Les réunions des comités régionaux de pilotage des projets et programmes de la politique agricole de la CEDEAO (ECOWAP) se tiennent, depuis 20 avril 2026, à l’Hôtel 2 Février à Lomé, jusqu’au 23 avril prochain. Une initiative de la Commission de la CEDEAO qui offre l’occasion aux différentes parties prenantes d’évaluer la performance des interventions menées, en 2025, et d’en dégager les orientations stratégiques, pour l’année 2026.
Plus de 80 acteurs institutionnels et partenaires issus du secteur agrosylvopastoral et halieutique ouest-africain participent, depuis hier, aux réunions des comités de pilotage régionaux des projets et programmes de la politique agricole de la CEDEAO (ECOWAP). Instance de concertation régionale, la rencontre, qui se tient en présentiel et en ligne constitue un moment privilégié de redevabilité, de partage d’expériences et d’orientation stratégique.

Photo de famille à l’issue de la cérémonie d’ouverture
Elle permet à la Commission de la CEDEAO, en tant qu’organe de coordination régionale, de passer en revue les progrès accomplis, d’identifier les obstacles rencontrés et de proposer des pistes de solution adaptées pour améliorer l’efficacité de l’action publique et partenariale dans le domaine agricole. Durant quatre jours, les participants échangent sur les résultats obtenus, en 2025, en lien avec les initiatives régionales mises en œuvre. Ces échanges se déroulent dans un contexte régional marqué par une recrudescence de l’insécurité alimentaire due en partie aux crises sécuritaires et aux effets des changements climatiques. Ainsi, le Comité de pilotage (CoPil), organe central de la gouvernance des projets régionaux, va analyser les causes et les conséquences de ces crises dans le Sahel (qui redéfinissent les zones de production et les flux commerciaux), ainsi que les politiques de souveraineté alimentaire, pour réduire la dépendance vis à vis des marchés extra régionaux.
La dynamique de résilience est consolidée par une collaboration stratégique étroite entre la CEDEAO et les institutions de référence, telles que l’UEMOA, le CILLS, le CORAF, la FAO et les organisations des producteurs, bénéficiaires des diverses interventions. Cette synergie interinstitutionnelle vise à assurer une complémentarité technique et institutionnelle, pour éviter la duplication des efforts, assurer une utilisation optimale des ressources et bâtir un écosystème de décisions robuste orienté sur un impact territorial global.
Ces CoPIlS de 2026 sont organisés autour des cinq thématiques de l’ECOWAP que sont : « l’amélioration de la production et de la productivité », « le développement des ressources animales et halieutiques », « la promotion des chaînes de valeur, du marché régional et de la compétitivité des produits agroalimentaires », « le renforcement de la résilience, de la sécurité et souveraineté alimentaires et nutritionnelles et le mécanisme de financement », « la gouvernance et le pilotage agricole ». Ils passeront en revue les principaux acquis de plus de 20 projets et programmes.
Souveraineté et sécurité alimentaire sont le soubassement de l’intégration régionale
A cette occasion, le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, de la Pêche, des Ressources animales et de la Souveraineté alimentaire, M. Dindiogue Konlani, a souligné que le gouvernement, sous l’impulsion du Président du Conseil, encourage et soutient toute initiative qui participe à garantir la souveraineté et la sécurité alimentaire, qui sont le soubassement de l’intégration régionale et de la réalisation de la vision 2050 de la Communauté. Il a mis en exergue le rôle central de l’agriculture dans les économies ouest-africaines, malgré les performances encore limitées en raison de contraintes structurelles et conjoncturelles.
A ces défis, s’ajoutent des crises sécuritaires et les chocs économiques aggravant l’insécurité alimentaire, qui touchent près de 40 millions de personnes dans la région. Bien que stratégique et porteur d’opportunités, le secteur agricole en Afrique de l’Ouest nécessite des transformations pour renforcer sa résilience.
« C’est tout le sens de la politique agricole de la CEDEAO, l’ECOWAP adoptée, en 2005, et qui constitue le cadre de référence du développement agricole en Afrique de l’Ouest. Elle représente un engagement politique en faveur de l’intégration régionale par la souveraineté alimentaire et la transformation rurale. Sa mission est de transformer les secteurs agro-sylvo-pastoral et halieutique, en promouvant les systèmes alimentaires durables, inclusifs et résilients, pour accroître la productivité agricole, améliorer l’intégration des marchés, renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que la gouvernance, le financement et les capacités institutionnelles », a-t-il souligné.
M. Konlani a saisi l’occasion pour mettre en exergue les efforts du gouvernement togolais pour moderniser l’agriculture, avec des résultats notables, tels que l’augmentation de la production, l’amélioration du taux de couverture des besoins céréaliers et la réduction de la sous-alimentation.
Le Commissaire aux Affaires économiques et à l’Agriculture de la Commission de la CEDEAO, Dr Kalilou Sylla, a remercié le Président du Conseil, Faure Essozimna Gnassingbé, pour son engagement constant et résolu en faveur de l’intégration régionale et l’atteinte de la vision communautaire. Il a salué le travail de toutes les agences pour leur rigueur, disponibilité et sens du devoir bien fait.
Pour le responsable projets de l’Agence Française de Développement, chef de file des partenaires, M. Jean-Réné Cuzon, face aux défis sécuritaire et alimentaire, la réponse ne peut être que collective, coordonnée et résolument régionale. Il a donc réitéré l’engagement des partenaires à accompagner la CEDEAO, pour plus d’impact sur les populations.
Mélissa BATABA
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