Photos de famille des participants et invités à l’ouverture.

Production des statistiques dans l’espace CEDEAO : Le plan de rédaction du guide méthodologique en validation à Lomé

Deux ateliers de formation de l’espace CEDEAO ouverts hier à Lomé

Les travaux d’un atelier du Groupe de travail technique (GTT) sur l’indice du coût de la construction et une formation sur les statistiques du handicap pour les Etats membres de la CEDEAO se tiennent, ce lundi 29 Juin 2026, à Lomé. Pour cinq jours, il est question de valider le plan de rédaction du guide méthodologique, mais aussi de renforcer les capacités des cadres des instituts nationaux de la statistique chargés  des  statistiques  sur  le  handicap,  afin  de  promouvoir l’utilisation d’outils méthodologiques harmonisés et de favoriser le partage d’expérience.

L’atelier du Groupe de travail technique (GTT) sur l’indice du coût de la construction, ouvert à Lomé, est couplé d’une formation sur les statistiques du handicap pour les Etats de  la zone CEDEAO. Les deux sont organisés par la Direction de la Recherche et des Statistiques de la Commission de la CEDEAO, en collaboration avec le ministère de la planification du Développement à travers l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques et Démographiques (INDEED-Togo). L’atelier, consacré à l’Indice du coût de la construction, s’inscrit dans la dynamique d’harmonisation régionale, avec l’idée d’approfondir les travaux déjà engagés, en intégrant des composantes essentielles telles que la main-d’œuvre, les moyens de gestion ainsi que la location et l’amortissement du matériel. L’objectif étant de parvenir à une mesure plus complète et représentative des coûts dans le secteur du BTP (Bâtiment et Travaux Publics). Il traduit la mise en œuvre concrète de la politique statistique régionale, visant à garantir la production de données comparables, fiables et de qualité au sein de la CEDEAO.

En ce qui concerne la formation sur les statistiques du handicap, elle met en lumière le concept de l’inclusion, en se référant sur à l’apport du Groupe de Washington sur le sujet. Un apport qui a profondément renouvelé l’approche de la mesure du handicap au niveau international, en recommandant de dépasser les approches traditionnelles fondées uniquement sur des catégories médicales ou administratives du handicap. Ce, pour aller à une définition fonctionnelle, centrée sur les difficultés qu’éprouvent les individus dans des domaines essentiels de la vie quotidienne, tels que voir, entendre, marcher, se concentrer, communiquer ou prendre soin de soi, a expliqué Pr Félix Nzwe, directeur de la Recherche et des Statistiques.

Consolider l’architecture statistique régionale

A l’ouverture des travaux, M. Bèguèdouwè Paneto, secrétaire général du ministère de la Planification du Développement, au nom du ministre, a indiqué que les statistiques sont une source importante d’informations et de données qui contribuent à une planification rationnelle du développement. Pour lui, ces deux ateliers marquent une étape décisive dans la consolidation de l’architecture statistique régionale. « Ils constituent un cadre approprié permettant de nous réunir dans un esprit de coopération et de solidarité régionale, afin de renforcer nos outils méthodologiques et statistiques, indispensables à la construction de politiques publiques efficaces et inclusives », a-t-il dit. A son avis, les deux ateliers illustrent parfaitement la vision de la CEDEAO qui est de bâtir une communauté solidaire, intégrée et inclusive, où le progrès économique s’accompagne d’une justice sociale et d’une attention particulière aux plus vulnérables.  M. Paneto explique cette vision s’aligne avec celle du Président du Conseil Faure Essozimna Gnassingbé, déclinée en trois axes stratégiques à savoir : « Protéger, en renforçant la sécurité nationale, la résilience des populations et les mécanismes de protection sociale afin de garantir à chaque citoyen un environnement stable et propice à son épanouissement », « Rassembler, en consolidant la cohésion nationale, en approfondissant la décentralisation et en promouvant l’équité territoriale, afin d’assurer un accès plus équilibré aux opportunités de développement ainsi qu’aux services publics de qualité » et « Transformer, en accélérant la modernisation des infrastructures structurantes, en stimulant les investissements dans les secteurs à fort potentiel de croissance, notamment l’agriculture, la logistique, l’économie verte et l’industrie, tout en faisant du capital humain, de l’innovation et de la transformation numérique les principaux moteurs d’une croissance durable, inclusive et créatrice d’emplois ». Il a rappelé que le Togo est engagé de façon inexorable sur les deux chantiers, soulignant que le pays produit les statistiques sur le handicap au cours des grandes opérations statistiques auprès des ménages. Ainsi, les derniers résultats dans ce domaine, issus du 5ème Recensement général de la population et de l’habitat de 2022, « indiquent que les personnes handicapées représentent 10,7% de la population nationale avec 11,9% chez les femmes et 9,5% chez les hommes. Cette donnée permet une planification inclusive des actions de développement ».

Concernant particulièrement l’indice du coût de la construction, M. Paneto a fait savoir que le Togo dispose déjà d’un document méthodologique et des agents de collecte outillés pour réaliser la collecte des données nécessaires dans ce domaine. En outre, l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques se prépare à mettre en place, à court terme, le dispositif permettant de lancer la collecte des données du trimestre de base à partir de l’année 2027 et à produire l’indice. A cet égard, le présent atelier constitue pour le Togo « une opportunité pour améliorer la méthodologie nationale, tout en tirant profit des principes régionaux de l’harmonisation de l’indice du coût de la construction ».

Dans le même sens, Mme Deweh Emily Gray, représentante résidente de la Commission de la CEDEAO au Togo, en juriste, a fait savoir que « la statistique nous concerne tous : le droit lui-même, lorsqu’il veut protéger une personne ou corriger une inégalité, a besoin de chiffres fiables pour savoir qui protéger, de quoi et avec quelle urgence. C’est donc en juriste convaincue de l’utilité de la statistique, sinon en connaisseuse du sujet, que je m’adresse à vous et je vous laisse, vous, le soin d’être rigoureux sur les chiffres ».

Bernardin ADJOSSE

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