Photo souvenir des panélistes au terme de leurs exposés

Transport aérien africain : Les défis liés au fret et à la mobilité au cœur des réflexions de la 2e journée hier

Les travaux de la 2e journée de la Convention et Exposition africaines du transport aérien ont démarré dans la matinée du 16 juin 2026, par deux communications sur le « Fret, logistique et infrastructures : laboratoire de travail consacré au développement du fret aérien et des corridors logistiques » et sur la « Mobilité fluide et facilitation du transport aérien ». Les échanges ont permis d’examiner les principaux obstacles à surmonter pour améliorer le fret aérien et fluidifier le transport aérien sur le continent.

Au cours des échanges, responsables institutionnels, professionnels de l’aviation civile, gestionnaires d’aéroports et opérateurs logistiques ont souligné que le développement du commerce intra-africain et la réussite de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) passent inévitablement par des chaînes logistiques performantes et des infrastructures modernes. Bien que le fret aérien représente un segment stratégique pour le transport des produits à forte valeur ajoutée ou périssables, il reste confronté à de nombreux défis sur le continent.

 Experts et participants ont suivi avec intérêt les thèmes abordés.

Les experts ont notamment évoqué l’insuffisance des infrastructures aéroportuaires dédiées au fret, le manque de connectivité entre les différents modes de transport, les lourdeurs administratives et douanières, ainsi que la faiblesse des investissements dans les équipements logistiques. À cela s’ajoutent la fragmentation des réglementations entre les Etats et le déficit de formation spécialisée dans les métiers du fret et de la logistique. Face à ces contraintes, plusieurs pistes de solutions ont été avancées.

 Les intervenants ont recommandé une modernisation des infrastructures, avec la construction de terminaux de fret adaptés, le développement d’entrepôts modernes et de chaînes de froid, ainsi que l’aménagement des plateformes multimodales reliant efficacement les aéroports aux ports maritimes et aux réseaux routiers et ferroviaires.

Les participants ont également plaidé pour la mise en place de véritables corridors logistiques régionaux, capables de fluidifier les échanges entre les pays africains, tout en réduisant les coûts et les délais de transport. Pour eux, une meilleure coordination entre les Etats, associée à l’harmonisation des procédures douanières et à la digitalisation des formalités administratives, permettrait d’améliorer considérablement la compétitivité du fret aérien africain. La nécessité de renforcer les partenariats public-privé a aussi fait l’objet des débats.

Lors des échanges, le ministre marocain du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, s’est félicité de cette initiative qu’il qualifie de cadre privilégié de concertation entre les grands décideurs de l’aviation africaine. Il a salué l’engagement du Togo en faveur de l’ouverture du ciel africain à travers le Marché unique du transport aérien en Afrique (MUTAA) et son ambition d’étendre cette dynamique au fret aérien. A l’endroit des Etats africains, le ministre a lancé un appel à une plus grande intégration du secteur aérien. Selon lui, « la seule issue est d’ouvrir le ciel africain aux compagnies africaines, afin de permettre aux passagers de voyager dans des conditions de sécurité, de confort et à des prix raisonnables ».

La technologie au service de la mobilité fluide et de facilitation

« Mobilité fluide et facilitation du transport aérien » est le 2e panel débattu. Ce panel vise à passer d’une logique de contrôle systématique à une culture de continuité numérique, tout en levant les barrières administratives et des visas qui freinent la libre circulation.

 En effet, la problématique de la mobilité fluide et de la facilitation du transport aérien en Afrique repose sur un paradoxe. Selon les panélistes, le continent affiche une prévision de croissance du trafic aérien de 60% en 2026, soit un taux supérieur à la moyenne mondiale. Cependant, ce trafic ne génère que 1,3% des bénéfices nets mondiaux du secteur. Cette situation est due aux blocages structurels, fiscaux et réglementaires.

 Les experts-exposants expliquent que beaucoup de pays protègent encore leurs compagnies au détriment d’accords de libre-échange aérien. De même, ces pays appliquent des taxes et redevances aéroportuaires exorbitantes. On note également un déficit d’infrastructures et de maintenance en Afrique où beaucoup d’aéroports modernes ne sont pas capables de fluidifier de gros volume de passagers et de fret.

 Pour faire face à cette situation, les panélistes proposent des solutions technologiques destinées à fluidifier le parcours des passagers et le traitement du fret, la numérisation des formalités de voyage et la biométrie. Il faut également harmoniser les systèmes de contrôle douanier. Pour les experts-panélistes, tous ces outils sont indispensables pour réduire le temps d’attente au sol. Ils se sont réjouis de ce partage d’expériences, tout en réitérant leur engagement accru envers l’ouverture des visas, la facilitation et le voyage numérique.

Pour rappel, ces travaux de la Convention et Exposition Africaines du Transport Aérien (CEATA) sont ouverts, lundi à Lomé, par le Président du Conseil (PC) Faure Essozimna Gnassingbé, en présence du Président rwandais Paul Kagamé.

 A l’occasion, le Président du Conseil a partagé quatre convictions en vue de relever les défis liés au transport aérien africain. De l’avis du PC, le ciel unique africain doit passer de l’engagement politique à la réalité opérationnelle. Il estime que la connectivité aérienne ne sera utile que si elle devient plus accessible et plus compétitive. Pour lui, le transport aérien doit être mis au service de la transformation productive du continent. Dans un contexte de compétitivité accrue, l’Afrique doit construire une base aéronautique plus solide, plus innovante et plus durable.

  A noter que les travaux se poursuivent jusqu’au 19 du mois courant.

Bernadette A. GNAMSOU

Firmin DEFALEONA

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