Journée internationale de l’alphabétisation : Les efforts du gouvernement pour réduire les inégalités mis en lumière
Observée chaque 8 septembre, la Journée internationale de l’alphabétisation a été marquée au Togo par plusieurs activités à l’initiative du ministère des Solidarités, du Genre, de la Famille et de la Protection de l’Enfance. L’apothéose s’est tenue, le 17 septembre 2026, à l’Ecole primaire publique (EPP) d’Akato, dans la préfecture du Golfe, en présence des autorités locales, des bénéficiaires, des alphabétiseurs et de plusieurs invités. Placée sous le thème « L’alphabétisation pour les peuples, la planète et la prospérité », la célébration a permis de mettre en lumière les efforts engagés pour renforcer l’alphabétisation au Togo.

La ministre a rappelé la nécessité de renforcer les actions en faveur de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle.
L’alphabétisation reste un défi majeur au Togo. Selon les données de l’Enquête Harmonisée sur les Conditions de Vie des Ménages (EHCVM), en 2021, 70,8 % des 15 ans et plus savaient lire et écrire, avec de fortes disparités selon le sexe, entre les zones rurales et urbaines, ainsi qu’entre les régions. A cela s’ajoutent 141 757 enfants de 9 à 14 ans hors du système scolaire, selon le 5e Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH), renforçant l’urgence d’agir.
A l’apothéose de la Journée internationale de l’alphabétisation, le 17 septembre 2026, à Akato, dans la préfecture du Golfe, la ministre des Solidarités, Martine Moni Sankarédja, a souligné la nécessité de renforcer les actions en faveur de l’alphabétisation et de l’éducation non formelle, évoquant que 29,2 % des personnes âgées de 15 ans et plus sont encore analphabètes dans le pays.
Pour la ministre, l’analphabétisme « demeure une source d’inégalité entre riches et pauvres, entre hommes et femmes, entre garçons et filles, entre employeurs et travailleurs, entre acheteurs et vendeurs ». Elle a ainsi invité à considérer l’alphabétisation comme un investissement qui va bien au-delà de la capacité à lire, à écrire ou à compter, en favorisant l’accès à l’information, l’autonomie, la participation économique et la réduction de la pauvreté.
La maîtrise de ces compétences constitue également un levier d’accès à l’information, d’amélioration de la santé et de l’hygiène, de participation à la vie économique et de réduction de la pauvreté. Chez les femmes en particulier, l’alphabétisation peut contribuer à renforcer l’autonomie, la confiance en soi et les possibilités de mobilité sociale, a souligné la ministre Sankarédja. Elle a rappelé le thème de l’édition 2026, qui invite à établir le lien entre alphabétisation, progrès social, prospérité économique et protection de l’environnement. Il met également l’accent sur l’apprentissage tout au long de la vie et l’adaptation des compétences aux transformations numériques et à l’intelligence artificielle.

Les officiels s’informent sur les documents et supports pédagogiques relatifs à l’Alphabétisation.
Des actions pour offrir une seconde chance
Le gouvernement entend renforcer les dispositifs destinés à réduire l’analphabétisme, selon la ministre, qui a notamment cité l’actualisation de la stratégie nationale et des curricula, l’élaboration de manuels pour les apprenants et les alphabétiseurs, ainsi que la mise en œuvre du Projet d’appui à l’alphabétisation fonctionnelle des femmes (PAF). S’adressant aux apprenants, la ministre Martine Moni Sankarédja les a félicités pour avoir choisi de « briser la barrière de l’analphabétisme » et les a encouragés à faire preuve de rigueur et de persévérance. Elle a également appelé à une mobilisation collective pour faire de l’alphabétisation un outil de cohésion sociale et d’épanouissement.
Le gouverneur du District autonome du Grand Lomé, Mme Zouréhatou Kassah-Traoré, a salué le choix d’Akato pour accueillir cette célébration et réaffirmé l’engagement des autorités locales en faveur de l’alphabétisation. Elle a souligné l’importance de l’alphabétisation pour l’autonomisation des populations, la réduction des inégalités et leur participation au développement, tout en rendant hommage aux alphabétiseurs qui interviennent auprès des populations vulnérables.

L’assistance à la célébration à Akato
Des apprenantes à l’honneur
La cérémonie d’Akato a permis de mettre en lumière les acquis des femmes alphabétisées, à travers des exercices de lecture et de calcul. Des sketchs ont permis de mettre en scène les conséquences de l’analphabétisme dans la vie quotidienne. La célébration a enfin été marquée par la remise des prix, accompagnés d’une enveloppe financière d’encouragement aux lauréates des concours, tandis que des apprenantes ont reçu leurs attestations de fin de formation.
Pour Mme Sitsopé Afiwa Kétékré, apprenante au quartier Logoté, cette formation représente un véritable parcours de progrès : « Au début, ce n’était pas facile pour moi, mais avec un peu d’efforts, j’y suis arrivée, aujourd’hui. Il y a encore beaucoup de choses que je dois apprendre et je vais continuer ».
La bénéficiaire Ablavi Dossou témoigne également du changement : « Au début, je ne savais ni écrire, ni calculer, ni même lire. Maintenant, je sais écrire, calculer, composer les numéros et même rédiger une lettre ». Elle encourage les autres femmes analphabètes à « faire beaucoup d’efforts » pour suivre le même parcours.
La célébration a ainsi rappelé l’importance de renforcer les efforts d’alphabétisation pour réduire les inégalités et permettre aux bénéficiaires de poursuivre leur apprentissage au-delà de la formation de base.
Patouani BATCHAMLA