Recherche et innovation : L’écosystème national veut transformer les résultats des recherches en richesse

Un atelier de renforcement de capacités sur la valorisation économique des résultats de la recherche et de l’innovation a réuni chercheurs, innovateurs et opérateurs économiques, les 15 et 16 septembre 2026 à Lomé. Organisé par le ministère délégué chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, avec l’appui de la CEDEAO, il vise à trouver les mécanismes pour que les résultats scientifiques ne s’arrêtent plus aux publications, mais se transforment en produits, services et opportunités économiques pour le Togo.

Le Togo a toujours fait de la recherche scientifique et de l’innovation un levier majeur de la transformation structurelle de son économie et du renforcement de sa compétitivité régionale. Cette ambition s’inscrit en cohérence avec la Stratégie pour la Science, la Technologie et l’Innovation en Afrique (STISA 2025-2034) de l’Union africaine et avec la Politique de la CEDEAO sur la science, la technologie et l’innovation (ECOPOST 2025-2034). Toutefois, la valorisation économique de ces résultats demeure largement en deçà des attentes. C’est la raison pour laquelle, à travers sa direction de la recherche scientifique, le ministère délégué chargé de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, avec le soutien de la CEDEAO, a organisé, les 15 et 16 septembre 2026, à Lomé, cet atelier. Il a pour ambition de favoriser une meilleure collaboration entre les acteurs scientifiques, les entreprises et les institutions publiques, ainsi que la valorisation des résultats de la recherche et de l’innovation comme levier de transformation économique et sociale.

Les acteurs publics et du privés à la rentre

Faire le lien entre laboratoires et entreprises

Ainsi, pendant deux jours, les travaux vont permettre de faire la cartographie de la recherche et des besoins des entreprises, de partager les expériences en matière de valorisation et de transfert et aussi d’aborder la problématique de la propriété intellectuelle, la protection des résultats et les modèles de contractualisation pour la valorisation.

A l’ouverture des travaux, le ministre délégué en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Pr Gado Tchangbédji, a souligné que le gouvernement nourrit de fortes attentes à l’endroit des laboratoires des universités, des centres et, plus largement, de l’ensemble des structures de recherche et d’innovation, appelés à prendre toute leur part dans la concrétisation de la vision transformatrice du pays. « En effet, notre pays, pour porter cette ambition, dispose d’un écosystème de recherche dense. Trois universités publiques, des centres de recherche nationaux et régionaux, ainsi que de nombreux laboratoires accrédités qui produisent des résultats scientifiques, des technologies, des procédés et des innovations. Nos chercheurs publient, nos innovateurs inventent, nos laboratoires expérimentent. Et pourtant, force est de reconnaître que la valorisation économique de ces résultats demeure en deçà de nos attentes. Trop de travaux s’arrêtent encore à la publication ; trop de prototypes ne franchissent pas le cap vers l’usage, le marché ou l’industrialisation. C’est ce chaînon entre connaissance et transformation qu’il nous faut, désormais, renforcer », a-t-il relevé.

Le ministre a par ailleurs rassuré que le gouvernement poursuivra cette dynamique et prendra toute sa part dans la consolidation d’un environnement favorable au transfert de technologies, à l’innovation et au partenariat entre la recherche publique et le secteur productif. « Les recommandations et la feuille de route qui sortiront de vos travaux devront contribuer à installer durablement la fonction de valorisation au cœur de notre système national de recherche et d’innovation et à mieux l’articuler aux programmes structurants de la Feuille de route 2026-2031, notamment à travers une plateforme nationale de partenariat entre la recherche publique et le secteur privé », a-t-il indiqué.

Une ambition partagée par la CEDEAO et le secteur privé

Pour la Représentante résidente de la Commission de la CEDEAO au Togo, Mme Deweh Emily Gray, l’ambition de son institution est de faire émerger un espace dans lequel les connaissances circulent, les capacités nationales se complètent et les résultats scientifiques deviennent des solutions utiles au développement.

De son côté, le représentant de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Togo (CCI-Togo), M. Koffi Patale, a précisé que la recherche scientifique doit être capable d’améliorer la productivité, de transformer les matières premières et de répondre aux besoins de la population. Il a relevé que le tissu économique togolais repose sur les petites et moyennes entreprises, qui sont souvent confrontées à des contraintes de financement, de technologie, de normalisation, de compétences et d’accès au marché. Ainsi, l’innovation peut réduire leurs coûts et renforcer leur compétitivité.

Alex TEYI

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