Harcèlement au travail : Professionnels des médias et acteurs de l’administration renforcent leurs compétences
Le ministère de la Communication veut faire de la prévention du harcèlement une priorité dans les espaces professionnels. Une formation de deux jours, consacrée à cette problématique s’est ouverte, le 10 septembre 2026, à Lomé, avec la participation de responsables administratifs, de professionnels des médias et d’autres acteurs du ministère. L’initiative vise à mieux identifier les différentes formes de harcèlement et à renforcer les capacités en matière de prévention et de protection.
Briser le silence pour mieux protéger. C’est le sens donné à la formation consacrée à la lutte contre le harcèlement en milieu professionnel qui se tient, depuis le 10 septembre 2026, à Lomé, à l’initiative de la Cellule Genre du ministère de la Communication. L’objectif est de faire des espaces professionnels des lieux où chaque agent, collaborateur et collaboratrice puisse exercer ses responsabilités dans un climat de respect, d’équité, de sécurité et de confiance.
Durant deux jours, la trentaine de participants, issus des associations des femmes professionnelles des médias publics et privés, ainsi que des agents de l’administration, bénéficieront des outils nécessaires pour mieux identifier, prévenir et gérer les situations de harcèlement en milieu professionnel. Ils seront entretenus sur des thématiques portant, notamment sur l’estime de soi, la confiance en soi, la santé mentale, la communication assertive, la connaissance des dispositifs juridiques et la maîtrise de soi.
Le harcèlement, un phénomène pas du tout anodin
A l’ouverture des travaux, M. Ambroise Klévor, conseiller technique, représentant la ministre de la Communication, a réaffirmé la volonté du département de promouvoir un cadre de travail où personne ne devrait avoir à choisir entre se taire et subir. Il a rappelé que le harcèlement, qu’il soit moral, sexuel ou psychologique, constitue une atteinte à la dignité de la personne et peut avoir de lourdes conséquences sur les victimes, mais aussi sur le fonctionnement et l’image des institutions. « Une administration dans laquelle règnent la peur, l’intimidation ou le silence ne saurait prétendre à la pleine efficacité de son action », a-t-il souligné, appelant à briser le silence. M. Klévor a insisté sur l’importance de la prévention.
Le harcèlement peut s’installer progressivement derrière des comportements banalisés, tels que certaines plaisanteries, remontrances ou pratiques abusives. La formation vise ainsi à aider les participants à mieux identifier ces comportements et à reconnaître les situations susceptibles de devenir sources de souffrance. Il a également souligné l’importance d’une démarche inclusive, notamment en matière de harcèlement sexuel, afin de garantir une protection équitable aux femmes comme aux hommes.
Une responsabilité collective
La lutte contre le harcèlement relève, selon M. Klévor, d’une responsabilité collective et nécessite une réponse « structurée, coordonnée et durable ». Les participants sont ainsi appelés à renforcer leurs connaissances sur les mécanismes de prévention, d’écoute et de protection, ainsi que sur les réponses à apporter aux situations de harcèlement. M. Klévor a, enfin, salué la vision du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, qui a contribué à l’adoption de mesures visant à promouvoir un environnement professionnel sain et protecteur des droits des travailleurs.
Pour la responsable de la Cellule Genre, chargée de projet, Mme Gnimtou Djamiè, « Le capital humain constitue la première richesse de l’entreprise. Il est donc essentiel que les travailleurs connaissent les différentes formes de harcèlement, sachent les reconnaître et maîtrisent les mécanismes mis en place pour les protéger ». Elle a précisé que les deux jours de formation permettront, notamment de clarifier certaines notions souvent mal comprises, afin d’éviter de confondre le harcèlement avec d’autres situations professionnelles. L’enjeu, a-t-elle expliqué, est de permettre à chaque travailleur, femme comme homme, de savoir comment réagir face à une situation de harcèlement, de préserver sa santé mentale et de recourir aux dispositifs de protection disponibles.
Comprendre pour mieux lutter contre le harcèlement
Selon le formateur et juriste au « One Stop Center » de Lomé, M. Adamou Yendougou Kombaté, la lutte contre le harcèlement professionnel repose sur une bonne compréhension du phénomène et une prise en charge rigoureuse des victimes. Il a insisté sur l’importance d’analyser les faits, de vérifier les indicateurs et de réunir les preuves avant toute intervention. Rappelant le rôle des centres d’écoute et des « One Stop Center » de Lomé, Kara et Dapaong, destinés à assurer une prise en charge holistique des victimes de violences basées sur le genre, M. Kombaté a appelé à renforcer la formation, la sensibilisation et la prévention, pour promouvoir un milieu professionnel fondé sur le respect, la dignité et la tolérance zéro face aux violences et abus. Une ambition résumée à travers le slogan de la formation : « Digne, pro et intouchable ».
Patouani BATCHAMLA