Le cinéma est à l’honneur à Lomé, à l’occasion de la 9e édition du Festival International du Film du Togo (FIFTO). Véritable creuset de valorisation et de promotion du 7e art au Togo, cette édition se déroule sous le thème « Raconter nos réalités : le cinéma africain en langues locales et récits quotidiens », avec le Sénégal et la Chine comme pays invités d’honneur. Ouvert au cours d’une cérémonie, mardi 14 avril 2026, ce festival a au menu une compétition de 33 films et documentaires présentés par différents pays.

Après une année de production, d’efforts et de sacrifices, les acteurs du cinéma du Togo et ceux d’autres pays se retrouvent à Lomé pour célébrer leur art, à travers le Festival International du Film du Togo (FIFTO) qui est cette année à sa 9e édition. Une kyrielle d’activités sont inscrites au programme de cette édition qui se propose de valoriser les langues endogènes, conformément à son thème « Raconter nos réalités : le cinéma africain en langues locales et récits quotidiens ». Le top départ de ce rendez-vous a été donné, mardi 14 avril 2026, lors d’une cérémonie permettant de dévoiler l’alléchante répartition des manifestations.
Durant cinq jours, le FIFTO déploiera son ombrage sur six lieux différents, dont le Centre Togolais des Expositions et Foires (CETEF), l’Institut Français du Togo, la Maison TV5 Monde, la Fondation Julio Teko, le Centre National du Cinéma et de l’Image animée (CNCIA), le terrain du Lycée Agoè-Nyivé, où se dérouleront les projections de films, un master class, des prestations artistiques et culturelles. Il est aussi prévu une signature de convention de coproduction entre le Togo et le Sénégal, une sortie touristique, une soirée de récompense et de remise de prix, de même qu’un hommage aux professionnels des métiers de l’ombre.

Eustache lors de sa prestation
Le délégué général du FIFTO, M. Essohanam Awesso, a expliqué que pour cette édition, ce sont trente-trois films, fictions et documentaires qui sont en compétition, avec des participants venus du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Gabon, du Sénégal, de la France et du Togo. Un tout concentré dans la vision de valoriser les œuvres et les talents émergents, dans un carrefour d’échanges entre professionnels de différents horizons. Des formations en techniques de maquillage au cinéma au bénéfice de dix maquilleuses et la création cinématographique au profit de dix scénaristes et réalisateurs en début de carrière permettront de jeter de nouvelles rampes, a-t-il expliqué.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par les prestations artistiques, dont celles d’Eustach Kamouna de la compagnie Kadam Kadam avec ses masques lumineux et marionnettes géantes, de Kia Loum du Sénégal et de la troupe de la communauté chinoise au Togo. La projection du film Kendra a permis de donner à l’assistance un avant-goût, suivie d’un concert de clôture de la soirée.

La sénégalaise Kia Loum
Le film porte la mémoire, l’émotion et la chaleur d’une culture
En donnant le top départ de la 9e édition du FIFTO, le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, M. Isaac Tchiakpé, a relevé l’importance qu’accorde le gouvernement au cinéma, comme un pilier du développement social et économique. Selon lui, le thème retenu invite à s’abreuver à la source du patrimoine linguistique et des réalités socioculturelles, afin de contribuer à asseoir une industrie cinématographique authentique, profondément ancrée dans les racines ancestrales. Le ministre Tchiakpé a salué la confiance de la Chine, à travers son ambassade, grâce à qui le FIFTO se mue en un festival d’envergure internationale.
L’ambassadeur de Chine au Togo, Mme Wang Min, a relevé, à l’occasion, que cette année marque l’Année sino-africaine des échanges humains et culturels, une occasion importante pour les deux parties de renforcer la compréhension mutuelle par le rapprochement des cultures et de préserver l’amitié traditionnelle. Ainsi, pour Mme Wang Min, en tant que pays invité spécial à cette édition du FIFTO, « Nous espérons faire du film un pont pour que les amis du Togo et de différents pays africains puissent découvrir une Chine réelle, multidimensionnelle et complète ».
Elle a souligné que le film porte la mémoire, l’émotion et la chaleur d’une culture. De même, les échanges et l’inspiration mutuelle entre les civilisations constituent une impulsion essentielle pour le progrès de l’humanité et la paix mondiale. A cet effet, le FIFTO sert d’un lien favorisant le renforcement de la compréhension et la création du consensus entre les peuples sino-africains, a indiqué l’ambassadeur Wang Min, en souhaitant plein succès à ce festival.
Pour sa part, le secrétaire du ministère sénégalais de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, M. Babacar Bâ, au nom de son ministre et de son pays, a exprimé sa gratitude au Togo, pour le choix porté sur le Sénégal comme pays invité, de même que la convention de coproduction qui liera les deux pays pour permettre une envolée des productions africaines.
Mawuto Clairbonheur ADJIGNON
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