue et des énergies renouvelables.
Il a expliqué qu’au-delà de l’économie bleue, le système éducatif a également un rôle central à jouer dans la promotion des énergies renouvelables, de la sécurité sanitaire et alimentaire. A son avis, dans le contexte de changement climatique, la recherche en chimie est indispensable pour inventer les solutions de demain.
La chimie au service de la dé-carbonisation et des innovations locales
Selon le ministre délégué chargé de l’Economie maritime, Edem Kokou Tengué, il y’a beaucoup d’interrogations sur les attentes de l’économie bleue vis-à-vis des chercheurs et scientifiques. « Le transport maritime qui est une composante essentielle de l’économie bleue est considéré comme une industrie la plus polluante de la planète en termes d’émission du Co2. Des discussions et réflexions sont en cours pour chercher des carburants alternatifs pour les bateaux. C’est un domaine où la chimie peut aider l’économie bleue. Peut-être que dans nos pays en Afrique de l’Ouest, il existe des matériaux très combustibles que nous ne connaissons pas et qui peuvent venir des chercheurs pour aider l’économie bleue dans ses travaux. Nous attendons que vos travaux puissent éclairés nos lanternes. Le port de Lomé est engagé dans un projet de dé-carbonisation et nous entendons voir si vos travaux peuvent également nous aider », a-t-il laissé entendre.
Evoquant la question de la sécurité alimentaire et sanitaire, le ministre a fait savoir que les études sommaires révèlent que les ressources halieutiques deviennent de plus en plus rares. Ceci est dû au réchauffement d’une partie de la zone où se trouve malheureusement le Togo et le reste de l’Atlantique. « Nous attendons du monde scientifique sa contribution à l’essor de l’économie bleue », a-t-il souhaité.
De l’avis du président de la SOACHIM-Togo, le professeur Gnon Baba, la chimie étudie la matière et les relations entre matière et matière. Tous les produits dépendent de cette science et tout le monde fait de la chimie. « Nous avons voulu que ce thème soit en phase avec les priorités de l’Etat. L’importance de ces JSA est de faire le point sur les activités menées et les résultats obtenus en lien avec le thème général, mais aussi de retrouver les perspectives pour pouvoir prendre en compte les difficultés rencontrées et ce que nous pouvons apporter davantage pour nos Etats », a-t-il laissé entendre.
Au terme de ces quatre jours d’échanges et de débats, la SOACHIM ambitionne d’inscrire la chimie comme un moteur indispensable pour le développement durable du continent africain face aux enjeux globaux actuels.
Firmin DEFALEONA