Une réunion d’information et de sensibilisation des chercheurs en bioscience et sciences omiques sur la mise en œuvre du protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation (APA) s’est tenue, le 15 avril 2026, à l’Université de Lomé. Organisée par le ministère de l’Environnement et des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, cette rencontre vise à mettre à la disposition de ces acteurs des informations pertinentes sur le protocole de Nagoya et son importance pour le pays, en vue d’une élaboration d’un premier rapport national sur ce protocole.

Les participants lors des travaux.
Le Togo a ratifié le protocole de Nagoya sur l’accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation (APA), le 09 février 2016. Cette ratification a ouvert la voie à la mise en place d’un cadre national opérationnel prenant en compte toutes les ressources génétiques du Togo, y compris les formes microbiennes.
L’objectif principal du protocole de Nagoya est d’établir un cadre juridique international contraignant, pour favoriser l’accès aux ressources génétiques et le partage des avantages, de manière à encourager la bio-innovation et à lutter contre les appropriations illicites par le biais des droits de propriété intellectuelle.
Pour atteindre cet objectif, le protocole fait obligation à chaque Etat partie de prendre des mesures d’ordre politique, juridique, administratif et technique, en vue de favoriser l’accès aux ressources génétiques se trouvant sur son territoire, tout en s’assurant que leurs utilisateurs partagent, d’une façon juste et équitable, les avantages qui en découlent. C’est dans ce sens que le ministère en charge de l’Environnement a organisé, le 15 avril 2026, à Lomé, une réunion d’information et de sensibilisation à l’intention des chercheurs en bioscience, sciences omiques et laboratoires de bio-innovation, sur la mise en œuvre de ce protocole.
La rencontre a permis aux participants de domestiquer suffisamment le contenu du protocole, en comprenant ses exigences et avantages dans le développement scientifique. A la suite de ces travaux, des propositions et suggestions permettront aux acteurs du ministère de l’Environnement d’élaborer un premier rapport national APA.
Des textes juridiques, pour favoriser une mise en œuvre effective de ce protocole
A l’ouverture des travaux, l’inspecteur général de l’Environnement, des Ressources forestières et du Littoral, Lt-Col. Essodina Konzahou, a précisé que bien que le Togo ait ratifié, depuis 10 ans, le protocole de Nagoya, le pays ne tire pas suffisamment ou presque pas les avantages découlant de la valorisation de ses ressources génétiques et des connaissances traditionnelles associées. Au même moment, bon nombre de chercheurs des universités et centres de recherche du pays éprouvent encore des difficultés pour échanger le matériel génétique avec les laboratoires étrangers, du fait de l’absence d’une réglementation nationale encadrant les contrats de transfert des ressources génétiques vers les pays du Nord, notamment pour les analyses de séquençage génétique.
Conscient de cette situation, le gouvernement s’engage à adopter des textes juridiques, pour favoriser une mise en œuvre effective de ce protocole. Car l’absence de textes juridiques porte, non seulement préjudice aux bio-prospecteurs, y compris les chercheurs togolais, mais constitue également un manque à gagner pour l’économie togolaise. « En effet, les obligations de partage des avantages monétaires et non monétaires liées à l’utilisation des ressources génétiques du Togo sont des opportunités à saisir, pour renforcer la conservation de notre biodiversité », a précisé Lt-Col. Konzahou.
La directrice des Ressources forestières, Dr Lydia Amah Atutonu, pour sa part, a expliqué que le protocole de Nagoya exige de chaque partie prenante des rapports périodiques sur l’état de l’utilisation de sa biodiversité. « La réunion de ce jour est organisée dans le cadre de l’élaboration d’un 1er rapport qui s’élabore concomitamment avec le 7e rapport national sur la biodiversité. Ce 1er rapport doit présenter la situation actualisée sur les mesures législatives, administratives et opérationnelles prises par le Togo, pour assurer l’accès et le partage des avantages découlant de l’utilisation de ses ressources génétiques, depuis l’élaboration, en 2018, du rapport intérimaire de mise en œuvre du Protocole de Nagoya par le Togo », a-t-elle relevé.
Alex TEYI
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