
Une délégation de l’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP), conduite par son président, Lt-Col. Bediani Béléi, a été reçue, ce 28 Août 2025 , par la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC). L’objet de cette visite : partager avec les membres de l’instance de régulation des médias le cadre juridique sur la protection des données à caractère personnel au Togo. La délégation a saisi cette occasion pour encourager la HAAC à orienter les médias vers le partage d’informations qui vont dans le sens de la protection de ces données, de la vie privée, des droits et libertés des citoyens.

Le Lt-Col. Béléi et M. Télou (de la gauche vers la droite) lors des échanges.
L’Instance de Protection des Données à Caractère Personnel (IPDCP) est une autorité administrative indépendante, créée par la loi. Elle a pour mission de veiller à ce que les traitements des données à caractère personnel soient mis en œuvre, conformément aux dispositions de la loi, d’informer les personnes concernées et les responsables de traitement de leurs droits et obligations. L’IPDCP est également chargée de sensibiliser le grand public sur les risques numériques et sur tout ce que comporte, aujourd’hui, Internet, en termes de violation des données à caractère personnel, d’accompagner les entreprises et opérateurs économiques dans le sens de l’innovation.

Les autres membres de l’IPDCP et de la HAAC à la rencontre.
Selon le président de l’IPDCP, Lt-Col. Bediani Béléi, les données à caractère personnel sont relatives à la personne physique. C’est son nom, son Etat civil, son numéro de téléphone, ses données médicales et biométriques. Pour leur protection, au niveau de l’instance, on fait d’abord ce qu’on appelle le contrôle de conformité. L’instance veille à ce que les responsables de traitement, qui peuvent être des entreprises ou opérateurs économiques, puissent faire le traitement de ces données, conformément à la loi. En ce qui concerne la sensibilisation du grand public, l’IPDCP entend amener les gens à faire extrêmement attention, lorsqu’ils vont sur Internet par exemple, pour ne pas laisser trop de traces et pour protéger leur vie privée lorsqu’ils sont sur les réseaux sociaux, les systèmes numériques, en général.
Sous l’œil de la caméra, vos droits restent protégés
De l’avis du président de l’IPDCP, beaucoup de personnes associent la caméra uniquement à l’idée de surveillance & de vidéo protection, de contrôle, voire d’intrusion. Pourtant, la réalité est tout autre. L’installation des caméras, c’est pour la vidéosurveillance et la vidéo protection. C’est notamment pour la sécurité des personnes et des biens. Mais, cette sécurité ne doit pas se faire dans le désordre. Il doit y avoir une certaine régulation et réglementation. « Nous devons veiller à ce que l’installation des caméras prenne en compte la vie privée des gens. C’est dans le cadre de la réglementation de la vidéo surveillance et de la vidéo protection que nous allons, très bientôt, demander à chaque citoyen ayant une caméra installée dans son domicile, dans son bureau ou entreprise, de déclarer cette caméra, pour sa sécurité et pour le respect de la vie privée des autres », a-t-il laissé entendre. La déclaration est importante, parce qu’elle permet, au niveau de l’IPDCP, de savoir que « vous avez installé une caméra pour votre sécurité dans votre domicile, mais de vous octroyer également le pictogramme qui permet d’afficher un élément qui renseigne tout le monde que le site est surveillé. Egalement, lorsque vous avez à utiliser les enregistrements de votre caméra en justice, dans le cadre des poursuites », a précisé Lt-Col. Béléi.
Réfléchir avant de partager, c’est se protéger soi-même
Le président de la HAAC, M. Pitalounani Télou, a remercié la délégation de l’IPDCP pour sa démarche. « Comme nous l’avons déjà eu à travailler avec l’ANCy, nous aurons à travailler avec vous pour que l’information soit vraiment protégée », a-t-il indiqué. Il a tenu à informer la délégation qu’avec la nouvelle loi organique qui sera votée pour la HAAC, l’instance de régulation des médias deviendra la Haute Autorité de Régulation des Communications Ecrites, Audiovisuelles et Numériques. « Nous constatons, avec satisfaction, que nous aurons, pratiquement, la même mission. Vous, au niveau de la protection des données personnelles et nous, au niveau des médias, pour que l’information qui sera véhiculée soit la bonne. Bientôt, celui qui partagera une information, qui s’avère être fausse, sera poursuivi au même titre que celui qui l’a initiée. On va remonter jusqu’à la source de l’information. Et le diffuseur et celui qui a mis cette information sur les réseaux seront tous tenus responsables, si cette information est fausse », a fait savoir le président de la HAAC.
Komla GOKATSE
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