Forum Biashara Afrika : Le PC Faure Gnassingbé appelle à l’action autour de quatre axes stratégiques
Les travaux de la 3e édition du Forum « Biashara Afrika », placés sous le thème, « Stimuler la transformation économique grâce à la Zone de Libre-Echange Continental Africaine (ZLECAf) » ont été ouverts le 18 mai 2026, au Palais des Congrès de Lomé, par le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé. Organisée par le Secrétariat de la ZLECAf et le Gouvernement togolais, cette rencontre met en évidence le rôle de la zone comme levier de développement industriel, d’expansion du commerce et de croissance économique durable à l’échelle du continent. Elle réunit, pendant trois jours, gouvernement, chefs d’entreprises, investisseurs et partenaires de développement autour des enjeux liés à l’intégration économique du continent.
La cérémonie d’ouverture a connu la présence de l’ancien président du Niger, champion de la ZLECAf, Issoufou Mahamadou, du président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, du président du Sénat, Barry Moussa Barqué. D’autres présidents d’institutions, des membres du gouvernement, investisseurs, représentants du secteur privé, établissements financiers et jeunes entrepreneurs africains, etc.

Issoufou Mahamadou, champion de la ZLECAf, reconnait le leaderhip clairvoyant du PC.
Le commerce intra-africain demeure, aujourd’hui, l’un des plus faibles au monde. Selon le rapport sur l’intégration africaine (2025), en 2023, les exportations intra-africaines ne représentaient que 15% du total des exportations africaines, contre plus de 60% dans l’Union européenne et 38% en Asie. Cette faiblesse observée s’explique par des contraintes structurelles telles que la fragmentation des marchés africains, l’existence de barrières tarifaires et non tarifaires ou encore la faible intégration des chaînes de valeur régionales.
Ces défis limitent la capacité des économies du continent à commercer entre elles, à transformer localement leurs ressources et à créer des emplois durables. Face à ce constat, la création d’une zone de libre-échange continentale a été perçue comme une nécessité stratégique pour le continent, afin de lever les obstacles au commerce, d’intégrer les marchés africains et de renforcer l’intégration économique du continent. Sa mise en œuvre permet à l’Afrique de s’engager dans la construction du plus grand marché intégré du monde, regroupant plus de 1,3 milliard de consommateurs et représentant un produit intérieur brut combiné de plus de 3.400 milliards de dollars.

Le SG Wamkele Mene, (…). L’avenir de l’Afrique ne viendra pas de l’extérieur
Malgré les avancées significatives enregistrées, la ZLECAf reste encore en phase de consolidation. Son plein potentiel ne pourra être atteint que si les acteurs économiques s’approprient les mécanismes et exploitent les opportunités. Or, nombre d’opérateurs économiques africains ne disposent pas encore d’une connaissance suffisante des règles de la ZLECAf, de ses instruments opérationnels ou encore des opportunités commerciales offertes. C’est pourquoi il est impératif de renforcer les actions de sensibilisation, d’information et de mise en relation des entreprises africaines.
Des initiatives, comme le forum d’affaires Biashara Afrika, portée par le Secrétariat exécutif, répondent précisément à cette nécessité. Après les deux premières éditions, tenues respectivement en Afrique du Sud, en 2023, et au Rwanda, en 2024, Bishara Afrika 2026, ouvert le 18 mai 2026, à Lomé, s’adresse, notamment aux PME/PMI, aux investisseurs, aux institutions privées et publiques ainsi qu’aux organisations professionnelles du secteur privé. Elle se veut résolument orienter vers l’action, en mettant l’accent sur des solutions concrètes, des partenariats structurants et leur mise en œuvre effectifs. Elle s’impose également comme une plateforme continentale stratégique visant à accélérer le passage de la politique à la pratique, promouvoir les investissements, renforcer les chaines de valeurs régionales, créer des opportunités commerciales et contribuer à l’élimination des obstacles persistants au commerce intra-africain. Ceci, à travers des conférences et panels thématiques sur les enjeux du commerce intra-africain, des sessions B2B et de réseautage, ainsi que des expositions.
Place au temps de l’exécution et des résultats
A l’ouverture de ce forum panafricain, le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, a souligné qu’après plusieurs années de négociations, la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine (ZLECAf) entre progressivement dans une nouvelle phase. Le temps des textes et des accords cède désormais la place au temps de l’exécution et celui des résultats. Pour ce faire, le Président du Conseil a partagé avec les invités quatre réflexions, dont la première consiste à transformer l’ambition politique de la ZLECAf en réalité économique concrète.
Selon lui, la réussite de la ZLECAf dépendra de la capacité collective à faire de cette ambition politique une réalité économique tangible. La deuxième réflexion, c’est de faire de la ZLECAf, un instrument de souveraineté économique et de résilience. La ZLECAf constitue ainsi bien plus qu’un accord commercial, elle est un véritable instrument de souveraineté économique continentale. Construire des chaînes de valeur régionales et faire émerger de puissants champions africains est le troisième point évoqué par le Président du Conseil. A son avis, la transformation économique du continent passera nécessairement par la construction de chaînes de valeur régionales compétitives et par l’émergence d’un secteur privé africain plus puissant.

Différentes personnalités à la loge officielle.
L’Afrique dispose d’atouts considérables : des ressources naturelles abondantes, une population jeune, un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs, ainsi qu’un fort potentiel dans l’agriculture, l’industrie, le numérique, l’énergie et les industries culturelles. La dernière réflexion porte sur comment faire de la ZLECAf un moteur d’opportunités pour les jeunes, les femmes et les PME. Pour le leader togolais, l’intégration africaine ne sera durable que si elle bénéficie concrètement à la jeunesse, aux femmes entrepreneures et aux petites et moyennes entreprises. Car, chaque année, des millions de jeunes Africains arrivent sur le marché du travail. Le défi de l’emploi est donc central pour la stabilité économique, sociale et politique du continent.
« La ZLECAf doit être conçue comme un projet de mobilité économique pour cette nouvelle génération. Elle doit permettre à davantage de jeunes entrepreneurs d’accéder aux marchés régionaux, aux femmes entrepreneures de s’intégrer aux chaînes de valeur continentales, aux PME de tirer parti des opportunités du commerce intra-africain », a-t-il fait valoir, en faisant ressortir que le Togo demeure pleinement engagé dans cette ambition continentale. Par sa position géographique, ses infrastructures logistiques et sa vocation de carrefour régional, le Togo entend contribuer activement à la construction du marché africain de demain. Une réalité approuvée par l’ancien président nigérien, Issoufou Mahamadou qui a félicité le PC pour son leadership et ses multiples initiatives en faveur du développement et de la paix dans la sous-région et dans les Grands Lacs.

Le Président du Conseil entouré d’autres personnalités.
L’Afrique ne doit plus dépendre excessivement des autres marchés
Pour le Secrétaire général de la ZLECAf, Wamkele Mene, la taille d’un pays ou de sa population ne détermine pas son succès. Ce qui transforme réellement l’ambition en réussite, c’est le leadership, la vision et la capacité à agir avec détermination. « Les défis liés aux infrastructures, au transport, à la logistique ou au financement du commerce sont réels. Mais ils ne doivent jamais affaiblir notre détermination à accomplir la mission historique de transformation économique de l’Afrique », a-t-il laissé entendre.
Pour lui, l’Afrique ne doit plus dépendre excessivement des autres marchés. Elle doit construire un marché continental fort, capable de soutenir son industrialisation, sa résilience économique et son développement à long terme. Le commerce intra-africain a atteint 220 milliards de dollars en 2024, enregistrant une hausse de 12,5% en un an. Ces chiffres, dit-il, prouvent que l’intégration économique africaine n’est plus une ambition théorique, mais une dynamique déjà en marche.
La ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement du Nigeria, Jumoke Oduwole, pour sa part, a relevé que l’avenir de l’Afrique ne viendra pas de l’extérieur. Il se construit, se négocie et se finance au sein même du continent par les Africains.
Alex TEYI
Yankolina M. TINGAENA
Komla GOKATSE