Politique de la concurrence en Afrique de l’Ouest : Lomé accueille un séminaire pour des marchés plus équitables
Acteurs publics, régulateurs, entreprises et société civile se forment, pendant trois jours à Lomé, aux règles communautaires de la concurrence, avec l’idée de les outiller pour des marchés plus sains. Organisé par la CEDEAO et le Togo, ce séminaire vise à poser les bases d’un marché Ouest-Africain transparent, compétitif et protecteur des consommateurs.

Les participants à la rencontre.
Depuis le mercredi 5 août 2026, à Lomé, la Commission de la CEDEAO, en collaboration avec le ministère délégué chargé du Commerce et du Contrôle de la qualité, tient un séminaire national d’information et de sensibilisation sur le droit et la politique de concurrence en Afrique de l’Ouest. L’objectif est de familiariser les représentants des pouvoirs publics, des autorités de régulation, des opérateurs économiques, des organisations professionnelles, des associations de consommateurs et des médias avec le cadre juridique communautaire.
Il s’agit de promouvoir un environnement économique fondé sur la transparence, l’équité, l’innovation, la compétitivité et la protection des consommateurs.
La concurrence, nécessité stratégique à l’heure de l’intégration.
En effet, dans un contexte marqué par la mondialisation, les mutations technologiques et l’émergence d’acteurs économiques puissants, garantir une concurrence saine est devenu un impératif. Pour trois jours, les participants vont renforcer leurs compétences sur les règles communes de la concurrence, leur impact sur l’économie de marché, les procédures de mise en œuvre et les pouvoirs de la Commission de la CEDEAO.
Pour y parvenir, l’agenda des travaux a pris en compte divers centres d’intérêt : « Présentation du programme d’Appui à la Concurrence et à la Sécurité des Produits de Consommation – PACoSPro », « Le droit communautaire de la concurrence », « Cadre institutionnel UEMOA-CEDEAO et bilan de mise en œuvre », « Les organisations profession[1]nelles face au droit de la concurrence », etc.
Un engagement réaffirmé par le Togo sous la Vision 2031
Pour le Secrétaire général du ministère délégué en charge du Commerce et du Contrôle de la qualité, M. Comlan Yakpé, « la promotion de la concurrence reste une responsabilité collective, dont le succès dépend de l’engagement de tous….
Aucune économie compétitive ne peut se construire sans le respect des règles établies. La concurrence est un levier essentiel de développement économique.
Elle stimule l’innovation, améliore la compétitivité des entreprises, favorise l’investissement et garantit aux consommateurs des services de qualité à des prix justes ». Il a souligné que cette rencontre s’inscrit dans la nouvelle feuille de route gouvernementale 2026-2031, articulée autour de trois leviers : « Protéger, Rassembler et Transformer ». M. Yakpé a fait comprendre que sous le leadership du Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, le Togo renforce son cadre juridique et institutionnel pour bâtir une économie résiliente et compétitive.
Harmoniser les règles pour un marché commun
Intervenant pour sa part, le directeur de cabinet du commissaire chargé du Marché régional et de la coopération, Pr. Georges Anicet Ouedraogo, a rappelé l’engagement de la Commission de l’UEMOA à vulgariser les règles de concurrence. Il a salué le Togo pour le niveau élevé de mise en œuvre des textes communautaires et la transposition de la directive sur la coopération entre les structures nationales. De son côté, le représentant de l’Autorité Régionale de la Concurrence de la CEDEAO, Pr. Dakitsè-Benissan, a insisté, soulignant que « l’intégration économique régionale ne peut atteindre ses objectifs sans des marchés ouverts, transparents et fondés sur une concurrence libre et loyale ». Il a rappelé que le traité révisé de la CEDEAO confère à l’Autorité Régionale de la Concurrence de la CEDEAO (ARCC) la responsabilité de veiller à l’application harmonisée des règles dans tous les Etats membres, conformément à la Vision 2050 de la communauté.
En somme, cette rencontre entend contribuer à bâtir un marché commun ouest-africain compétitif, qui passe d’abord par l’appropriation des règles du jeu par tous, afin que l’Afrique de l’Ouest fasse de la concurrence un moteur d’intégration et de prospérité partagée.
Clémentine PANASSA