Le ministre Adjourouvi (au milieu) a posé avec les membres de l’ARINWA).

Recouvrement des Avoirs d’Afrique de l’Ouest : L’ARINWA en mission de plaidoyer pour la création d’une structure nationale au Togo

Dans le cadre d’une tournée régionale de sensibilisation et de plaidoyer, M. Mor Ndiaye, président du Réseau  Inter agences de Recouvrement des Avoirs d’Afrique de l’Ouest (ARINWA)  et directeur général de l’ONRAC Sénégal, a conduit, le lundi 29 juin 2026 à Lomé, une mission de 24 heures auprès des plus hautes autorités judiciaires et exécutives du Togo. Cette mission vise à  mobiliser les Etats membres, dont le Togo, en faveur de la création de structures nationales dédiées au recouvrement des avoirs criminels.

Le ministre Adjourouvi (1er de la gauche au fond) lors des échanges avec la délégation de l’ARINWA (en sa face).

Les flux financiers illicites représentent un défi majeur pour l’Afrique de l’Ouest. Chaque année, des milliards de dollars issus du trafic de drogues, de la corruption et d’autres formes de crimes organisés transitent par des systèmes financiers régionaux, compromettant la stabilité économique et l’intégrité des Etats. Face à ce constat, le Réseau  Inter agences de Recouvrement des Avoirs d’Afrique de l’Ouest (ARINWA), crée pour coordonner les politiques nationales de recouvrement au sein des 15 Etats membres de la CEDEAO et de Sao-Tomé et Principe,  a inscrit le renforcement institutionnel au cœur de son agenda 2025-2026. Dans cette dynamique, le Togo a internalisé, en mars 2026, la loi uniforme de l’UMOA relative à la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Son article 125 dispose qu’ « il est désigné une structure nationale chargée de la gestion des avoirs criminels gelés, saisis ou confisqués et  de leur recouvrement ». De ce fait, la mission  de l’ARINWA à Lomé vise principalement à accompagner les autorités togolaises dans la mise en œuvre de cette disposition légale, en s’appuyant sur les expériences probantes de l’Office National de Recouvrement des Avoirs Criminels du Sénégal (ONRAC)  et de l’Agence de Gestion de Recouvrement des Avoirs Criminels de la Cote d’Ivoire (AGRAC).  Cette mission a permis aux membres de la délégation de rencontrer le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Me  Pacôme  Yawo Amenyo Adjourouvi,  et les autres autorités judiciaires. Ces rencontres ont permis d’enregistrer des signaux encourageants de la part  des autorités togolaises, qui ont manifesté leurs intérêts au projet de la mise en place d’une structure nationale, tout en réitérant leur disponibilité à  approfondir la coopération avec l’ARINWA.

Les plus hautes autorités accordent un intérêt aux enjeux du recouvrement

Selon M. Mor Ndiaye, le président du Réseau et directeur général de l’ONRAC Sénégal,  la mission s’inscrit dans le cadre d’une tournée régionale de plaidoyer couvrant le Libéria, le Togo, la Sierra-Léone et la Gambie. Son objectif est clair : renforcer les fondements de la coopération en matière de recouvrement des avoirs criminels dans la région, notamment dans les 15 Etats membres de l’Afrique de l’Ouest ainsi que de Sao-Tomé et Principe. Selon lui, cette mission  a permis aux membres d’être reçus par le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme et par de hauts magistrats du pays. Ces rencontres de haut niveau témoignent de l’intérêt que les plus hautes autorités accordent aux enjeux du recouvrement des avoirs criminels, de la coopération internationale et de la lutte contre les flux financiers illicites. Il a relevé  la disponibilité remarquable et le sens aigu des responsabilités que leurs interlocuteurs ont manifesté à leur endroit. A son avis, ceux-ci ont manifesté une compréhension profonde des défis auxquels l’Afrique de l’Ouest est confronté face aux réseaux criminels transnationaux qui exploitent les espaces financiers et judiciaires. M. Ndiaye a remercié   le point focal Togo pour son engagement, son professionnalisme et sa disponibilité dans la réussite de cette mission, sans oublier SECFIN AFRICA,  GIZ et ONUDC, leurs partenaires techniques, pour leur soutien. M. M. Ndiaye a surtout souligné les atouts dont dispose le Togo, pour se doter d’une structure dédiée au recouvrement des avoirs criminels. Pour lui, «  la mise en place d’une telle structure, au-delà de l’obligation légale, est surtout une nécessité, lorsque l’efficacité de l’action publique devrait être assurée pour les infractions inhérentes à la  criminalité économique et financière. C’est surtout un acte de souveraineté : celui d’un Etat qui refuse que son territoire serve de refuge aux produits du crime ». A cet égard, il a réitéré la disponibilité de son Réseau à accompagner le Togo dans cette voie, à travers  une assistance technique, le partage d’expériences, l’accès aux réseaux internationaux, tels que le Réseau CARIN, l’Initiative STAR de la Banque Mondiale et l’Interpol. Il a dit repartir de Lomé avec la conviction que « le pays est prêt à franchir une nouvelle étape dans ce combat collectif. Les graines semées aujourd’hui porteront leurs fruits. ET lorsque le Togo aura  pleinement rejoint le dispositif régional,  c’est l’Afrique de l’Ouest qui sortira renforcée. Car, les criminels ne respectent pas les frontières. Notre réponse ne peut pas le faire non plus ».

Pour rappel, la création de l’Arinwa, dont le Secrétariat permanent est assuré par la Côte d’Ivoire, vise à faciliter la privation des délinquants des produits que génèrent leurs activités illicites, par un ciblage plus marqué desdits produits, à travers l’affinement des procédures et processus de leur identification et localisation, saisie, confiscation et gestion.

Kpinzou EDJEOU

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