M. Akaya (milieu) a ouvert l’atelier.

« Bonne gouvernance financière » au Togo :Après 4 ans d’exercice, le projet clôturé sur fond de résultats jugés satisfaisants

Le gouvernement togolais et la Coopération allemande ont officiellement lancé, mardi 19 mai 2026, à Lomé, l’atelier de clôture du Projet Bonne Gouvernance Financière/Good Financial Gouvernance (GFG), mis en œuvre par la GIZ, avec le financement allemand. Modernisation de la gestion publique, amélioration de la mobilisation des recettes et renforcement des organes de contrôle figurent parmi les principaux acquis mis en avant lors de la rencontre.

Les parties prenantes au projet.

Le projet Bonne Gouvernance Financière (GFG), financé par l’Allemagne à hauteur de 9,5 millions d’euros soit 6.231.591.500 FCFA et exécuté par la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ), s’achève sur des résultats jugés satisfaisants par les autorités togolaises, après quatre années de mise en œuvre. L’atelier de clôture, qui a réuni, mardi 19 mai 2026, les différentes parties prenantes, a permis de rappeler les différentes composantes, de présenter les résultats et acquis du projet, de même que les témoignages.

Cette clôture a été anticipée, pour permettre aux participants de procéder à la validation des acquis, de formuler les dernières recommandations et de consolider les actions engagées, avant la fin définitive du programme, prévue officiellement pour le 30 juin 2026. Ce, conformément aux conclusions des négociations bilatérales germano-togolaises, tenues en novembre 2025 à Berlin. Le projet GFG, qui s’inscrit dans la dynamique de modernisation de l’action publique portée par la feuille de route gouvernementale, 2020-2025, a accompagné les efforts du Togo en matière de transparence budgétaire, de performance publique et de mobilisation des ressources internes.

Les acquis du projet

Dans son exposé, le chef de projet à la GIZ, M. Magloire Bawénao Adzoké, a dressé un bilan qui note des avancées significatives, notamment : le renforcement des capacités des acteurs bénéficiaires, l’amélioration de la mobilisation des ressources de l’Etat, ainsi que le développement d’outils numériques au profit des institutions partenaires. Ces résultats, aujourd’hui à un taux de réalisation de 95%, ont contribué à une meilleure articulation entre la planification, la programmation, l’exécution et le suivi-évaluation des politiques publiques. Ils ont renforcé l’efficacité du système de suivi des réformes au moyen d’outils numérisés et participatifs intégrant la gestion des réformes axée sur les résultats et intégrant les aspects de genre : la mobilisation des recettes fiscales à travers l’optimisation de la gestion des risques liés au système fiscal et l’élargissement de l’assiette fiscale, ainsi que l’efficience du contrôle des finances publiques.

Le projet a aussi permis de consolider les capacités des organes de contrôle interne et externe des finances publiques. Ceux-ci disposent désormais d’outils plus performants pour garantir davantage de transparence et de crédibilité dans la gestion budgétaire.

En ouvrant les travaux, au nom du ministre, le secrétaire général du ministère des Finances et du Budget, M. Kpowbié Akaya, a souligné que les avancées obtenues participent au renforcement de la soutenabilité budgétaire et de l’autonomie financière de l’Etat. « La qualité des résultats obtenus a été saluée par une évaluation réalisée selon les standards internationaux de l’OCDE, qui a attribué au projet une note de 81 sur 100 », a-t-il renseigné.

Poursuivre les réformes structurelles pour assainir les finances publiques

Dans un contexte économique marqué par des ressources limitées et des crises multiples, il a réaffirmé la volonté du gouvernement de poursuivre les réformes structurelles engagées, afin d’assainir les finances publiques et d’améliorer le climat des affaires. Selon lui, « les réformes des finances publiques vont au-delà des simples ajustements techniques. Elles constituent un levier stratégique de transformation de l’Etat et d’amélioration de la qualité des services publics offerts aux citoyens ». Les autorités, a-t-il poursuivi, entendent désormais assurer la pérennisation des outils développés, le maintien des compétences acquises et la continuité des dynamiques de modernisation engagées.

Au nom du gouvernement, M. Akaya a adressé ses remerciements à l’Allemagne, à la GIZ, aux institutions nationales impliquées, ainsi qu’à l’ensemble des partenaires, pour leur engagement en faveur du développement économique et institutionnel du Togo.

Le chef de Coopération à l’Ambassade d’Allemagne, M. Johannez Klotz, a indiqué que le projet Bonne Gouvernance Financière (BGF) a été conçu dans le cadre du partenariat stratégique pour les réformes entre le Togo et l’Allemagne, répondant à l’initiative Compact with Africa.  Aussi, a-t-il réaffirmé l’engagement de la Coopération allemande à appuyer le gouvernement dans la consolidation des acquis, afin d’accompagner la continuité des réformes et de soutenir l’amélioration de la gouvernance financière, en se basant sur des perspectives claires. Désormais, le focus est mis sur le développement territorial intégré, visant à rendre les territoires plus attractifs aux investisseurs privés, pour accroitre l’offre de services locaux. Il s’agira, plus concrètement, d’un appui à la promotion du développement local durable inclusif et à la dynamisation de la gouvernance financière des communes et régions des savanes et de la Kara.

A noter que le projet GFG initié dans le cadre de la mise en œuvre du partenariat germano-togolais pour les réformes a été conclu en juillet 2021. Il soutient la « modernisation du pays à travers des institutions efficaces, responsables et transparentes à tous les niveaux » (ODD 16).

Patouani BATCHAMLA

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