Les officiels et les Maires en photo de famille.

Les collectivités territoriales du Grand Lomé apportent leur touche à l’élaboration de la feuille de Route 2026-2031

Après les phases de consultations dans les Régions de l’intérieur du pays,  en vue de l’enrichissement de l’élaboration de la feuille de route gouvernementale 2026-2031, la cellule de pilotage du nouveau programme était, mardi, dans le District Autonome du Grand Lomé. Ici, elle a y rencontré les responsables des collectivités territoriales composés essentiellement des Maires pour partager les succès enregistrés dans la mise en œuvre de la feuille de route 2020-20225, les défis, tirer des leçons et recueillir leurs avis et propositions pour mettre sur rail, après validation, la nouvelle feuille de route. Cette dernière a pour objectif de bâtir un cadre stratégique inclusif, cohérent et ancré dans les réalités du pays, et tenant compte des contraintes budgétaires et des dynamiques du contexte mondial afin de créer de meilleures conditions de vie pour les populations.

La rencontre avec les Maires et d’autres acteurs de la vie locale est présidée par Mme Kassah-Traoré (au fond).

Le 27 avril dernier, au cours de son discours à l’occasion des 66 ans d’indépendance du Togo, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, annonçait  la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031, un programme qui s’inscrit dans la continuité des efforts déjà engagés. A cet effet, « dans les prochaines semaines, une phase d’échanges sera engagée avec les institutions, avec le secteur privé, avec la société civile, avec nos partenaires, pour enrichir la réflexion du gouvernement autour de l’élaboration de cette feuille de route », instruisait-il. Dans la logique de cette annonce, les principaux acteurs impliqués dans les actions de développement sont consultés depuis quelques semaines pour donner leur appréciation sur le document stratégique, un cadre de référence partagé, élaboré de manière inclusive avec l’ensemble des forces vives de la Nation. Ceci pour renforcer la qualité de formulation du programme gouvernemental et améliorer la lisibilité des priorités publiques.  C’est bien la raison d’être de la rencontre, mardi, avec les Maires, la chefferie traditionnelle et les syndicats. A cette occasion, le Gouverneur du District Autonome du Grand Lomé, Mme Zouréhatou Tcha-Kondo Kassah-Traoré a, d’entrée fait savoir que depuis 2020, le Togo a amorcé une nouvelle ère de son histoire de développement inclusif et durable, caractérisé par l’élaboration et la mise en œuvre de la feuille de route 2020-2025. De son avis, l’exécution de cette feuille de route a permis d’obtenir des résultats  tangibles qu’il faut capitaliser, en dépit du contexte mondial difficile marqué par la raréfaction des ressources et des financements. Mais qui oblige à aller plus loin avec plus de discipline, de clarté, mais aussi plus d’impact.

Selon le conseiller du Président du Conseil, Etsri Homevor,  la mise en œuvre de la Feuille de Route 2020-2025 a  connu  certes  des avancées notables, mais aussi des défis qu’il faut partager avec les parties prenantes au développement, afin de tirer des enseignements utiles pour le futur programme.  Pour lui, cet exercice est si capital qu’il permet de garantir l’inclusion et l’efficacité des politiques publiques. Il permet de recueillir les besoins des populations, d’adapter les stratégies aux réalités du terrain, de mobiliser les acteurs locaux et de renforcer la cohésion nationale autour d’une vision commune.  Bref, assurer l’inclusion et la participation citoyenne, en donnant la parole à toutes les couches de la société (secteur privé, société civile, chefferie traditionnelle, femmes, jeunes) afin d’enrichir les orientations et arbitrages du gouvernement avant l’adoption finale du document sensé refléter les aspirations réelles de la population. A la suite de ces mots, une présentation ( à partir des trois axes) a permis de montrer les actions phares menées dans le cadre de l’ancienne feuille de route avec les niveaux d’atteinte des résultats que ce soit dans les domaines de l’agriculture, de la santé , de l’éducation, de l’eau, de l’énergie, l’assainissement, ou encore de la digitalisation, surtout dans le Grand Lomé.

Une feuille de route plus réaliste

La nouvelle feuille de route gouvernementale du Togo, lancée en avril 2026, visant à structurer la transformation nationale dans un environnement mondial devenu plus instable et concurrentiel se concentre sur une colonne vertébrale représentée dans le cadre stratégique  visant  à « Protéger, Rassembler et Transformer ». Et comme le PC le disait « ce ne sont pas juste des mots. Ce sont véritablement les principes qui guideront l’action du gouvernement dans les années à venir ». Cette boussole  fait ressortir cinq principes visant à impacter concrètement la qualité de vie des Togolais,  à savoir plus de crédibilité, de cohérence, de sélectivité, de lisibilité et de facilité de pilotage.  Pour ce faire, des ajustements méthodologiques  sont nécessaires  face aux évolutions du  contexte international et régional incertains : privilégier les actions réalistes, soutenables et réellement exécutables, limiter le nombre des priorités avec des responsabilités mieux définies, une meilleure coordination entre les acteurs et un suivi rigoureux des résultats. Des observateurs ayant  pointé du doigt des faiblesses internes, notamment en matière de coordination, de suivi et d’évaluation des projets. Des lacunes qui auraient freiné la mise en œuvre de certaines réformes pourtant jugées prioritaires.

La session a été l’occasion de partager aux participants les thématiques phares identifiées  dans le cadre de la nouvelle feuille telle que la sécurité intégrée et humaine, l’équité d’accès aux services, l’équilibre territorial, le développement local et la décentralisation, la protection et l’inclusion  sociales, le capital humain, la formation et l’employabilité des jeunes, la création d’emplois, l’entrepreneuriat etc.

Ce nouvel élan stratégique intervient après une première expérience dont le bilan apparaît mitigé. La feuille de route précédente, qui couvrait la période 2020-2025, était structurée autour de 42 projets et réformes prioritaires. Selon les chiffres officiels présentés, son taux d’exécution s’élève à 68,79 %. Un résultat que les autorités jugent globalement satisfaisant, compte tenu des chocs exogènes ayant affecté l’économie togolaise ces dernières années (la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine et ses répercussions sur les marchés internationaux, ainsi que la dégradation de la situation sécuritaire dans la sous-région) ont pesé lourdement sur les objectifs escomptés.

Zeus POUH-PEKA

    A lire