Fin de la conférence sur la nutrition des enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre
Après trois jours d’échanges d’expériences, les rideaux sont fermés, mercredi 13 mai 2026, à Lomé, sur la conférence sur des questions concernant la nutrition des enfants et son impact sur leur développement physique et cognitif. Les parties prenantes ont formulé des recommandations, qui constituent un véritable appel à l’action.
Lomé, la capitale togolaise, a réuni, du lundi 11 au mercredi 13 mai 2026, ministres, experts et partenaires du développement d’Afrique de l’Ouest et du Centre, à l’initiative du Groupe de la Banque mondiale, en partenariat avec le gouvernement togolais et d’autres partenaires. Au cœur des débats : le retard de la croissance qui touche encore 32,5% des enfants de la région et l’anémie qui affecte 65 millions de femmes en âge de procréer.

Participants à la cérémonie de clôture de la conférence
A travers les différents panels et communications, des experts, praticiens, et représentants des différents pays ont partagé leurs expériences et approches, en matière d’interventions communautaires, de plateformes de prestation de services, de systèmes de collecte et de gestion des données, de mécanismes de financement, ainsi que des défis à relever. Ce qui a permis de voir comment opérationnaliser, à grande échelle, la nutrition et le développement de la petite enfance, renforcer les plateformes de prestation de services et des capacités humaines, tout en promouvant les initiatives régionales qui garantissent la cohérence et l’appropriation pour accélérer les résultats. C’est pourquoi, à l’issue de la rencontre des recommandations sont formulées, allant de la mise à l’échelle des interventions à la sécurisation d’un financement durable et d’une coordination régionale. « Nous avons insisté sur l’urgence d’intégrer la nutrition et le développement de la petite enfance dans un paquet unique incluant santé, éducation, protection sociale et agriculture. L’allaitement exclusif, l’alimentation complémentaire, la stimulation précoce et le suivi prénatal doivent devenir la norme, pas l’exception. Il est aussi important de renforcer les systèmes et les ressources humaines, car la pénurie de personnel qualifié et la faiblesse des données freinent les progrès. Le séminaire recommande de former massivement les agents de santé communautaire et les éducateurs du préscolaire et de bâtir des systèmes d’information fiables pour piloter les politiques publiques. Seuls 4 pays sur 24 en Afrique de l’Ouest ont rendu le préscolaire obligatoire, alors que 30% des enfants n’y ont pas accès. Nous avons appelé les gouvernements à augmenter la part de leur budget consacrée à la nutrition et à la petite enfance, afin de réduire la dépendance à l’aide extérieure. La conférence plaide aussi pour une harmonisation des normes et un partage des bonnes pratiques en Afrique de l’Ouest et du Centre, avec une implication accrue du secteur privé et de la société civile », a laissé entendre Mme Marthe Augustine Kirimat, ministre centrafricaine, qui résume ainsi les conclusions de la rencontre. Des idées fortement partagées par les partenaires comme le PAM, la Banque mondial, les systèmes des Nations Unies.
Malgré l’ampleur des défis, il y a des de ressources
« Investir dans la nutrition maternelle et la petite enfance, c’est poser les fondations d’une croissance durable », a fait valoir M. Antonius Tony Verheijen, représentant du groupe de la Banque mondiale.
En clôturant la conférence, Mme Martine Moni Sankarédja, ministre des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance, a fait valoir que les initiatives innovantes présentées au cours de la conférence rappellent que, malgré l’ampleur des défis, il y a des de ressources, les expertises et les connaissances disponibles qu’il faut mobiliser, afin de bâtir un capital humain solide, gage d’un développement durable.
« Les propositions issues des sessions techniques et inscrites dans les plans d’action permettront de lever les goulots d’étranglement et de faire du continuum de soins pour la nutrition et le développement de la petite enfance une réalité dans nos pays. Pour y parvenir, il s’avère nécessaire de renforcer la coopération Sud-Sud et de développer des mécanismes innovants de mobilisation des ressources domestiques. Que ce soit au niveau local, national ou régional, nous devons unir nos forces, afin de créer des synergies et garantir la mise en œuvre effective des politiques de nutrition et de développement de la petite enfance. A cet effet, chaque petit pas compte », a-t-elle exhorté. Car à son avis, les programmes mis en place, aujourd’hui, auront un impact durable sur les générations futures. L’appel à l’action issu de la rencontre constitue ainsi un point de départ pour des décisions fortes, visant à relever les différents défis, au grand bénéfice des enfants.
Yankolina M. TINGAENA