Les agents frontaliers de Lomé en formation sur les droits des Femmes dans le Commerce et la ZLECAf
Le Consortium Trade Mark Africa (TMA) en collaboration avec le ministère délégué en charge du Commerce et du Contrôle de la Qualité, organise le jeudi 2 Juillet 2026 à Lomé, une session de formation de deux jours sur les droits des femmes dans le commerce et dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) au profit des agents aux postes frontaliers de Lomé. Cette session se situe dans le cadre de la mise en œuvre du programme Making Trade Work for Women (MTWW), conçu pour lever les barrières structurelles et sexistes qui freinent les femmes commerçantes en Afrique.
Trade Mark Africa (TMA) est une organisation à but non lucratif, créée en 2010, spécialisée dans l’aide au commerce. Son objectif est de stimuler les échanges intra-africains, d’accroître la part de l’Afrique dans le commerce mondial, tout en réduisant les coûts et délais douaniers et logistiques. Pour atteindre ses objectifs, cette organisation met en œuvre, dans six pays de l’Afrique de l’Ouest dont le Togo, un Programme dénommé « Making Trade Work for Women (MTWW) », financé par « Affaires mondiales Canada » pour une durée de cinq ans. L’objectif étant de toucher directement 80.000 commerçants, dont au moins 70% de femmes. Lancé en février dernier au Togo, MTWW forment, à Lomé, les agents de la douane, de l’immigration, de la sécurité et des autres services de contrôle, en poste aux frontières de Kodjoviakopé, Ségbé et Noèpé-Akanou, sur les droits des Femmes dans le Commerce et la ZLECAf. Cette session de formation va donner les clés aux participants pour mieux comprendre les droits et devoirs des femmes dans le commerce transfrontalier, les dispositions du Protocole des femmes et des jeunes dans le commerce de la ZLECAF, les mécanismes de prévention et de réduction des violences basées sur le genre aux frontières, ainsi que le fonctionnement de la solution automatisé de marquage des produits. Ceci, afin de réduire les tracasseries frontalières et les barrières douanières qui empêchent ces commerçantes de réaliser leurs rêves.
Le directeur général du Commerce, M. Talime Abé, a indiqué que les trois postes frontaliers concentrent, chaque jour, un flux important de commerçantes transfrontalières, dont l’activité irrigue les marchés et le tissu économique. « Vous qui exercez à nos postes frontières…vous êtes les premiers visages que rencontrent nos commerçantes, lorsqu’elles franchissent nos frontières. Votre comportement et votre connaissance des droits de ces femmes peuvent faire la différence entre une traversée digne et une expérience humiliante, entre un commerce qui prospère et une femme qui renonce », a-t-il souligné. M. Talime Abé a convié les participants à tirer le meilleur de cette session de formation, afin de mieux lutter contre la fraude et la contrefaçon.
Le responsable Programme Genre et Commerce inclusif de TMA, M. Niango Brice Adou, a renseigné que son organisation a consulté plusieurs acteurs et contribué à l’élaboration de la stratégie nationale de facilitation des échanges au Togo. Ces actions ont permis de conclure que les frontières restent, pour de nombreuses femmes, des lieux d’incertitude, marqués par des pratiques inéquitables, des violences basées sur le genre et une méconnaissance mutuelle des droits et procédures. « Ces obstacles sont réels. Mais ils sont surmontables », a-t-il souligné. M. Niango a également relevé que le Togo est l’un des premiers pays africains à avoir adopté une stratégie nationale de mise en œuvre de la ZLECAf. « Mais qu’est-ce que cet accord continental en pratique, si ce n’est la somme des décisions prises chaque jour à vos postes ? », s’est-t-il interrogé. A son avis, chaque accueil respectueux, chaque contrôle transparent, chaque acte de prévention des violences est synonyme de la ZLECAf en action. Il rapporte que le dernier rapport annuel de TMA confirme que ce ne sont plus les tarifs qui freinent le commerce africain, mais les barrières non tarifaires. « Procédures opaques, traitements inéquitables, manque de coordination. Vous avez le pouvoir de les réduire, au quotidien », a-t-il souligné.
Françoise AOUI