A la veille du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du Togo, des offices religieux ont été organisés à l’échelle nationale, afin de rendre grâce à Dieu pour ses bienfaits en faveur du peuple togolais, lui confier les festivités nationales et l’avenir du pays. Ainsi, dans le Grand Lomé, une messe catholique a été célébrée, dimanche 26 avril 2026, à l’église Notre Dame de Rédemption de Bè-Klikamé, de même qu’un culte protestant à l’Eglise Evangélique presbytérienne du Togo, Temple Agoè-Nyivé centre. Vendredi 24 avril déjà, la Mosquée centrale a accueilli une prière musulmane.
Le Togo a célébré le 27 avril 2026, le 66e anniversaire de son indépendance. Pour l’occasion, une messe a été dite, dimanche 26 avril 2026, à la paroisse Notre Dame de la Rédemption de Bè-klikamé. Cette messe concélébrée et présidée par le curé de ladite paroisse, le père Désiré Kpodar, a réuni les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, des membres du gouvernement, autorités militaires, administratives et diverses autres personnalités, aux côtés de nombreux fidèles venus exprimer leur reconnaissance à Dieu pour ses bienfaits dans la vie du Togo et de son peuple.

Membres du gouvernement, de l’Assemblée Nationale, du Sénat et autres personnalités à la messe
Au cours de cette célébration eucharistique, les textes liturgiques (Act. 2, 14a.36-41 ; Ps 23 ; 1P. 2,20b-25 et l’Evangile de Jn. 10, 1-10) ont rappelé que le Christ se révèle comme le bon berger, le bon pasteur qui connaît ses brebis et les conduit avec sollicitude. S’inspirant de ces textes, le Rév.père David Douti, vicaire de la paroisse, a relevé que toute véritable liberté vient de Dieu et célébrer la fête de l’indépendance revient à remercier Dieu. « L’indépendance est donc un grand don de Dieu. Dieu nous appelle à une liberté plus profonde. La liberté du cœur qui rend capable d’aimer, de pardonner, de construire ensemble et de marcher, main dans la main, comme voudrait le pasteur des brebis, Jésus Christ », a-t-il dit.
Pour le père Douti, les vertus auxquelles Jésus appelle les Togolais sont la liberté, l’union et la paix. Et ces vertus engagent la responsabilité de tout un chacun. Etre libre ne veut pas dire, vivre comme l’on veut, vivre sans règle, mais cela veut dire vivre en respectant les lois et les règles de la vie, de la République. 66 ans après l’indépendance, chaque Togolais doit se poser une question. « Que faisons-nous de notre liberté, de notre indépendance ? La libertédevient sainte, quand nous nous mettons tous au service du bien commun, chacun à son niveau. Autorités, citoyens, chacun doit faire sa part », a-t-il dit. Plus encore, a confié l’officiant, l’indépendance n’est pas qu’un souvenir, c’est une mission et chaque citoyen est appelé à être un missionnaire de la paix, de la cohésion, du travail bien fait, du développement, etc. « C’est ainsi, chers frères et sœurs, que notre commune indépendance portera du fruit, des fruits et de très bons fruits pour notre pays. Confions notre nation au Seigneur. Que le Seigneur Jésus Christ bénisse le Président du Conseil, les membres du gouvernement, toutes les autorités, chaque famille togolaise, ainsi que toutes les familles qui vivent dans notre pays. Que la Vierge Marie, mère du bel amour, veille sur le Togo. Dieu nous a donné l’indépendance pour que nous devenions un peuple uni et fraternel. Que notre amour grandisse. Amen ! », a-t-il prié.

Le RP David Douti lors de son homélie.
Les fidèles appelés à s’identifier au vrai berger lors du culte protestant
Le culte protestant a rassemblé, le dimanche 26 avril 2026, les fidèles de l’Eglise Evangélique Presbytérienne du Togo, temple d’Agoè-Nyivé Centre, pour invoquer la sagesse divine pour les dirigeants du pays, le développement, la prospérité et la réussite des manifestations entrant dans le cadre de la 66e commémoration de l’indépendance nationale. On comptait parmi les participants, le président de l’Assemblée nationale, Komi Selom Klassou, représentant le Président du Conseil, des membres du gouvernement, des députés, sénateurs, autorités civiles, militaires et traditionnelles.

Le Pasteur Klo-Kudzu dans sa prière de bénédiction.
Pivotant autour du thème « Reviens au bon berger et participe à la vie communautaire », le culte, dirigé par l’inspectrice pasteur Awenam Klo-kudzu, a pour soubassement des textes tirés des Actes des Apôtres chapitre 2, versets 42-47 ; 1 Pierre 2 :19-25 et Jean 10 : 1-10. Dans son homélie, le célébrant a mis l’accent sur la vie axée sur la communion fraternelle et de partage de biens, permettant d’éviter des clivages sociaux, l’ethnocentrisme et la discrimination, afin qu’il règne dans les communautés l’amour et la pratique des bonnes œuvres. Elle a rappelé aux fidèles le parcours douloureux de Jésus jusqu’à la croix, une épreuve qui doit servir d’aiguillon pour chaque individu, « car rien n’est éternel sous les cieux, chaque chose a son temps et seule la gloire de Dieu est éternelle ». Elle appelle les fidèles à s’identifier au vrai berger, en contraste des faux, utilisant l’image de la bergerie pour nourrir leurs intérêts égoïstes, « alors que la responsabilité est de paître le troupeau du Seigneur ». Le pasteur exhorte à cultiver, aussi bien chez les fidèles qu’au niveau de la nation, l’amour, la paix, la stabilité et le vivre ensemble, surtout le pardon.

Le PA, Pr Klassou (à droite, 1er plan) et des membres du gouvernement aux côtés des fidèles
« Nous, en tant qu’église, retournons à la communauté, arrêtons d’être des chrétiens du dimanche. Engageons-nous, visitons-nous, disons la vérité, pardonnons-nous, prions les uns pour les autres. Nous, en tant que citoyens, nous ne construirons jamais une nation forte, si nous ne reconnaissons pas nos torts ou si nous répondons au mal par le mal. Revenir au bon berger, c’est accepter d’entrer dans son école du pardon et de la justice. C’est lui qui nous rend capables de nous asseoir à la même table avec celui qui nous a blessés pour bâtir l’avenir. L’indépendance, sans guérison intérieure, devient une guerre civile froide. Il y a 66 ans, nous avons brisé les chaînes extérieures. Aujourd’hui, le bon berger nous appelle à briser les chaînes intérieures. Le projet de Dieu pour le Togo n’est pas la survie, c’est la vie en abondance. Une brebis togolaise seule est en danger. Un troupeau togolais divisé est faible, mais un troupeau togolais uni sur la voie du berger devient une nation que personne ne peut égorger », a prodigué le berger Awenam Klo-Kudzu.
La célébration confiée à la miséricorde d’Allah

Le président du Sénat Barqué (4e de la droite au 1er plan) entouré d’autres personnalités à la prière musulmane.
A la mosquée centrale de Lomé, la prière musulmane a été dite, vendredi 24 avril 2026, en présence du président du Sénat, Barry Moussa Barqué. Cette manifestation de foi a réuni autorités religieuses, membres du gouvernement, personnalités administratives, politiques et militaires, ainsi que des gardiens des us et coutumes, venus témoigner leur reconnaissance à Allah, pour sa miséricorde et confier la célébration de l’indépendance à sa destinée. Dans une atmosphère de recueillement et de ferveur, les imams ont dirigé des invocations en faveur de la paix, de la stabilité et de l’unité nationale. Les fidèles ont imploré la bénédiction divine sur le Togo, afin que la célébration de l’indépendance se déroule dans la sérénité et la concorde.
La lecture des sourates Al-Imran, Al-Fatiha et Al-Ikhlas a marqué ce moment de dévotion. Les guides religieux ont rappelé l’importance de l’unité et de la foi comme fondements essentiels d’un avenir harmonieux et prospère. Ils ont également multiplié les supplications, demandant la guidance et l’assistance divine pour le pays.
L’imam principal de la Mosquée centrale de Lomé, Zakari Agoro, ainsi que le président préfectoral de l’Union Musulmane du Togo (UMT), section Golfe, ont insisté sur l’unicité absolue d’Allah et invité les fidèles à glorifier son nom. L’imam Agoro a notamment rappelé un enseignement coranique selon lequel, « Lorsque vous êtes reconnaissants envers moi, je vous élèverai ». S’inspirant de cette sourate, il a demandé à l’assistance d’être toujours reconnaissante à Dieu et de le louer à jamais.
Des bénédictions particulières ont été adressées aux dirigeants du pays, appelés à gouverner avec sagesse, justice et équité, pour le bien-être de tous. Les imams ont alors prié pour la santé, la clairvoyance et l’inspiration des autorités, avec à leur tête le Président du Conseil.
Dans son mot de circonstance, le président de l’UMT, El Hadj Inoussa Bouraïma, a salué la dynamique démocratique et les perspectives économiques positives du Togo en 2026. Il a appelé à la cohésion sociale, au vivre-ensemble et à l’unité autour de la vision nationale promue par le Président du Conseil, lors de son adresse à la nation, tout en exhortant les citoyens à prier pour la paix et à lutter contre l’extrémisme et le terrorisme par la tolérance et la solidarité.
Zeus POUH-PEKA
Mélissa BATABA
Patouani BATCHAMLA
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