Photo de groupe à l’issue de la cérémonie d’ouverture

Lutte contre la corruption : La HAPLUCIA sensibilise les étudiants de l’IAEC aux valeurs d’intégrité

Une sensibilisation consacrée à la promotion des valeurs d’intégrité et à la lutte contre la corruption a réuni, le 28 mai 2026, les étudiants de l’Institut africain d’administration et d’études commerciales (IAEC). Elle est à l’initiative de la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et des infractions assimilées (HAPLUCIA) qui veut inculquer tôt aux jeunes apprenants les valeurs d’éthique, de probité et de citoyenneté responsable, afin de faire d’eux des acteurs engagés dans la lutte contre la corruption.

Organisée sous forme de conférences-débats, la rencontre de sensibilisation de la HAPLUCIA a permis d’entretenir les étudiants de l’IAEC sur la problématique de la corruption, ses enjeux et défis, les causes, les manifestations, les conséquences et les infractions assimilées. Par ce canal, ils ont été amenés à réfléchir profondément aux valeurs d’intégrité, une exigence éthique fondamentale qui s’oppose à toute forme de corruption.

Dans cette dynamique de prévention durable contre la corruption, la HAPLUCIA estime indispensable de miser avant tout sur l’éveil des consciences. D’où le choix porté sur les établissements d’enseignement pour mener des actions de sensibilisation aux valeurs d’intégrité, d’éthique et de citoyenneté responsable. Pour l’institution, au-delà des démarches à caractère coercitif, il est essentiel d’agir sur les consciences morales. Il convient de manière préventive et pédagogique de conscientiser les jeunes, afin de les amener à adopter des valeurs d’intégrité et de les outiller pour qu’ils deviennent de véritables acteurs de la lutte contre la corruption et les infractions assimilées.

Au cours des différentes communications, le formateur, M. Sorsy Déla, docteur en éthique et en philosophie politique, a expliqué qu’en milieu scolaire, la corruption peut se manifester sous plusieurs formes aux conséquences néfastes sur l’éducation et les valeurs citoyennes. Elle se traduit notamment, par les pots-de-vin où les étudiants ou élèves, en complicité avec les administrateurs se font délivrer frauduleusement des diplômes, la vente illégale de notes ou de sujets d’examen, le favoritisme dans l’attribution des résultats ou des récompenses, les paiements exigés pour certains services scolaires, les fraudes aux examens et concours, ainsi que le trafic d’influence pour obtenir une admission ou une affectation. 

A cela s’ajoutent le détournement de fournitures ou de fonds destinés aux établissements, la falsification de documents scolaires et parfois certaines formes de harcèlement ou d’avantages exigés en échange de faveurs académiques. Selon le conférencier, toutes ces pratiques compromettent les principes d’intégrité, d’éthique et de mérite que l’école est appelée à promouvoir. Les échanges ont également permis de mettre l’accent sur les attitudes à promouvoir pour construire une société plus juste et responsable. M. Sorsy a encouragé les apprenants à cultiver l’honnêteté, la discipline, le mérite, le respect des règles et la dénonciation des pratiques contraires à l’éthique. Il les a invités à devenir des ambassadeurs de l’intégrité dans leurs établissements, leurs familles et leurs communautés.

La corruption, un frein au développement et à la bonne gouvernance

A l’occasion, le ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Pr. Gado Tchangbédji, a salué cette initiative qu’il considère comme salutaire dans la promotion du civisme éducatif. Il a relevé que la corruption constitue un frein au développement et à la bonne gouvernance, d’où l’importance d’agir à la base en sensibilisant les jeunes apprenants aux bonnes valeurs. Le ministre a également souligné que l’enseignement supérieur ne doit pas seulement transmettre des connaissances académiques, mais également former des citoyens responsables, attachés à l’éthique, à la transparence et au sens du devoir.

S’adressant aux étudiants, le président de la HAPLUCIA, M. Kimelabalou Aba, a rappelé que toutes les traditions religieuses ou philosophiques condamnent la corruption et valorisent la droiture, l’honnêteté et la justice.  Il a souligné que la jeunesse occupe une place essentielle dans le combat contre ce fléau, d’où l’importance d’intégrer l’éducation à l’intégrité dans les établissements scolaires et universitaires. Cette réforme éducative s’inscrit dans la vision des autorités togolaises de bâtir une société plus juste, responsable et fondée sur les valeurs citoyennes, a-t-il déclaré.

Les étudiants ont activement participé aux échanges à travers des questions et des contributions portant sur les réalités de la corruption dans le milieu académique.

Bernadette A. GNAMSOU

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