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Les acteurs sociaux planchent sur la désinformation et la mésinformation sur les valeurs de paix et de cohésion sociale

Les parties prenantes aux travaux
Les acteurs sociaux planchent sur la désinformation et la mésinformation sur les valeurs de paix et de cohésion sociale

« Faire l’état des lieux de la problématique de la désinformation/mésinformation, des récits haineux et proposer des initiatives et messages de cohésion sociale pour la consolidation des acquis dans la prévention et la lutte contre l’extrémisme violent ».  C’est à cet exercice que des points focaux techniques, organisations religieuses, chefs traditionnels, universitaires, société civile et professionnels des médias se sont prêtés, mercredi 27 décembre 2023, à Lomé, au cours d’un atelier d’échange à l’initiative du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

L’atelier organisé par le PNUD s’inscrit dans le cadre du projet Atlantic-Corridor initiative 2023-2025 : « Renforcer la résilience et l’engagement des communautés pour prévenir et combattre l’extrémisme violent au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Ghana, Togo et Burkina Faso ». Il a pour objectif le renforcement des mécanismes locaux d’alerte et la résilience socio-économique des populations vulnérables.

En effet, les pays côtiers d’Afrique de l’Ouest, autrefois considérés comme pacifiques, sont désormais confrontés à des menaces d’extrémisme violent, de terrorisme, de trafic de drogues et de piraterie. Il existe un risque de propagation de groupes extrémistes, ce qui pourrait avoir de graves conséquences pour leur stabilité. Ce vent n’épargne pas le Togo. Depuis 2016, la menace de l’extrémisme violent constitue une préoccupation croissante au pays. Des groupes extrémistes violents continuent de mener des attaques dans les zones proches de la frontière poreuse que le pays partage avec le Burkina Faso. Ces attaques perpétrées ont laissé des séquelles durables, notamment des pertes en vie, des déplacements de la population, entraînant l’afflux de réfugiés, ainsi que la pression sur les services sociaux. La perpétuation de ce fléau dans la sous-région et au Togo, en particulier, s’explique, entre autres, par la mauvaise manipulation des informations réelles issues de sources témoins des incidents des régions attaquées, suscitant ainsi des messages de haine, de contre récits et contre narratif qui engagent de la panique et de la consternation au sein des communautés. Ce qui constitue un frein à la résilience et à la prévention chez les populations des communautés ciblées par les attaques.

Le projet Atlantic Corridor Initiative 2023-2025 vient, donc à point nommé, contribuer à prévenir et traiter les facteurs immédiats et localisés de radicalisation conduisant à l’extrémisme violent dans les communautés ciblées. Un accent particulier est porté au renforcement des messages alternatifs et des contre-récits, y compris les discours haineux promouvant la violence, en s’appuyant sur le rôle des médias et des organisations confessionnelles, des jeunes et des femmes en tant qu’agents de paix et messagers de confiance.

Le PNUD s’inscrit donc dans une optique de matérialisation du projet avec une logique de lutter contre la désinformation, la mésinformation, les messages alternatifs aux discours de haine, afin de prévenir et réduire les facteurs déclencheurs.

Au cours des travaux, les parties prenantes ont travaillé suffisamment sur ces trois thématiques que sont les discours haineux, la désinformation et la mésinformation. L’exercice a permis aux participants d’identifier quelques manifestations de ces thématiques dans les communautés, d’identifier de nouvelles initiatives innovantes, puis d’élaborer des messages alternatifs de lutte contre ces fléaux.

A l’issue des travaux de groupes, les participants ont suivi avec intérêt et validé la synthèse du rapport diagnostic sur la cohésion sociale, exposé par M. Laré Penn, enseignant-chercheur à l’Université de Lomé.

Des recommandations ont été formulées, dans le souci de recadrer les populations. Ainsi, il faut disposer d’un code du numérique pour censurer les fausses informations, voter une loi pour contrer les discours de haine, la désinformation et la mésinformation en ligne ou hors ligne, élaborer une stratégie et un plan d’action régional et national de lutte contre ces fléaux. Il s’agit aussi d’élaborer un guide de bonnes pratiques, de plaider pour l’instauration au Togo d’une journée nationale contre les discours haineux, etc.

A la fin des travaux, les différents intervenants ont félicité les participants pour leur contribution qui ont permis de parvenir à des résultats satisfaisants. Lesquels résultats permettront de parfaire le document dans toutes ses dimensions. Ils ont attiré l’attention des uns et des autres et surtout des médias sur les messages à passer pendant cette période de crise sécuritaire.

Bernadette A. GNAMSOU

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