Sécurité Aérienne

l’Aéroport international Gnassingbé Eyadèma test son plan d’urgence sectoriel

Une simulation de protection de l'aéroport de Lomé
l’Aéroport international Gnassingbé Eyadèma test son plan d’urgence sectoriel

Les populations riveraines de l’Aéroport international Gnassingbé Eyadèma ont été certainement prises de panique, mercredi le 20 juin, par des coups de feu nourris en provenance de cette plateforme aéroportuaire. En réalité il y a eu plus de peur que mal. C’était des tirs provenant d’un exercice de simulation, qui a mis en jeu la sûreté, la sécurité et la capacité opérationnelle des forces de l’ordre à maîtriser les assaillants en cas d’attaques terroristes de cet aéroport. L’opération, dénommée « EXPUS-ASAIGE 2018 », s’inscrit dans la mise en œuvre des mesures de sûreté de l’aviation civile internationale à l’aéroport de Lomé. Il est destiné à éprouver son plan d’urgence sectoriel.

L’Autorité de sûreté de l’aéroport international Gnassingbé Eyadèma(ASAIGE) a organisé mercredi, un exercice d’urgence de sûreté dénommé « EXPUS-ASAIGE 2018 », qui  s’est déroulé en présence de plusieurs personnalités, dont le ministre Yark Damehame de la Sécurité et de la Protection civile et le général de division Abalo Kadangha, Chef d’Etat-mojor géneral des Forces Armées Togolaises. « EXPUS-ASAIGE 2018 » est un exercice de simulation dans une ville imaginaire appelée « Melo ». Il vise à renforcer les capacités opérationnelles des acteurs impliqués dans la sûreté et la sécurité de l’aéroport, pour faire face efficacement à d’éventuelles crises liées aux attaques terroristes.

En effet, à l’aéroport de « Melo », déjà au réveil de ce mercredi, il y avait assez de monde qui se préparait pour les 1ers vols matinaux. L’on attendait l’atterrissage d’Air Europa 111 aux alentours de 7 heures. Parmi les passagers, une dizaine d’hommes d’affaire, en visite d’une semaine dans la capitale « méloise », pour négocier l’exploitation de deux gigantesques mines d’uranium, récemment découvertes sur deux sites au centre du pays. L’atmosphère était sereine jusqu’à 7 h 15, quand le bureau  d’accueil et information a reçu une alerte anonyme, signalant la présence d’un engin explosif dans la salle de récupération des bagages. Le temps de vérifier la véracité de l’alerte, une trentaine de minutes après, une ambulance aux couleurs de l’aéroport, gyrophare allumée, déjoue la vigilance des agents de sécurité au check-point à l’entrée du viaduc, en feignant une intervention d’urgence. Les forces de l’ordre au poste, ne se doutant de rien, s’approchent de l’ambulance pour le contrôle de routine. Mais avant d’y arriver elles essuient des coups de tir venant de la fameuse ambulance, qui a forcé le passage en direction de la zone publique où attendaient les parents et amis des voyageurs. La résistance cohérente des forces de l’ordre  oblige finalement  les assaillants à se replier vers le parking auto où ils utilisent les véhicules en stationnement comme boucliers.

En définitive, les forces en présence, notamment, le peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie basé à l’aéroport et le groupe léger d’intervention antiterroriste, parviennent à s’organiser pour protéger les passagers et leurs familles, tout en neutralisant les terroristes. Une bombe a été détectée et désamorcée.

La  simulation, suivie de près par des regards avertis, s’est déroulée en deux phases, permettant d’une part, d’assurer la sûreté des lieux, par des fouilles destinées à enlever et à gérer une alerte à la bombe ou à détecter la présence d’engins explosifs dans les bagages et coins des salles. Il s’agissait, d’autre part, d’assurer la sécurité de l’aéroport dans sa globalité, en agissant  sur quatre terroristes qui ont attaqué, côté ville, pour rentrer dans l’aérogare.

Pour le ministre Yark ce genre d’exercice est planifié et joué par les éléments chargés de gérer l’aéroport en matière de la sûreté et de la sécurité. C’est un exercice qui permet à ces forces de s’aguerrir pour pouvoir limiter les casses, neutraliser et mettre en sureté et sécurité des passagers, en cas d’intrusion d’éléments dangereux.  Il a souligné la nécessité de toujours  s’exercer pour corriger les dysfonctionnements et pouvoir faire face efficacement en cas d’une crise réelle. Le ministre, au nom du gouvernement, a remercié tous les acteurs impliqués dans l’exercice, en les exhortant à continuer. Il a rappelé que l’Organisation de l’aviation civile internationale demande un exercice similaire par an. Mais le gouvernement compte  faire plus, pour rendre les différentes forces plus aptes et plus aguerries.

Selon le coordonnateur de l’ASAIGE, Lt-col Langbatibe Bolidja, il s’agissait de tester la réactivité et la capacité opérationnelle des différentes unités.

Bernardin ADJOSSE

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