Travaux de protection de la côte togolaise : L’administrateur de la Banque mondiale visite les réalisations à Aného
En séjour au Togo, l’administrateur de la Banque Mondiale, M. Harold Tavares, a effectué, samedi 23 mai 2026, une visite des travaux de protection côtière du segment Gbodjomé-Agbodrafo-Goumoucopé, y compris le comblement des bras lagunaires morts d’Aného. Accompagné du ministre de l’Environnement et des Ressources forestières, de la Protection côtière et du Changement climatique, Pr Dodji Komla Kokoroko, des responsables du projet Waca Resip et des autorités locales, cette tournée lui a permis de toucher du doigt le travail abattu, pour freiner l’érosion côtière et les inondations dans cette zone.

Les travaux de comblement des bras lagunaires morts d’Aného
Depuis 2018, le groupe de la Banque Mondiale appuie le Togo dans la gestion de sa côte, en particulier dans la lutte contre l’érosion côtière et les inondations, à travers le projet d’investissement de résilience des zones côtières en Afrique de l’Ouest (WACA Resip). Aujourd’hui, grâce aux travaux réalisés, dans le cadre de ce projet, les populations riveraines vivent dans la quiétude et les activités économiques reprennent vie.
En séjour au Togo, l’administrateur de la Banque Mondiale, M. Harold Tavares, à la tête d’une délégation, a visité, samedi 3 mai 2026, les travaux déjà réalisés et les chantiers en cours. La délégation a successivement visité le segment de la côte Gbodjomé-Agbodrafo-Goumoucopé, ainsi que le comblement en cours des bras lagunaires morts d’Aného. Cette visite leur a permis de constater de visu le travail fait et ses impacts positifs sur la vie de la population de la zone.
A l’issue de cette tournée, M. Tavares a précisé que c’est la toute première fois qu’il visite le Togo et ça a été une opportunité pour lui de constater le projet que son institution et le gouvernement togolais mettent en place, pour permettre de réduire les effets de l’érosion côtière. « Vous savez que le changement climatique provoque l’élévation du niveau des océans et cela entraine la dégradation de nos côtes. Et la Banque Mondiale, dans sa politique met des moyens pour aider les Etats à lutter contre l’érosion côtière. Les travaux réalisés permettent d’avoir un impact à long terme dans la protection des côtes et au-delà, cela crée de l’emploi, parce que les côtes deviennent des zones attractives », a souligné M. Tavares.
Il a renseigné que WACA est un projet qui comporte plusieurs sous-projets, allant de la protection côtière au bien-être des populations riveraines. « Je suis très content de voir déjà les retombées de ce projet dans la vie des communautés. C’est le lieu de féliciter le gouvernement togolais et les autorités locales, pour la bonne gestion de ce projet », s’est-il exprimé.

Les épis entreposés pour freiner l’érosion côtière.
Des travaux qui redonnent vie aux communautés
Le coordonnateur du projet WACA, Dr Adou-Rahim Allimi Assimiou, a rappelé que ce projet a été mis en place, pour apporter des réponses aux effets des aléas climatiques. « Sur la question de l’érosion côtière, je ne vous dirai pas toute la désolation que cela créait. Parce qu’avant que WACA n’intervienne, les populations vivaient dans une certaine psychose. Elles avaient peur que la mer n’entre un jour dans leurs maisons. Maintenant, avec l’intervention du projet et les ouvrages mis en place, les données ont changé. La protection côtière a permis de stabiliser cette érosion, tout en permettant de développer un certain nombre d’activités génératrices de revenus. En dehors de cette protection, nous avons aussi appuyé les communautés de pêcheurs, de mareyeurs et de maraîchers, qui étaient impactées par ce phénomène », a-t-il relevé.
S’agissant du comblement des bras lagunaires morts d’Aného, le coordinateur a indiqué que c’est plus de 10 hectares qui sont aménagés, pour permettre aux communautés de les utiliser à des fins récréatives. « Au niveau de la mairie, nous avons renforcé le service de la voirie, avec des équipements qui permettent d’assurer la propriété de la ville et la collecte des ordures, ainsi que leur traitement », a précisé Dr Adou-Rahim Allimi Assimiou.
« Nous sommes sur la plage de la mairie et s’’il n’y avait pas eu ce projet, il n’y aurait plus de mairie aujourd’hui. Parce qu’avant, en temps de marée haute, on recevait très souvent la visite de la mer dans la cour de la mairie », a souligné Me Alexis Aquéréburu, maire des Lacs 1.
Selon lui, ce projet a profondément transformé le quotidien de la ville et de ses habitants. Il a permis d’arrêter l’avancée de la mer, tout en créant des activités génératrices de revenus tout le long de la plage.
Pour rappel, le projet WACA ResIP vise à renforcer la résilience des communautés côtières, face aux risques naturels et anthropiques dans six pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Togo.
Alex TEYI