Excellence scolaire au féminin : Le gouvernement célèbre les meilleures bachelières de 2026 à Lomé

La ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, Mme Moni Sankarédja-Sinandja, a présidé, vendredi 18 septembre 2026, à Lomé, une cérémonie de remise de prix aux filles issues des différentes régions éducatives du Togo ayant obtenu les meilleures moyennes au BAC 2 pour l’année scolaire 2025-2026. Elles sont au total 60 à recevoir chacune un ordinateur portable et une attestation de mérite.

Mme Moni Sankarédja-Sinandja remet symboliquement le prix à une lauréate

Depuis 2017, le gouvernement met en œuvre, à travers le ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance et grâce à l’appui du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Programme de l’Excellence académique, du leadership et de l’employabilité de la fille togolaise. Ce programme vise à favoriser l’émergence d’une élite féminine de qualité, capable d’investir les instances de décision et de contribuer activement au développement du pays. Il permet de primer, chaque année, dans toutes les séries, les filles ayant obtenu les meilleures moyennes au BAC 2. Pour cette année, elles sont soixante lauréates.

L’éducation, clé de voûte de l’égalité

A l’occasion, la ministre Moni Sankarédja-Sinandja a souligné que dans un monde où les inégalités entre les hommes et les femmes demeurent préoccupantes, l’éducation et la formation des filles apparaissent comme des leviers incontournables pour garantir leur autonomisation et l’égalité des sexes. « L’accès équitable au savoir et aux compétences constitue, en effet, la clé de voûte d’une société plus juste, plus inclusive et plus prospère », a-t-elle précisé.

La ministre a indiqué que ce programme s’inscrit dans la réalisation des objectifs de la Feuille de route gouvernementale 2026-2031, ainsi que dans les Objectifs 4, 5 et 8 de Développement Durable (ODD), relatifs à l’éducation de qualité, à l’égalité entre les sexes, au travail décent et à la croissance économique. Elle a salué les mesures protectrices et incitatives prises en faveur de l’équité et de l’égalité de genre. « Ces actions rassurent, chaque jour, et permettent d’entrevoir de meilleures perspectives pour les femmes et les filles togolaises, mais aussi pour l’ensemble de la population », a-t-elle souligné.

Officiels, lauréates et autres personnalités présents à la cérémonie

Des progrès notables, mais des défis qui persistent

Grâce à ces initiatives, des progrès notables ont été enregistrés, en matière de réduction des disparités entre filles et garçons. A titre illustratif, selon les données de l’annuaire national des statistiques de l’éducation, alors que le taux de réussite des garçons était supérieur à celui des filles, en 2021-2022, soit 70,57% contre 67,87%, en 2023-2024, ce taux est de 77% pour les filles contre 75,6% pour les garçons en série D au baccalauréat deuxième partie. De même, dans l’enseignement technique et professionnel, les filles représentaient 2,58% en 2020 contre 7,3% en 2024 en série F1.

 Cependant, des défis persistent, surtout en termes de maintien dans le cursus et d’orientation par filière. Si la parité entre filles et garçons est réalisée dans l’enseignement primaire, des écarts se font remarquer dans les cycles supérieurs. Concernant le choix des filières, selon les données de l’enseignement technique et professionnel de l’année scolaire 2024-2025, les filles représentent environ 58,5% en série G2 alors qu’en série F3, elles ne représentent que 8%. « Face à cette situation, il devient impérieux de renforcer les actions ciblées visant la promotion de l’équité et de l’égalité de genre dans l’éducation. Dans cette dynamique, le ministère reste déterminé à poursuivre la présente initiative et à la renforcer, avec l’implication de nous tous », a-t-elle ajouté.

« Rêvez grand », le message aux lauréates

Le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr Gado Tchangbédji, le gouverneur du District Autonome du Grand Lomé, Mme Zouréhatou Kassa-Traoré, et la Représentante-résidente du PNUD au Togo, Mme Binta Sanneh, ont tour à tour, salué la persévérance et la discipline des lauréates en les briefant sur les réalités du monde universitaire.

« Au collège et au lycée, c’est la discipline collective. Mais à l’université, pas d’appel, pas de contrôle. Chacun se discipline et se prend en charge », a confié Pr Tchangbédji. Ils ont conseillé aux lauréates de « rêver grand » et d’embrasser avec courage et ferveur les filières prometteuses.

Françoise AOUI

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